17/05/2026
🔵 | 𝐘𝐚𝐦𝐨𝐮𝐬𝐬𝐨𝐮𝐤𝐫𝐨 - 𝐋𝐞𝐬 𝐚𝐜𝐭𝐞𝐮𝐫𝐬 𝐞́𝐝𝐮𝐜𝐚𝐭𝐢𝐟𝐬 𝐞́𝐯𝐚𝐥𝐮𝐞𝐧𝐭 𝐥𝐞 𝐏𝐥𝐚𝐧 𝐝’𝐀𝐜𝐜𝐨𝐦𝐩𝐚𝐠𝐧𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐈𝐧𝐝𝐢𝐯𝐢𝐝𝐮𝐚𝐥𝐢𝐬𝐞́ 𝐚𝐯𝐚𝐧𝐭 𝐬𝐨𝐧 𝐞𝐱𝐭𝐞𝐧𝐬𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐚𝐧𝐬 𝟒𝟎𝟎 𝐜𝐨𝐥𝐥𝐞̀𝐠𝐞𝐬.
Dans une salle de conférence de Yamoussoukro, pendant trois jours, les chiffres ont souvent laissé place aux visages, aux histoires et aux réalités vécues dans les établissements scolaires. Derrière chaque statistique évoquée au cours de l’atelier bilan du Plan d’Accompagnement Individualisé (PAI), tenu du 12 au 14 mai 2026, revenait une même préoccupation, comment empêcher qu’une jeune fille quitte prématurément le chemin de l’école ?
Réunis dans le cadre du Programme de Renforcement du Système Éducatif de Base (PRSEB), près d’une quarantaine d’acteurs du système éducatif, Directeurs Régionaux de l’Éducation Nationale et de l’Alphabétisation, secrétaires généraux de DRENA, inspecteurs d’orientation, Directeurs de Centres d’Information et d’Orientation, chefs d’établissement, ONG et partenaires techniques, ont pris le temps d’observer, d’analyser et surtout de partager les réalités du terrain autour de la mise en œuvre du PAI pour les filles à risque de décrochage scolaire.
Loin d’un simple exercice administratif, les travaux ont été marqués par des échanges nourris autour des difficultés rencontrées par les élèves les plus vulnérables, mais aussi des réponses progressivement construites par les acteurs éducatifs dans les régions. Témoignages, récits de parcours scolaires fragilisés puis redressés, expériences de remédiation et initiatives locales ont donné une dimension particulièrement humaine aux discussions.
Au fil des communications et des travaux de groupe, un constat s’est imposé, 𝐥𝐚 𝐥𝐮𝐭𝐭𝐞 𝐜𝐨𝐧𝐭𝐫𝐞 𝐥𝐞 𝐝𝐞́𝐜𝐫𝐨𝐜𝐡𝐚𝐠𝐞 𝐬𝐜𝐨𝐥𝐚𝐢𝐫𝐞 𝐝𝐞𝐬 𝐟𝐢𝐥𝐥𝐞𝐬 𝐧𝐞 𝐩𝐞𝐮𝐭 𝐫𝐞𝐩𝐨𝐬𝐞𝐫 𝐮𝐧𝐢𝐪𝐮𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐬𝐮𝐫 𝐥’𝐞́𝐜𝐨𝐥𝐞. Elle nécessite une mobilisation continue des familles, des communautés, des structures d’orientation, des équipes éducatives et des partenaires institutionnels. Les participants ont ainsi réfléchi aux moyens de renforcer les mécanismes d’accompagnement individualisé, d’améliorer le suivi des élèves en difficulté et de développer des alternatives éducatives adaptées aux réalités locales.
Les échanges ont également permis de faire le point sur les acquis de la phase pilote du PAI, engagée dans 66 collèges de proximité, ainsi que sur les perspectives de passage à l’échelle du dispositif. Cette dynamique d’extension progressive dans 400 collèges constitue l’un des enjeux majeurs du programme, avec pour ambition de renforcer durablement les actions de prévention et de lutte contre le décrochage scolaire des filles sur l’ensemble du territoire concerné.
Parmi les perspectives évoquées figure aussi la digitalisation progressive du système de gestion du PAI, pensée comme un outil devant permettre un suivi plus réactif et plus efficace des apprenants à risque. Une innovation appelée à accompagner le déploiement du dispositif à plus grande échelle et à faciliter l’exploitation des données de terrain pour une meilleure coordination des interventions.
L’atelier a également permis de revisiter certaines pratiques et de mettre en lumière les défis encore persistants, notamment les stéréotypes de genre, la fragilité de l’accompagnement familial, l’insuffisance des ressources de suivi ou encore la difficulté à assurer un accompagnement réellement individualisé face au nombre élevé d’élèves vulnérables.
Au-delà des présentations techniques, cette rencontre de Yamoussoukro aura surtout rappelé une conviction partagée par les participants. 𝐂𝐡𝐚𝐪𝐮𝐞 𝐞́𝐥𝐞̀𝐯𝐞 𝐦𝐚𝐢𝐧𝐭𝐞𝐧𝐮𝐞 𝐚̀ 𝐥’𝐞́𝐜𝐨𝐥𝐞 𝐫𝐞𝐩𝐫𝐞́𝐬𝐞𝐧𝐭𝐞 𝐮𝐧𝐞 𝐭𝐫𝐚𝐣𝐞𝐜𝐭𝐨𝐢𝐫𝐞 𝐩𝐫𝐞́𝐬𝐞𝐫𝐯𝐞́𝐞, 𝐮𝐧𝐞 𝐜𝐨𝐧𝐟𝐢𝐚𝐧𝐜𝐞 𝐫𝐞𝐬𝐭𝐚𝐮𝐫𝐞́𝐞 𝐞𝐭 𝐮𝐧𝐞 𝐩𝐨𝐬𝐬𝐢𝐛𝐢𝐥𝐢𝐭𝐞́ 𝐬𝐮𝐩𝐩𝐥𝐞́𝐦𝐞𝐧𝐭𝐚𝐢𝐫𝐞 𝐝’𝐚𝐯𝐞𝐧𝐢𝐫.
Les réflexions, observations et recommandations formulées au terme des travaux viendront alimenter le processus de consolidation du Plan d’Accompagnement Individualisé, en prélude au bilan national annoncé autour de cette initiative de prévention et de lutte contre le décrochage scolaire des élèves et en particulier celui des filles en Côte d’Ivoire.