12/03/2026
Préfecture de la Lobaye : Le Projet EKPENGBA matérialise les besoins en infrastructures exprimés par les communautés pour bâtir des solutions durables.
Répondre aux besoins réels exprimés par les communautés elles-mêmes pour bâtir des solutions durables. C’est ce à quoi s’attèle le Projet dans la préfecture de la Lobaye depuis plusieurs mois. Des besoins alignés et matérialisés sur des visions et Plans de développement local (PDL) : bâtiments scolaires, jardins d’enfants, aires de séchage, forages, magasins de stockage et maternités. Ces ouvrages traduisent une nouvelle approche que le gouvernement est en train d’expérimenter à travers le Projet EKPENGBA et qui place les communautés au cœur de la décision.
Au-delà des briques et du ciment, ces infrastructures symbolisent une transformation plus profonde : celle d’un développement qui inclut et répond aux attentes des populations et qui contribue au vivre-ensemble, à la cohésion sociale ainsi qu’à la stabilité.
Dans plusieurs localités -- notamment Kapou, Sakoulou, Boyali, Pissa, Mbaïki, Kpotolo, Boganangone et Zalingo – de nouveaux bâtiments scolaires de trois salles de classe équipées de tables-bancs et de latrines viennent d’être construits par le Projet pour combler significativement le manque d’infrastructures éducatives.
À Zalingo, l’émotion est plutôt particulièrement forte : le village dispose désormais de sa toute première école primaire.
« Nos enfants marchent environ 14 kilomètres par jour pour aller à l’école à Boganangone. L ’éducation scolaire vient enfin jusqu’à eux », confie Etienne MBEKOANE, chef de groupe à Zalingo, visiblement soulagé.
La situation est tout aussi difficile à Pissa, où l’absence d’établissement secondaire oblige les élèves à parcourir 16 kilomètres par jour et à pied pour rejoindre l’école à Bérengo.
« C’est un véritable calvaire pour nos enfants. La nouvelle école marque la fin d’une longue souffrance pour les familles », témoigne le Maire intérimaire de Pissa, Pépin Irénée SOKPALEMA.
« Nous attendons commencer les études très bientôt dans ce collège. Faire cet aller-retour de 16 km à pied et des fois à moto, du lundi au vendredi, me fatigue souvent et ce n’est pas bon pour un élève qui doit étudier pour réussir », fait savoir Tertus SOUAKENGA, èlève en classe de 4è au lycée de Bérengo.
Dans les quartiers de Gbaté et Baguirimi à Mbaiki centre, deux jardins d’enfants sont sortis de terre, faisant la joie des tout-petits et de leurs encadreurs. Au village Kpotolo, situé à 07 kilomètres de Mbaïki, l’impact est également social : la nouvelle école va permettre notamment aux enfants de la communauté Baaka d’accéder plus facilement à l’éducation.
« Aucune communauté n’est oubliée dans le cahier de charges du Projet », rappelle le Coordonnateur national du projet EKPENGBA, Lucien Judicael MONTINDA.
Le projet ne se limite pas à l’éducation scolaire. D’autres infrastructures sont aussi construites, afin de soutenir les activités agricoles locales, dominicales et commerciales, notamment, des aires de séchage modernes à Kapou, Boyali et Zalingo qui vont permettre aux femmes paysannes de protéger leurs récoltes.
« Nos produits sèchent à même le sol et les animaux viennent souvent les abîmer. Avec ces nouvelles installations, nous pouvons mieux conserver notre production », explique Gisèle NZOGNALODE, une cultivatrice à Kapou.
Deux magasins de stockage, construits par le Projet à Mbaïki et à Mato, viennent aussi renforcer la capacité des commerçantes à stocker leurs produits et à mieux organiser leurs activités.
A tous ces ouvrages, EKPENGBA ajoute 10 forages d’eau potable dans la commune de Mbaiki, 05 forages dans la commune de Pissa et une maternité pour sauver des vies dans le village de Djoumbélé, dans la commune de Boutelossi, histoire de combler un manque crucial. Cette maternité offrira désormais aux femmes enceintes et aux nouvelles mères des conditions d’accueil et de repos dignes.
« Cette maternité va changer la vie des femmes de la zone. Elles pourront accoucher dans de meilleures conditions et recevoir des soins essentiels », souligne Joel MOLIMO, un agent de santé local.
Des THIMO au-delà des infrastructures,
Le Projet EKPENGBA agit également comme un levier économique pour les populations. Grâce aux Travaux à Haute Intensité de Main-d’œuvre (THIMO), de nombreux jeunes et femmes participent à l’entretien manuel des routes et bénéficient d’emplois temporaires rémunérés. Chaque participant reçoit 100 000 FCFA pour 40 jours de travail, ainsi qu’un vélo, un outil précieux pour développer des Activités Génératrices de Revenus. Parallèlement, le Projet soutient l’intégration socio-économique des ex-combattants à travers des formations professionnelles et la distribution de kits pour des Activités Génératrices de Revenus (AGR).
Après les communes de Pissa, Mbaïki et Boutelossi, le Projet entame en ce moment son déploiement dans les 03 autres communes de la Lobaye : Moboma, Boda et Boganda.
L’initiative s’étend également à d’autres préfectures du pays, dont le Mbomou, la Basse-Kotto et la Vakaga, où des infrastructures similaires verront le jour. Le programme prévoit en outre la construction de bâtiments administratifs modernes (R+1) dans les chefs-lieux de ces préfectures, des infrastructures socio productives (gares routières, abattoirs et marchés).
E KPENGBA apparaît déjà comme un puissant moteur d’espoir et de résilience pour les communautés dans ses zones de déploiement.