09/16/2026
☑️ 🐾 𝐋𝐚 𝐒𝐏𝐂𝐀 𝐝𝐞 𝐌𝐨𝐧𝐭𝐫𝐞́𝐚𝐥 𝐚 𝐬𝐨𝐮𝐦𝐢𝐬 𝐚𝐮𝐱 𝐜𝐢𝐧𝐪 𝐩𝐫𝐢𝐧𝐜𝐢𝐩𝐚𝐮𝐱 𝐩𝐚𝐫𝐭𝐢𝐬 𝐩𝐨𝐥𝐢𝐭𝐢𝐪𝐮𝐞𝐬 𝐮𝐧 𝐪𝐮𝐞𝐬𝐭𝐢𝐨𝐧𝐧𝐚𝐢𝐫𝐞 𝐬𝐮𝐫 𝐥𝐞𝐮𝐫𝐬 𝐞𝐧𝐠𝐚𝐠𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭𝐬 𝐞𝐧 𝐦𝐚𝐭𝐢𝐞̀𝐫𝐞 𝐝𝐞 𝐩𝐫𝐨𝐭𝐞𝐜𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐚𝐧𝐢𝐦𝐚𝐥𝐞. 𝐋𝐞 Parti libéral du Québec, 𝐥𝐞 Parti Québécois 𝐞𝐭 Québec solidaire 𝐲 𝐨𝐧𝐭 𝐫𝐞́𝐩𝐨𝐧𝐝𝐮, 𝐭𝐚𝐧𝐝𝐢𝐬 𝐪𝐮𝐞 𝐥𝐚 Coalition Avenir Québec 𝐞𝐭 𝐥𝐞 𝐏𝐂𝐐 𝐧’𝐨𝐧𝐭 𝐩𝐚𝐬 𝐝𝐨𝐧𝐧𝐞́ 𝐬𝐮𝐢𝐭𝐞. 𝐋𝐞 𝐭𝐚𝐛𝐥𝐞𝐚𝐮 𝐫𝐞́𝐬𝐮𝐦𝐞 𝐥𝐞𝐬 𝐩𝐨𝐬𝐢𝐭𝐢𝐨𝐧𝐬 𝐝𝐞𝐬 𝐩𝐚𝐫𝐭𝐢𝐬 𝐬𝐮𝐫 𝐥𝐞𝐬 𝐩𝐫𝐢𝐧𝐜𝐢𝐩𝐚𝐮𝐱 𝐞𝐧𝐣𝐞𝐮𝐱 𝐬𝐨𝐮𝐥𝐞𝐯𝐞́𝐬 𝐩𝐚𝐫 𝐥𝐚 SPCA de Montréal.
Convaincue que la politique animale croise le logement, l’itinérance, l’agriculture et même le commerce international, la SPCA de Montréal, qui porte ses revendications en matière de législation animale auprès des élus à l’échelle du Québec et parfois à Ottawa, a voulu savoir jusqu’où les partis étaient prêts à aller.
À la mi-juillet, elle a soumis un questionnaire aux cinq formations représentées à l’Assemblée nationale avant la dissolution. Trois ont répondu. Deux manquent à l’appel, la Coalition avenir Québec (CAQ) et le Parti conservateur du Québec (PCQ).
Et les réponses réservent quelques surprises. Le Parti libéral du Québec, le Parti québécois et Québec solidaire s’entendent tous pour mieux encadrer les conditions de vie des animaux d’élevage et interdire les fermes à fourrure. Le PLQ rejoint même QS pour réclamer la fin des clauses de bail interdisant les animaux.
𝐃𝐞 𝐬𝐮𝐣𝐞𝐭 𝐦𝐚𝐫𝐠𝐢𝐧𝐚𝐥 𝐚̀ 𝐞𝐧𝐣𝐞𝐮 𝐩𝐨𝐥𝐢𝐭𝐢𝐪𝐮𝐞
Pour Me Sophie Gaillard, directrice générale de la SPCA de Montréal, ces engagements témoignent d’un changement qui s’opère depuis plusieurs années.
🗣️ «Trouve-moi un Québécois ou une Québécoise qui veut dire que ça n’a aucune importance comment on traite les animaux», lance-t-elle. Et cela vaut aussi, insiste-t-elle, pour les animaux de ferme «qui finissent dans nos assiettes». Elle voit un consensus «quasi universel» autour d’un minimum «de décence, de respect, de bien-être» dans la façon de les traiter.
Me Sophie Gaillard mesure le chemin parcouru depuis son arrivée à la SPCA en 2013.
🗣️ «𝐈𝐥 𝐲 𝐚 𝟏𝟎 𝐚𝐧𝐬, 𝐜̧𝐚 𝐚𝐫𝐫𝐢𝐯𝐚𝐢𝐭 𝐞𝐧𝐜𝐨𝐫𝐞 𝐪𝐮’𝐨𝐧 𝐬𝐞 𝐟𝐚𝐢𝐬𝐚𝐢𝐭 𝐩𝐚𝐬 𝐩𝐫𝐞𝐧𝐝𝐫𝐞 𝐚𝐮 𝐬𝐞́𝐫𝐢𝐞𝐮𝐱», 𝐫𝐚𝐜𝐨𝐧𝐭𝐞-𝐭-𝐞𝐥𝐥𝐞. 𝐋𝐞 𝐛𝐢𝐞𝐧-𝐞̂𝐭𝐫𝐞 𝐚𝐧𝐢𝐦𝐚𝐥 𝐞́𝐭𝐚𝐢𝐭 𝐚𝐥𝐨𝐫𝐬 𝐩𝐞𝐫𝐜̧𝐮 𝐜𝐨𝐦𝐦𝐞 «𝐮𝐧 𝐞𝐧𝐣𝐞𝐮 𝐯𝐫𝐚𝐢𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐦𝐚𝐫𝐠𝐢𝐧𝐚𝐥». 𝐀𝐮𝐣𝐨𝐮𝐫𝐝’𝐡𝐮𝐢, 𝐝𝐢𝐭-𝐞𝐥𝐥𝐞, 𝐥𝐚 𝐜𝐥𝐚𝐬𝐬𝐞 𝐩𝐨𝐥𝐢𝐭𝐢𝐪𝐮𝐞 𝐥𝐞 𝐜𝐨𝐧𝐬𝐢𝐝𝐞̀𝐫𝐞 𝐠𝐞́𝐧𝐞́𝐫𝐚𝐥𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐜𝐨𝐦𝐦𝐞 𝐮𝐧 𝐬𝐮𝐣𝐞𝐭 𝐥𝐞́𝐠𝐢𝐭𝐢𝐦𝐞.
Selon un sondage cité par la SPCA, 62 % des répondants jugeaient important que les candidats se prononcent clairement sur le bien-être animal en vue des élections. Plus de 50 000 lettres ont aussi été envoyées aux partis à ce sujet depuis le début de l’année.
𝐂𝐀𝐐 𝐞𝐭 𝐏𝐂𝐐 𝐦𝐚𝐧𝐪𝐮𝐞𝐧𝐭 𝐚̀ 𝐥’𝐚𝐩𝐩𝐞𝐥
Ce que le questionnaire de la SPCA mesure aussi? Les silences. Le PCQ n’a tout simplement pas répondu aux courriels de l’organisme. La CAQ lui a indiqué qu’elle répondrait selon son propre échéancier. «Ils ont eu deux mois pour le faire, ils ne l’ont pas fait», constate Me Sophie Gaillard.
Faire l’impasse sur la question animale n’est pourtant pas nécessairement sans risque politique. Le débat autour de l’interdiction des chiens de type pitbull avait marqué la campagne municipale montréalaise de 2017 entre Denis Coderre et Valérie Plante. La réglementation animale était alors devenue l’un des enjeux de leur affrontement. Me Sophie Gaillard estime qu’il avait été «un des facteurs décisifs» de l’élection.
𝐔𝐧 𝐜𝐨𝐧𝐬𝐞𝐧𝐬𝐮𝐬 𝐝𝐚𝐧𝐬 𝐥𝐞𝐬 𝐞́𝐭𝐚𝐛𝐥𝐞𝐬
Chez les trois formations qui ont répondu au questionnaire, le sort des animaux d’élevage fait émerger l’un des consensus les plus nets.
Le PLQ, le PQ et QS promettent tous de mieux réglementer les conditions de vie et le bien-être des animaux d’élevage. «Ce qu’on commence à voir, c’est vraiment des consensus forts», se réjouit Me Sophie Gaillard.
Une différence apparaît toutefois lorsque la SPCA demande si «chaque animal devrait avoir assez d’espace pour se tenir debout, se retourner et se coucher sur le côté, les membres en pleine extension». Le PLQ et QS répondent oui, le PQ non. Me Gaillard croit que ce dernier ne s’était simplement pas encore penché sur cette mesure précise.
𝐃𝐞𝐬 𝐫𝐞𝐧𝐚𝐫𝐝𝐬 𝐚𝐮𝐱 𝐚𝐩𝐩𝐚𝐫𝐭𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭𝐬
Les trois partis ayant répondu veulent aussi interdire les fermes à fourrure. Il n’en resterait que deux en activité au Québec, selon la SPCA. «Il n’y a juste pas moyen d’élever des animaux comme ça en captivité pour leur fourrure de manière respectueuse du bien-être», soutient la directrice de l’organisme, rappelant que 25 pays ont déjà interdit ce type d’élevage.
Le logement divise davantage. Le PLQ et Québec solidaire s’engagent à mettre fin aux interdictions d’animaux dans les baux, une proposition déjà portée par QS en 2023.
«𝐂𝐞 𝐧’𝐞𝐬𝐭 𝐩𝐚𝐬 𝐮𝐧𝐢𝐪𝐮𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐮𝐧 𝐞𝐧𝐣𝐞𝐮 𝐚𝐧𝐢𝐦𝐚𝐥𝐢𝐞𝐫. 𝐂’𝐞𝐬𝐭 𝐮𝐧 𝐞𝐧𝐣𝐞𝐮 𝐡𝐮𝐦𝐚𝐢𝐧, 𝐜’𝐞𝐬𝐭 𝐮𝐧 𝐞𝐧𝐣𝐞𝐮 𝐚𝐮𝐬𝐬𝐢 𝐝𝐞 𝐣𝐮𝐬𝐭𝐢𝐜𝐞 𝐬𝐨𝐜𝐢𝐚𝐥𝐞», 𝐢𝐧𝐬𝐢𝐬𝐭𝐞-𝐭-𝐞𝐥𝐥𝐞.
Les personnes qui refusent de se séparer de leur voient une partie du marché locatif se fermer devant elles et peuvent aussi renoncer à un refuge qui ne l’accepte pas. Pour une femme qui cherche à fuir un conjoint violent, l’impossibilité d’emmener son animal peut même retarder son départ. L’animal, source de réconfort, peut alors devenir un moyen de pression entre les mains de l’agresseur.
𝐉𝐮𝐬𝐪𝐮𝐞 𝐝𝐚𝐧𝐬 𝐥𝐞𝐬 𝐦𝐚𝐫𝐜𝐡𝐞́𝐬 𝐝’𝐞𝐱𝐩𝐨𝐫𝐭𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧
Le est aussi devenu un enjeu commercial. Alors que le Québec cherche à diversifier ses marchés, Me Sophie Gaillard souligne que les exigences internationales en matière de bien-être animal se resserrent, donnant l’exemple de l’Union européenne, qui veut rehausser ses normes et imposer certaines exigences aux produits importés.
«𝐒𝐢 𝐨𝐧 𝐧𝐞 𝐜𝐨𝐫𝐫𝐢𝐠𝐞 𝐩𝐚𝐬 𝐥𝐚 𝐬𝐢𝐭𝐮𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐚𝐮 𝐐𝐮𝐞́𝐛𝐞𝐜, 𝐬𝐢 𝐨𝐧 𝐧’𝐚𝐦𝐞́𝐥𝐢𝐨𝐫𝐞 𝐩𝐚𝐬 𝐥𝐞𝐬 𝐜𝐡𝐨𝐬𝐞𝐬 𝐚𝐮 𝐐𝐮𝐞́𝐛𝐞𝐜, 𝐜’𝐞𝐬𝐭 𝐝𝐞𝐬 𝐦𝐚𝐫𝐜𝐡𝐞́𝐬 𝐪𝐮𝐢 𝐯𝐨𝐧𝐭 𝐬𝐞 𝐟𝐞𝐫𝐦𝐞𝐫 𝐚̀ 𝐧𝐨𝐬 𝐩𝐫𝐨𝐝𝐮𝐢𝐭𝐬 𝐪𝐮𝐞́𝐛𝐞́𝐜𝐨𝐢𝐬», 𝐩𝐫𝐞́𝐯𝐢𝐞𝐧𝐭-𝐞𝐥𝐥𝐞.
Onze ans après la réforme historique du au , Me Sophie Gaillard estime que le travail est loin d’être terminé et qu’il faut donner plus de dents à cette reconnaissance.
«Il y a encore du chemin à faire pour que ces avancées symboliques-là de 2015 se traduisent en mesures concrètes qui vont au quotidien améliorer la vie et le sort des millions d’animaux au Québec.»
𝐒𝐨𝐮𝐫𝐜𝐞: Le Soleil, 15 septembre 2026
𝐀𝐫𝐭𝐢𝐜𝐥𝐞: Chiens, chats, poules, vaches et cochons dans l’urne
𝐉𝐨𝐮𝐫𝐧𝐚𝐥𝐢𝐬𝐭𝐞: Pascale Lévesque