K3 - Pensée Kémite

K3 - Pensée Kémite Cette page diffuse les écrits rédigés dans une vision panafricaine non conformiste.

19/01/2024

République Démocratique du Congo

Par Kabwende Kyéngé Kisoke,

Prince et Libre Penseur

Unité des peuples et l’unité géographique

Nous nous devons, nous tous, de faire un examen de conscience sur ce que nous sommes devenus depuis l’indépendance du 30 juin 1960. Où en sommes-nous avec nos valeurs civilisationnelles ? Nous savons que la première étape de la destruction d’un peuple commence toujours par la dépréciation culturelle de ce peuple. La structure coloniale (vision raciste européenne sur les cultures africaines) a comme objectif de dénaturer les peuples africains en les empêchant de recouvrir leurs identités et cultures historiques. Cette structure s’appuie à ce jour sur les États unitaires imposés lors des indépendances. Et notre pays ne fait pas l’exception.

L’imposition d’un système politique colonial poursuit cet objectif. La seule manière de sauvegarder nos valeurs civilisationnelles historiques face à cette volonté satanique de nous dépersonnaliser et dénaturer de nos racines ancestrales est de nous défaire de l’unité géographique issue de la colonisation, en maintenant l’unité de peuples. Celle-ci devra être bâtie sur noyau de nos valeurs propres. Ce ne sont pas les olibrius qui nous ont appris à vivre ensemble. Nous nous connaissions et commercions les uns les autres mais chacun avait son espace géographique où il vivait selon ses cosmologies, valeurs civilisationnelles. C’est ce que nous devons retrouver si l’on veut exister dans ce monde où les antivaleurs des olibrius envahissent les régions africaines.

À ceux qui nous demanderont la différence entre l’unité géographique et l’unité de peuples, nous les répondons à partir d’un exemple d’un château familial spolié par un olibrius qui le transforme en un entrepôt :

Un patriarche a un château où il vit avec ses dix enfants. Il prit soin de donner à chacun sa chambre privée. Ces enfants se fréquentent fraternellement et se soutiennent malgré qu’il leur arrive à se taper, se quereller mais ils parviennent toujours à se réconcilier et chacun rentre se reposer dans sa chambre. Les enfants se marient et les petits-fils grandissent à côté de leur patriarche. La cohabitation est pacifique parce que personne ne viole la vie privée de son frère : c’est-à-dire que personne n’entre dans la chambre de l’autre sans toquer et/ou il ne change pas la décoration de la chambre. Quelques temps après, un olibrius vint et tue le patriarche. Cette mort le permet d’occuper le château familial en soumettant les enfants et petits-fils du patriarche.

Les héritiers ou l’ascendance (les petits-fils) continuent à résister et parviennent à chasser l’olibrius envahisseur. Il se trouve que celui-ci avait désorganisé le château en le transformant en un entrepôt pour ses marchandises. Par ailleurs, les petits-fils qui étaient déjà majeur à l’arrivée de cet olibrius ont encore conscience des endroits où leurs pères avaient chacun sa chambre. Et que chacun domine démographique respectivement les anciens espaces où se trouvait les chambres de leurs pères. Les petits-fils acceptent néanmoins d’occuper l’entrepôt tel qu’il a été laissé par l’olibrius. Seulement, la cohabitation est problématique car personne n’a vraiment pas un espace privé et ceci provoque ainsi les frustrations pour les héritiers qui n’ont pas encore intériorisé la vie de cette nouvelle réorganisation architecturale de l’entrepôt où se trouvait leur château.

À ce niveau, l’unité des peuples consiste à la première architecture du château où les enfants vivaient en symbiose chacun ayant son espace privé tout en communiquant et entretenant les relations avec ses autres frères. L’unité géographique se réfère à la seconde architecture introduite par l’olibrius, c’est-à-dire l’entrepôt des marchandises.

Revenons à notre récit. Dès le premier jour du départ de l’olibrius certains héritiers veulent reconstruire la chambre de leurs pères. Mais il se trouve qu’on ne peut plus reconstituer la première architecture du château. Qu’est-ce qu’il faut faire pour amener les héritiers à cohabiter dans cet entrepôt ?

L’intelligence sera d’envisager une nouvelle reconstruction à l’intérieur de l’entrepôt pour que chaque héritier ait son espace privé qui ne sera pas forcément à la taille de la chambre de son père, mais un espace privé qui lui permet de perpétuer son individualité et singularité de son père. C’est ce que nous appelons l’unité des peuples.

Quant à l’unité géographique consistera à obliger à tous les héritiers de cohabiter dans l’entrepôt privant ainsi à chaque héritier de sa singularité et individualité. Dans le tel cas, nous ne pouvons que s’attendre aux révoltes, oppressions, conflits car au lieu de travailler communément pour un seul but, objectif pour faire de l’entrepôt un espace viable, les héritiers passeront leur temps à vouloir défendre leur individualité et ils n’arriveront pas à leurs fins jusqu’à ce que les autres olibrius constant le chao qui règne à l’intérieur de l’entrepôt décident d’en détruire avec la complicité de certains héritiers qui penseront qu’ils travaillent pour leurs peuples.
Nous espérons que chacun a compris à quoi nous nous référons :

• Château : Afrique centrale,
• Patriarche : espace du bassin du Congo avant la conférence de Berlin,
• Enfants du patriarche : les différents peuples,
• Chambres : les différents royaumes et structures sociopolitiques ancestrales,
• Olibrius : nations européennes,
• Héritiers : Nations ayant encore la conscience historique ancestrale,
• Entrepôt : République Démocratique du Congo.

Nous ne pouvons reconstruire l’Afrique centrale (château) en partant sur les anciennes structures politiques. Nous devons l’accepter. Mais ce que nous pouvons faire néanmoins est réorganiser intérieurement la République Démocratique du Congo (Entrepôt) en donnant à chaque héritier son espace privé où fleurira ses valeurs civilisationnelles. Et si nous nous entêtons à garder l’unité géographique issue de la colonisation, nous devons attendre que les olibrius (grandes puissances) capitalisent sur nos différends pour balkaniser ce pays dans leurs intérêts géostratégiques, militaires et géopolitiques. Elles ont déjà fait de notre pays le ring de leurs rivalités géopolitiques. Elles s’enfichent que cet espace ait de peuples ou pas. Ce qui leurs intéresse ce sont les matières premières et s’il faudra nous exterminer pour avoir accès à celles-ci, elles le feront car ce sont les olibrius sans âme.

À suivre...

Prince du Royaume de Kabongo,

Bruxelles, 19 janvier 2024.

16/01/2024

Compréhension des trois sens du terme Baluba

Le terme Baluba rêve trois référence : au sens large inclusif au premier degré, au sens strict exclusif et au sens large inclusif au deuxième degré.

Première les Baluba au sens large et inclusif du premier degré : de manière générale, tous les peuples connus aujourd’hui le nom générique des « Bantu » sont en réalité les Baluba dont l’origine remonte incontestablement dans la région de grands lacs et dans la Dépression de Kamalondo où l’humanité aurait vu le jour (Omotunde, 2006 : 11). Ces Baluba ont une parenté biologique et culturelle commune. Et d’ailleurs, les auteurs tels que Pierre de Maret et Isidore Ndaywel è Nziem ont effectivement mis en lumière le fond de l’unité culturelle, linguistique et civilisationnel qui lie de ces Baluba (De Maret, 1999 : 18-22 ; Ndaywel, 2023 : 875-899). Partis de la région de Grand Lacs et de la Dépression de Kamalondo (Sud-Est de la RDC), ces Baluba se sont dispersés sur les quatre coins de l’Afrique. Et avec le temps, ils se sont singularisés ethniquement, linguistiquement au point qu’on ne peut plus aujourd’hui appeler « Baluba » tous les peuples d’Afrique.

Le deuxième entendement du terme Baluba au sens strict et exclusif se réfère aux Baluba authentiques. Ces derniers se reconnaissent une origine commune dont l’ancêtre originel est Ilunga Nshi Mikulu. Ils parlent la langue kiluba et ont pour les héros nationaux et historiques : Kalu.ba Nganga, Nkulu wa Manyinga, Kibawa Upemba, Ilunga Kalanga, Nkongolo Mwamba, Ilunga Sendwe Mwalaba, Ilunga Kakenda Mbidi Kiluwe, Ilunga Kalala, Kasongo Bonswe et aujourd’hui : Ilunga Sendwe Jason, Laurent Désiré Kabila, Makonga Bonaventure, Evariste Kimba… Ces Baluba ont conservé leur identité originale depuis l’origine humaine bien que d’autres peuples soient venus se greffer sur le noyau ethnique de ces Baluba. Ces Baluba habitent en garde partie en Afrique centrale dont le berceau se trouve dans la Dépression de Kamalondo, au Sud-est du pays. Il est admis aujourd’hui que cette région constitue le second foyer où les Baluba au sens large et inclusif seraient partis. Il s’agit donc d’une expansion multidirectionnelle des Baluba authentiques.

Deux caractéristiques identifient ces Baluba authentique et tels qu’ils sont connus aujourd’hui. Ils sont premièrement, les premiers a fondé un État – empire unifié en Afrique centrale. Les Baluba sont ceux qu’on appelle les fondateurs de l’empire (Mutonkole, 2007 : 95).

La deuxième caractéristique, nous est livrée par Banza Mwepu Mulundwe : « Les Baluba ne sont pas n’importe quel genre de peuple. Car, chaque Múlúba se sent d’abord concerné dans sa propre conscience. Plus concrètement, un véritable Múlúba ne trempe pas dans la compromission et l’intrigue. Parce que, à l’exemple de ses ancêtres, il est animé du sens de l’équité et de l’esprit de justice. Véritable organisateur, il exclut toute action débouchant sur le désordre, tels la corruption et le détournement des biens publics. C’est pourquoi, les Baluba et les Balubaïsés ne sont pas nécessairement ceux à qui cette étiquette a été accolée par Edmond Verhulpen » (Mulundwe, 2001 : 71).

Et parlant de la justice et moralité chez les Baluba authentique, le révérend pasteur Pierre Colle écrit en 1913 : « Les Baluba ont sur le bien et le mal une notion assez claire. Ils savent parfaitement que le vol, l’adultère, le mensonge, l’assassinat sont les choses répréhensibles ; ils savent aussi que l’action de sauver quelqu’un d’un danger de mort, la remise d’une dette, la fidélité conjugale sont les choses louables (…). Un jeune dissolu, une femme voleuse, etc., encourent le mépris public. Ils ont notamment une notion exacte de la pudeur. Les enfants des deux sexes n’oseraient se produire en public, pour faire leurs actions contraires à cette vertu (…). La charité est connue et pratiquée, même en dehors de la famille et des amis (…). Quant à la charité à l’égard de personnes de la parenté ou des amis et confrères de sociétés secrètes, elle est quasi journalière. Car n’est-ce pas de la charité, intéressée peut-être, mais charité quand même en bien de cas, cette solidarité qui porte les uns à payer pour les autres, à les aider dans les circonstances critiques, la maladie, le danger, quelquefois au péril de leur propre vie (…). Ils ont le caractère loyal, franc et ouvert. Ils sont indépendants par tempérament, à tel point qu’ils n’obéissent que quand bon leur semble. Même esclaves, ils ont de la peine à faire ce qui leur est commandée par leur maître. En général, un Múlúba dit ce qu’il pense. Avant tout il voit ce qui lui est le plus favorable, et il parle en conséquence (…). Le louage de personnes n’est guère pratiqué. Les Baluba ne se mettent pas en service chez d’autres Baluba ; ce serait abdiquer leur dignité, leur indépendance dont ils sont si jaloux. Ce n’est pas sans répugnance et sans efforts qu’ils se sont mis à travailler chez le Blanc. Dieu sait ce qu’il nous a fallu de patience et de paroles persuasives pour les y amener au début de la mission. Les esclaves eux-mêmes semblaient imbus de ces idées d’indépendance » (Colle, 2021 : 499 – 503 & 800).

Ces Baluba vivent aujourd’hui sur l’intersection de l’Afrique centrale, orientale et australe. Ils ont ainsi les mêmes institutions politiques, sociales, religieuses et ils ont une conscience historique commune et parlent une même langue qui est le kiluba (Mutonkole, 2007 : 95). Tout peuple qui n’a pas la conscience historique des Baluba et non plus n’ayant pas pour langue maternelle le kiluba n’est pas Múlúba.

Troisième référence du terme « Baluba » au sens large inclusif au deuxième degré s’étend à tous les peuples qui ont été soumis à l’autorité politique, culturelle, linguistique et civilisationnelle des Baluba allant du cinquième au dix-neuvième siècle de notre ère.

Ces peuples sont appelés « Balubaïsés » et revendiquent l’origine chez les Baluba authentiques. Il existe plus de 170 ethnies en Afrique centrale et australe. La première condition pour qu’un peuple soit considéré comme Balubaïsé, il doit être faire partie de l’empire des Baluba d’une part, et/ou avoir quitté la région des Baluba pendant les périodes de l’expansion multidirectionnelle kiluba. Tous les peuples issus de cette expansion sont bien connus : Shona, Rozi, Zulu, Bafipa, Vakaranga, Bemba, Bangu-Bangu, Bahunde, Bashi, Balenga, Bavira, Baboyo, Banande, Balundu, Bakumu, Bahutu, Babemba, Baholoholo…, sont les plus connus qui furent fortement influencés ou plus ou moins absorbés au contact des Baluba authentiques (Mulundwe, 2001 : 38-40).

Etouffement de l'identité kiluba

C’est à ce niveau qu’on se demande comment les Bahèmba habitant la région du Kasayi, sont-ils devenus « Baluba du Kasayi » sachant qu’ils n’ont jamais fait partie de peuples conquis par les Baluba ? Et d’autant plus que leur langue est incompréhensible au kiluba et quelques mots que ces deux langues partagent, on les retrouve dans toutes les langues bantues ? Les ressortissants du Kasayi dit « Baluba du Kasayi » avancent qu’ils auraient migré de la région des Baluba pour aller s’installer au Kasayi à une période. Or cette histoire n’est pas connue chez les Baluba. Rappelons ici ce que Pierre Colle écrit sur la conscience historique chez les Baluba : « Sans doute, les Baluba conservent le souvenir d’un grand nombre de faits historiques, notamment ceux qui sont relatifs à leur race et à leurs tribus (…). Cette faculté (mémoire) est fort développée chez les Baluba. Non seulement les faits vécus y subsistent longtemps, mais aussi les faits passés. Ainsi chaque famille se connait cinq à six générations d’ancêtres » (Colle, 2021 :737 & 741).
Les Baluba disposent ainsi des instruments de conservation de l’histoire dont le Lukasa, proverbes et la musique (Nooter, 1996 : 120).

Parlant de l’importance de la musique chez les Baluba, Pierre Colle nous informe une fois de plus : « Les sujets chantés sont de deux sortes : 1° ceux que la tradition a transmis, et qui se sont perpétués dans les sociétés, ou qui chantent en certaines occurrences comme serait la naissance de jumeaux, l’apparition de la lune, l’invocation d’un génie, etc. ; 2° les chants de circonstances de nature essentiellement variables. Les premiers sont difficiles à saisir, et surtout à traduire. Ils sont remplis de noms propres, de noms de fétiches, font allusion à des faits anciens, à des coutumes étranges connues (…). Le chant de victoire, que les guerriers font entendre en revenant d’une guerre où ils ont vaincu, est tantôt un chant de tradition, tantôt un chant de circonstance » (Colle, 2021 : 679 – 681).

Pierre Colle ne s’était pas trompé. Tous les grands faits historiques qui se sont déroulés chez les Baluba, qu’ils soient mythiques ou réels sont tous conservés soit par un proverbe, soit par un chant nostalgique ou par écrit dans le Lukasa. Nous avons plusieurs enregistres musicaux de faits historiques. Étonnement, il n’existe pas aucun chant, un proverbe et écrit parlant des migrations progressives des Baluba vers les régions du Kasayi actuelles. Et pourtant, nous avons les proverbes et chants parlant de l’immigrations de Vakaranga et Zulu d’Afrique australe. On sait par exemple que les ancêtres de Zulu et Shona sont partis de la région de Malemba Nkulu et ceux Rozi et autres des régions de la Dépression de Kamalando (Mulundwe, 2001 : 35-39).

Et la parenté biologique, culturelle, linguistique avec ces peuples est indiscutable contrairement à celles de Bahèmba. Kabuya Lumuna Sando a-t-il lorsqu’il affirme « Le fait que le concept "Luba” (entendre l’identité ethnique des Baluba) appliqué aux ressortissants du Kasaï étouffe l'identité de la tribu majoritaire du Katanga. D'autant plus que leur langue "tshiluba", différente du "kiluba", comme nous l'avons noté plus haut, a été consacrée langue nationale avec une tendance normale à imposer une prédominance culturelle au Katanga. Les confusions surtout à l'extérieur sont parfois catastrophiques » (Kabuya, 1992 : 36).

Telle est la réalité. L’application de l’identité ethnique des Baluba aux Bahèmba ou ressortissants du Kasayi vise l’étouffement et l’effacement culturel, historique, sociologique et politique. Et les identités coloniales à savoir congolaise et katangaise participent ou facilitent cet étouffement.

Kabwende Kyéngé Kisoke,
Bruxelles, 16 janvier 2024.

08/01/2024

Réveil de l'endormissement psychologique

Par Kabwende Kyéngé Kisoke,
Bruxelles, 08 janvier 2024.

Fils de la Nation,

Múlúba Mwana wa Mulao, Fils de la Promesse Divine,

Cent-vingt-quatre ans se sont écoulés depuis que notre nation a été conquise par les forces du mal. Celles-ci nous ont infligées de traitements satiriquement cruels psychologiquement et physiquement. Il n’est pas nécessaire d’évoquer les méfaits physiques, car nous en sommes guéris. La nation kiluba souffre aujourd’hui des méfaits psychologiques de ces forces du mal.

Fils de la Nation,

Les forces du mal sont parvenues à tes convaincre qu’avant leur arrivée, nous n’étions « rien », un mensonge stratégiquement construit pour nous asservir psychologiquement. Ils sont parvenus à leur fin, car le Fils de la Nation ignore aujourd’hui que durant plus de 2000 ans, il maîtrisait les connaissances :

- De la médecine,
- De la spiritualité,
- De l’agriculture,
- Des techniques industrielles,
- De l’astronomie,
- De l’écriture,
- De commerce,
- Des mathématiques,
- Et tant d’autres inventions et découvertes, etc.

Ces connaissances ont été incontestablement le moteur de la puissance militaire, l’équilibre et l’équité social de la société, l’organisation politique, le bien-être social, amélioration sanitaire, prospérité économique, l’expansion multidirectionnelle et multidimensionnelle de la civilisation des Baluba. Elles ont été également la source de la connaissance des lois et de l’administration territoriale de l’État, la solidité du gouvernement, l’élévation civique et éducationnelle de citoyens du Buluba. On n’oubliera pas de souligner que ces connaissances ont permis un raffinement du caractère d’être Múlúba, l’amélioration, adaptation des mœurs, les us et coutumes.

Nous avons atteint un seuil de la civilisation à tous les niveaux qu’aucun peuple d’Afrique subsaharienne n’avait pu atteindre. Nous avons dès le début de notre histoire politique prôné la liberté de pensée, individuelle tout comme collectif. L’émancipation de la femme a été le socle de notre civilisation depuis la nuit de temps. Nous avons fait de la liberté un pilier permettant à tout citoyen Múlúba d’acquérir les connaissances qui sont intrinsèquement indispensable à notre nature humaine. Les anciens avaient de lors compris que seule la liberté sous toutes ses formes conduit à l’accès de la vérité, au respect de lois et connaissances.

Nous avons créé l’école de Bumbudye comme moyen de civiliser les citoyens. Cette école qui disposait d’un système d’écriture œuvrait jour et nuit pour restructurer la société et maintenir la cohésion sociale, politique, civilisationnelle des Baluba.
Les forces du mal ne nous ont pas trouvé à un état inférieur. Nous étions une puissance politique, scientifique, spirituelle, militaire et culturelle en Afrique centrale et australe où nous avons pu créer de colonies : en Zambie, Zimbabwe, etc.

Les forces du mal se sont donnés comme mission de détruire, effacer notre œuvre civilisationnelle en Afrique. Elles se sont attaquées à notre langue en imposant le swahili dans un environnement géographique politiquement et linguistiquement dominé par le Kiluba. Le Kiluba est une langue qui exprime en seule ce que nous sommes et serons en termes de la civilisation. Or l’on constate aujourd’hui que le swahili, le français, lingala, anglais et kihèmba qui s’imposent à ce jour dans le Buluba, diminuant la capacité d’influence de notre langue de véhiculer et pérenniser notre civilisation. Si nous ne freinons pas ces langues nébuleuses, si les hommes de sciences, politiques, religieux, juristes ne se concertent pas, ne se rapprochent pas de la préservation de notre langue, les conséquences seront désastreuses et fâcheuses. Le Kiluba deviendra une langue morte, comme il en a été pour langue sele chez les peuples Sele (RDC), l’Aasax (Tanzanie) qui n’a plus aucun locuteur ou encore le Nluu (Afrique du Sud).

Ce sera une perte immensément grave pour nous les Fils de la Nation. C’est toute notre grandeur historique, civilisationnelle, culturelle, qui a fait preuve de siècle et des siècles. Nous perdrons cette boussole qui marque et éternise toujours les époques où notre civilisation était bien plus avancée que celle des Africains et Européens. La régression du kiluba a fait que notre nation connaît à ce jour un re**rd dans plusieurs domaines de sciences, de techniques et cultures. Certes, les protestants se battent jour et nuit pour louer le Seigneur dans notre langue, mais la survit de celle-ci est dans le sursaut des hommes de sciences.

Ne désespère pas, cher frère, Fils de la Nation, mon contemporain Múlúba. Réveille-toi de ton profond endormissement psychologique de ces cent-vingt-quatre ans enfin que tu honores l’œuvre de tes ancêtres et perpétuer la grandeur supérieure de notre civilisation. J’ai une nette conviction que tu peux le faire. Sache qu’un avenir radieux nous attend et un jour, nos enfants marcheront fièrement sur les cendres de notre grandeur en te remerciant d’avoir contribuer à la renaissance culturelle kiluba.
La reprise de conscience, la volonté de renforcement de relation, la collaboration et soutien mutuel entre les Baluba, l’augmentation des écoles et institut de sciences dans le Buluba, et la réunification du Bulopwe, le progrès de connaissances parmi les élites Baluba, la création des centres littéraires, de recherche sur des sujets de la littérature, spiritualité, système politique kiluba et sociaux et la prédisposition à instruire la femme Múlúba, tout cela renforce notre espoir de voir bientôt apparaître lúngenyênyê wa míténgá-míténgá sur le sol du Buluba.

27/09/2023

Culture et Innovation en Afrique : repenser le modèle de développement africain

Par Kabwende Kyéngé Kisoke,

Bruxelles, 27 septembre 2023

Toute nation a une culture qui lui est propre. Et si un peuple n’a pas de culture, il devient mathématiquement un mouton sans cervelle.

La culture est l’un des facteurs qui déterminent la puissance d’une Nation. Lorsqu’on est dépourvu de culture, on perd automatiquement ses repères humains. Cela provoque l’infantilisation, l’animalisation ainsi que la chosification des membres de ladite Nation.

La culture a une grande importance dans la vie sociale de tout peuple. Il est important de souligner que la préservation de l'histoire et de la culture peut également avoir un impact positif sur l'économie et la société dans son ensemble.
La valorisation de l'histoire et de la culture peut contribuer à renforcer l'identité et le sentiment d'appartenance à la communauté, à un État et à sa patrie ancestrale. Elle peut aussi favoriser le tourisme culturel et patrimonial, encourager la créativité et l'innovation, ainsi que promouvoir le respect de la diversité et la cohésion sociale. Il est important que les chercheurs, les gouvernements, les entreprises et la société civile reconnaissent la valeur de la préservation de l'histoire et de la culture et s'engagent à la protéger et à la promouvoir. Cela peut impliquer la mise en place de politiques et de programmes de préservation de l'histoire et de la culture, ainsi que la promotion de l'éducation et de la sensibilisation sur l'importance de la préservation du patrimoine culturel.

En fin de compte, la préservation de l'histoire et de la culture doit être considérée comme une responsabilité collective, impliquant la participation de toutes les parties prenantes de la société, afin de garantir une compréhension plus complète et plus juste de l'histoire et de la culture des pays africains. Il y a la nécessité pour chaque région de ce continent de développer sa propre culture et spiritualité pour progresser de manière authentique et durable.

L'histoire nous a montré que les pays qui ont réussi à se développer ont souvent construit leur développement sur la base de leur propre culture, leur histoire et leur identité nationale. La culture est en effet, un élément fondamental du développement car elle est le reflet de l'identité et des valeurs d'une société. Elle joue un rôle important dans la manière dont les individus perçoivent leur monde et interagissent avec lui.

Les technologies et les innovations sont influencées par la culture et la spiritualité des peuples qui les créent, ce qui peut expliquer en partie pourquoi certaines innovations ont un impact plus important sur certaines sociétés que sur d'autres. C'est pourquoi il est vital pour des Africains de valoriser et de préserver leur propre culture, leur patrimoine et leur histoire.

La valorisation de la culture contribue à la promotion du tourisme, à la création d'emplois et à la stimulation de l'économie locale. Et cela renforce la fierté nationale et la cohésion sociale.

Il est en somme, important de fonder notre développement sur nos cultures et spiritualité peut être un moyen efficace de garantir notre propre développement authentique.

La connaissance et la compréhension de notre propre culture, histoire et géographie peuvent également aider à découvrir les technologies anciennes et les méthodes de transformation des matières que nos ancêtres utilisaient. Cela peut également aider à redécouvrir les connaissances scientifiques que nos ancêtres avaient sur l'observation des astres et d'autres phénomènes naturels.

Il sied de rappeler que la technologie est liée à la culture et à la spiritualité des peuples. En redécouvrant et en valorisant notre propre culture, nous pouvons créer une base pour un développement de technologies qui sont en harmonie avec notre environnement et notre mode de vie. Il est important de souligner que le développement de technologies n'est pas seulement une question de savoir-faire technique, mais également de conditions socio-économiques, politiques et environnementales.

Il est important de prendre en compte tous ces facteurs pour développer une technologie durable et appropriée à notre contexte africain.

À suivre...

Extrait d’un ouvrage à paraître : Kabwende Kyéngé Kisoke (2023), État et Nations en République Démocratique du Congo.

08/09/2023

Cette page diffuse les écrits rédigés dans une vision panafricaine non conformiste.

Le but primaire est de réveiller la conscience des Noirs en Afrique ainsi que la diaspora pour qu'ensemble tous les Noirs du monde entier s'unissent en prenant conscience de la grandeur de l'histoire africaine précoloniale et en éprouvent de la reconnaissance. Deuxièmement cette page se veut un appel décisif à tous les Noirs de nourrir les ambitions dominatrces et offensives contre tous les oppresseurs et impérialistes. Les Noirs doivent cesser d'être des pacifistes naïfs.

Enfin, troisièmement, cette page aidera aussi à expliquer sans rechercher à les jusitifier la présence des Noirs en Europe avant les Européens modernes et comment ces derniers ont exterminés et envoyé en esclavage aux Amériques et Caraibes, les survivants Noirs d'Europe à partir de 1500 jusqu'en 1800.

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