04/02/2022
L'année 2022 est déjà bien entamée et elle marque le 350e anniversaire de la seigneurie La Durantaye concédée en 1672. Voici une capsule fort intéressante sur l'histoire de notre beau coin de pays, à lire bien emmitouflé, café ou chocolat chaud à la main. Bonne lecture!
On profite également de cette publication pour souhaiter un bon Carnaval Optimiste à tous les Michelois et Micheloises!
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Nous fêterons en 2028 le 350e anniversaire du territoire actuel de Saint-Michel-de-Bellechasse devenu paroissial en 1678. À l’époque, il n’y avait aucune chapelle ou église sur le territoire concédé en seigneurie à Olivier Morel de La Durantaye en 1672. De même, aucun presbytère n’y était construit, aucun curé résident n’y était établi et aucun registre spécifique n’était ouvert sous le nom de Saint-Michel ou celui de La Durantaye. À l’évidence, cette paroisse était différente des paroisses que l’on connaît aujourd’hui.
Deux choses qu’il faut comprendre : premièrement, cette immense paroisse de 1678 n’a pas de nom, c’est-à-dire pas de saint patron, pas de titulaire. Deuxièmement, son territoire recouvre celui de toutes les seigneuries, dont la nôtre, concédées sur la rive sud du Saint-Laurent entre Rivière-du Chêne et Rivière du Loup. Cet immense territoire est desservi par des missionnaires qui demeurent au grand séminaire de Québec en absence de presbytère sur l’ensemble du territoire côtier pour loger un prêtre. Chaque missionnaire assigné à telle ou telle partie du territoire, quitte Québec en bateau et y revient après avoir visité une seigneurie. Arrivé sur place, il s’installe dans la maison d’un colon pour dire la messe et procéder aux actes de baptême, de mariage et de sépulture, actes qu’ils notent dans des carnets déposés au registre de Québec. Un seul registre existe pour tout le territoire. La seigneurie La Durantaye fait partie de ce territoire paroissial avec une quinzaine d’autres seigneuries. À cet effet, la paroisse de L'islet a conservé une note : « Registre des baptêmes, mariages et sépultures de toute la coste du sud, à savoir : Villieu, Coste de Lauzon, Beaumont, La Durantaye, Cap St-Claude, Berthier, Pointe-la-Caille, Rivière du Sud, Cap Vincelot, Bonsecours, Isle aux Oies et aux grues, Rivière des Trois Saumons, Langlais, Saint-Denis, Lacombe, La Bouteillerie et Rivière-du-Loup, à commencer du premier janvier 1681. »
Beaumont par exemple, ou Berthier, aurait pu choisir de fêter l’année 1678 avec nous puisque leur territoire faisait également partie de cette grande paroisse sans titulaire érigée canoniquement par Monseigneur de Laval en 1678. Mais ils ont jadis choisi de fêter 1672, l’année de concession de leur seigneurie. De même, nous aurions pu, tout comme eux, fêter 1672 puisque la seigneurie La Durantaye a été concédé la même année que celles de Beaumont et de Berthier. Si notre 350e anniversaire correspond à l’année 2028, ce n’est donc pas que l’occupation du territoire de Saint-Michel par les Européens a moins d’ancienneté que celle de Beaumont ou de Berthier, mais parce que nos ancêtres ont décidé de fêter l’année où le territoire de nos municipalités respectives est devenu paroissial (1678) au lieu de fêter l’année où il est devenu seigneurial (1672).
La paroisse correspondant au territoire spécifique de la seigneurie La Durantaye ouvrira ses premiers registres sous le nom de Saint-Laurent de La Durantaye en 1693 et prendra le nom de Saint-Michel en 1698. Ce n’est cependant qu’en 1712-1713 que son territoire se détachera de celui de Saint-Vallier auquel il était lié pour acquérir en largeur au fleuve les frontières municipales actuelles, entre l’embouchure de la rivière Boyer et le moulin de Beaumont.