31/12/2025
Centrafricaines, Centrafricains,
Peuple de Centrafrique,
Il faut parfois avoir le courage de dire les choses telles qu’elles sont, sans détour, sans calcul, sans peur.
Notre pays n’est plus gouverné. Il est confisqué.
Notre démocratie n’est plus imparfaite. Elle est neutralisée.
Notre République n’est plus affaiblie. Elle est prise en otage.
Le régime en place ne gouverne plus par le consentement du peuple, mais par la force, la manipulation et la peur. Il ne cherche plus à convaincre, mais à contraindre. Il ne protège plus les citoyens, il se protège contre eux. Voilà la vérité.
Les élections ne sont plus un mécanisme de choix démocratique. Elles sont devenues un instrument de verrouillage du pouvoir. Les institutions ne jouent plus leur rôle de contre-pouvoir. Elles servent de paravent à l’arbitraire. La loi n’est plus la même pour tous. Elle est utilisée contre les opposants et ignorée par les puissants.
Nous ne sommes plus dans une crise politique ordinaire.
Nous sommes dans une rupture entre l’État et le peuple.
Des Centrafricains sont emprisonnés pour leurs opinions. D’autres sont forcés à l’exil. Des familles sont brisées pendant que des mercenaires étrangers et des réseaux armés imposent la terreur avec la bénédiction tacite du pouvoir. Cela n’est pas un accident. C’est un système. Un système fondé sur la peur, l’impunité et la dépendance.
Je le dis solennellement : ce système est incompatible avec la dignité du peuple centrafricain.
Face à cela, il n’y a plus de place pour les demi-mots, les compromis stériles ou les illusions de dialogue sans sincérité. Il n’y a plus de place pour une opposition décorative, tolérée parce qu’inoffensive. Il n’y a plus de place pour les arrangements personnels pendant que le pays s’enfonce.
Le temps de l’accommodement est terminé.
Le temps de la rupture est venu.
La rupture avec la confiscation du pouvoir.
La rupture avec la politique de la peur.
La rupture avec la dépendance humiliante.
La rupture avec le mépris du peuple.
Cette rupture ne sera ni imposée par la violence ni accordée par la faveur du régime. Elle sera conquise par l’organisation, la détermination et l’unité du peuple centrafricain.
Au Front Républicain pour la Démocratie, nous faisons un choix clair :
nous ne serons ni complices, ni figurants, ni silencieux.
Nous assumons d’être une force de confrontation démocratique. Nous assumons de déranger. Nous assumons de porter une alternative de rupture politique, institutionnelle et morale. Ceux qui cherchent la tranquillité personnelle devront choisir un autre chemin. Celui-ci est exigeant. Mais il est juste.
À la jeunesse centrafricaine, je dis ceci : le pouvoir en place vous craint. Il vous craint parce que vous êtes nombreux, conscients et connectés au monde. Il vous craint parce que vous n’acceptez plus l’humiliation comme destin. Ne laissez personne vous voler votre avenir. Refusez la résignation. Refusez la peur. Refusez d’être utilisés contre votre propre peuple.
Aux femmes de Centrafrique, je dis avec gravité : vous portez ce pays à bout de bras pendant que d’autres confisquent le pouvoir. L’histoire nous enseigne que les grandes ruptures ne triomphent jamais sans les femmes. Votre place est au cœur du combat pour la libération nationale.
Peuple de Centrafrique,
Ne vous laissez plus tromper par les discours de façade, les promesses vides et les mises en scène institutionnelles. Aucun régime fondé sur l’injustice, la peur et la dépendance étrangère ne peut durer éternellement. Tous finissent par tomber, non sous la pression extérieure, mais sous le poids de leur propre illégitimité.
La République centrafricaine n’est pas condamnée.
Elle est retenue.
Et tout ce qui est retenu peut être libéré.
L’année 2026 ne doit pas être une année de plus dans la survie politique.
Elle doit être l’année de la rupture consciente.
L’année où le peuple cesse d’attendre et commence à imposer le respect de sa souveraineté.
L’année où la peur change de camp.
Nous ne demandons plus la permission d’exister politiquement.
Nous prenons notre responsabilité historique.
La lutte sera longue. Elle sera difficile. Mais elle est inévitable.
Et elle sera victorieuse.
Bonne année de rupture, de courage et de dignité.
François Nelson Ndjadder
Président du Front Républicain pour la Démocratie (FRD)