27/11/2025
Tribune Libre 145 (Steve Mbikayi)
CENCO : La tentation de l’effraction
Dans de nombreux pays, les conférences épiscopales interviennent dans le débat public pour éclairer la conscience collective, dénoncer les dérives, rappeler les exigences éthiques de la gouvernance. Elles y jouent un rôle de vigie morale, souvent salué comme un contrepoids nécessaire. L’Amérique latine en offre les exemples les plus flamboyants. Les épiscopats du Brésil, du Mexique…se distinguent par la vigueur de leurs positions contre la corruption, les violations des droits humains et les scandales politiques qui minent leurs nations.
En RDC, la CENCO a longtemps occupé ce registre. L’histoire retient les altercations mémorables entre le cardinal Malula et le président Mobutu, au point que le prélat dut s’exiler un temps à Rome pour avoir dénoncé, avec la franchise les dérives du régime du MPR.
Mais il faut rappeler que le cardinal Malula, s’il prenait la parole, ne réclamait point de s’asseoir à la table des acteurs politiques.
Il parlait comme pasteur, non comme prétendant au pouvoir.
À partir des années 1990, un tournant s’opère. Cherchant une personnalité neutre pour présider la Conférence nationale souveraine, la classe politique fit appel à Mgr Laurent Monsengwo Pasinya. L’homme accomplit sa mission avec brio. Puis vint le HCR/PT, instance hybride où se mêlaient prestige, influence et ressources. Ce double mandat porteur d’un immense capital symbolique, modifia subtilement la nature du rapport entre l’Église et la politique. L’épiscopat découvrit qu’il pouvait jouer un rôle de premier plan dans l’architecture institutionnelle.
À partir de là, une pente glissante se dessina.
De plus en plus, la CENCO semble vouloir franchir la frontière qui sépare l’espace moral de l’espace politique. Non contente d’exercer une pression sur les gouvernants ,elle aspire désormais à participer aux discussions au même titre que les détenteurs d’un mandat démocratique.
On peut alors légitimement se pose