07/08/2026
Depuis quelques jours, les médias et les réseaux sociaux commentent les déclarations de Farnell Morisset sur la question de la souveraineté du Québec. Je crois utile de rappeler une distinction fondamentale : être fédéraliste ne signifie pas accepter n’importe quelles conditions.
Dans toute union, dans toute association, la possibilité de s’en retirer existe. Cette possibilité constitue un rapport de force légitime et, à mon avis, on ne devrait jamais envoyer le message qu’elle n’existe pas.
J’ai toujours fait une distinction entre deux types de fédéralistes.
Il y a le fédéraliste pur et dur, qui pense d’abord au Canada et ensuite au Québec.
Et il y a aussi le nationaliste fédéraliste, qui pense d’abord au Québec et qui voit le Canada comme le meilleur moyen, dans les circonstances actuelles, d’assurer l’épanouissement de la nation québécoise.
Cette distinction est essentielle.
Lorsqu’une personne affirme que, quelles que soient les circonstances, le Québec demeurera toujours au sein du Canada, elle exprime avant tout un fédéralisme de principe. À l’inverse, celui qui affirme que le Québec est aujourd’hui mieux servi à l’intérieur du Canada, tout en reconnaissant que toutes les options doivent demeurer sur la table si les intérêts du Québec venaient à être compromis, adopte une posture de nationaliste fédéraliste.
C’est précisément cette vision que j’ai défendue durant la course à la direction du Parti libéral du Québec. Si nous voulons regagner la confiance des Québécois, dans toutes les régions du Québec, nous devons retrouver un nationalisme assumé. Un nationalisme qui choisit aujourd’hui le fédéralisme parce qu’il sert les intérêts du Québec, et non parce qu’il constitue une fin en soi.
Ceux qui tentent de créer un malaise lorsqu’un nationaliste fédéraliste s’exprime le font en sachant très bien que la meilleure façon de nous attaquer est de nous pousser à nous retrancher dans un fédéralisme pur et dur. Ils savent que cela aide leur cause, car la très grande majorité des Québécois ne se reconnaît pas dans cette posture.
L’histoire du Parti libéral du Québec nous rappelle d’ailleurs que cette vision n’est pas nouvelle. Robert Bourassa lui-même, au lendemain de l’échec de l’accord du lac Meech et dans le contexte de la Commission Bélanger-Campeau, avait évoqué la possibilité d’un référendum sur l’avenir constitutionnel du Québec. Même les plus grands fédéralistes de notre histoire reconnaissaient que l’appartenance du Québec au Canada ne pouvait jamais être inconditionnelle.
Je ne crois donc pas que les propos de Farnell Morisset s’éloignent de cette tradition d’un nationalisme québécois affirmé.
À l’intérieur du Parti libéral du Québec, il est normal que coexistent différentes sensibilités. Certains sont davantage fédéralistes; d’autres sont d’abord nationalistes. Ce pluralisme a toujours fait partie de notre identité.
Ce qui nous rassemble, c’est la conviction qu’à l’heure actuelle, le Canada demeure le meilleur cadre pour permettre au Québec de prospérer. Rien ne nous indique aujourd’hui que cette voie ne peut plus fonctionner, malgré ce qu’en pensent les souverainistes. Personnellement, je suis convaincu que le fédéralisme est actuellement la meilleure option, et je travaille et veux continuer à travailler à la réussite du Québec dans le Canada.
Mais être fédéraliste ne devrait jamais signifier renoncer à défendre le Québec avec fermeté, tout en reconnaissant que le Québec a, et aura toujours, différentes options devant lui. En fait, c’est précisément parce que nous sommes profondément attachés au Québec que nous choisissons aujourd’hui le fédéralisme.