16/01/2022
Goma : cette détermination de la journaliste Kazaku Nanou qui essuyait une b***e en plein reportage !
2 jours ago RMBB2
En ville de Goma, cela fera bientôt presqu’une année, qu’une journaliste essuyait une b***e sur terrain, alors qu’elle couvrait une manifestation, où la population en colère affrontait la police tentant de déjouer un déguerpissement d’une parcelle au quartier Kyeshero en municipalité de Goma. Aujourd’hui, RADIOMOTO.NET a cherché à comprendre ce qu’a représenté cet incident sur la passion et l’engagement de la victime pour le métier.
Ce jour-là, un certain mercredi 17 février 2021, Ndaya Kazaku Nanou, journaliste à UB FM, une radio émettant en ville de Goma, recevait une b***e qui touchait l’axe gauche de son cou, avant de ressortir par son épaule gauche. Jamais elle n’a oublié ce malheureux scénario.
« Ce jour-là, quand j’avais vu la tension monter, je m’étais réfugiée dans une parcelle voisine. J’étais restée là jusqu’à ce que la tension ait diminué. Juste après la tension j’ai vu Frank Kacky de colombe FM, j’ai senti un peu de courage car je me sentais en sécurité. Je cherchais juste comment travailler, c’est par là que j’avais reçu une b***e perdue sur l’axe gauche du cou et la b***e en question était ressortie au dos. À sa réception, je sentais de la chaleur et du froid en même temps. Du coup, je signalais à Frank que je recevais déjà une b***e. Heureusement, il a fait les nécessaires pour m’acheminer à l’hôpital », se rappelle-t-elle.
Cette histoire est venue resserrer le discrédit qu’avait la famille de Nanou sur son métier, qu’elle n’avait depuis longtemps, cessé de qualifier de métier des putes ou des femmes des mœurs légères.
En revanche, la façon dont les confrères de la pauvre demoiselle l’ont assisté durant cette dure période, a fait renaître une confiance inédite entre Nanou, son métier et sa famille.
« Au regard de l’engouement de mes confrères à venir me voir et m’assister, ma famille a compris que je faisais quelque chose pour la communauté, sur le plan professionnel. C’est à partir de cet incident que j’ai reçu une certaine considération dans ma famille, du moins sur le plan professionnel. Mais auparavant, ils n’avaient presque pas confiance en moi, à cause de ce que je faisais comme métier », révèle-t-elle.
Dur moment dont pourrait se servir d’aucuns pour fouir le métier de journaliste, mais ce cas n’aura pas été celui de Nanou. Elle ne fait qu’enfoncer ses racines en revanche.
« Comme on s’est engagé dans ce métier, on a des difficultés bien-sûr, mais on se donne toujours la peine de travailler pour satisfaire notre patron qui est la population. Malgré les découragements que j’avais reçu des membres de la famille, je me disais toujours que je savais ce que je faisais et cherchais », renchérit-elle.
Dans un rapport intitulé « mauvais temps pour la presse », publié en novembre 2021, l’ONG Journaliste en Danger (JED) rapportait 20 cas de violations des droits du journaliste au Nord-Kivu et 14 autres en Ituri, sur les plus ou moins 117 violations des droits des journalistes sur toute l’étendue de la République démocratique du Congo.
John Tsongo Thavugha