20/08/2026
IMMERSION AU CŒUR DU PROCESSUS D'APPUI AUX POPULATIONS RIVERAINES DE LA RNMY
Sous l'ombrage des grands arbres et dans le calme des cours villageoises de Bettié, Kossonoukro, Biéby et Baïnkro, la parole a circulée, libre et engagée, les lundi 17 et mardi 18 août 2026.
Dans ces quatre localités riveraines de la Réserve naturelle de Mabi-Yaya (RNMY), la Direction de Zone Sud-Est a conduite une grande campagne de sensibilisation de proximité ayant permis d'expliquer les opportunités concrètes offertes par l’Avis à Manifestation d’Intérêt (AMI) du Projet MAKORÉ, financé par le 3ᵉ C2D via AFD - Agence Française de Développement.
L'étape initiale s'est tenue à Bettié sous la présidence de M. le Sous-préfet de Bettié VADJE CHRISTIAN TIBE, entouré du Colonel Fousseni, représentant le Directeur de Zone Sud-Est, du Commandant Ogou, Chef du Secteur Mabi, et du Commandant Kanga, Adjoint au Chargé des Mesures Riveraines.
La caravane s'est ensuite déportée à Kossonoukro, puis à Biéby et Baïnkro, maintenant la même ferveur et la même proximité avec les populations.
Prenant la parole devant des assemblées attentives, le Commandant Fabrice Ogou a rappelé, d'entrée de jeu, que la conservation de la Réserve naturelle de Mabi-Yaya repose sur une approche participative, associant pleinement les populations riveraines à la protection et à la gestion durable de l’aire protégée.
« Notre mission ne se résume pas qu’à la réalisation de patrouilles de surveillance. OIPR - Office Ivoirien des Parcs et Réserves est là pour aménager, valoriser et préserver ce patrimoine naturel à vos côtés. Protéger la forêt, c'est maintenir l'équilibre du climat et sécuriser les ressources en eau dont nous dépendons tous », a-t-il affirmé.
Le Commandant Ogou a expliqué le mécanisme de l'AMI du Projet MAKORE, articulé autour des activités génératrices de revenues (AGR) et des Infrastructures Sociales de Base (ISB). De plus amples informations ont été données sur certains aspects clés dont :
Diversité des projets éligibles : Les initiatives, individuelles comme collectives, peuvent couvrir l'agriculture durable, le maraîchage, l’élevage (volailles, ovins, porcins, petits ruminants), l’élevage non conventionnel, l’apiculture, l’héliciculture (escargots), l’agroforesterie ou la transformation des produits agricoles.
La notion de chaîne de valeur : Pour être viable, un projet de transformation (comme une unité de broyage de manioc) doit s'appuyer sur une production locale suffisante pour tourner durablement et créer de véritables emplois.
L'Ancrage local strict : Les activités proposées doivent être physiquement implantées dans la localité riveraine afin de dynamiser l'économie locale.
La culture de la responsabilité : L'exigence de la contribution de 5 % du coût du projet (en numéraire ou en nature) a été expliquée comme un gage d'engagement et d'appropriation du projet par le bénéficiaire.
Le parcours du dossier et contrôle : De la remise des fiches à la validation finale, les équipes procèderont à des vérifications rigoureuses sur le terrain pour apprécier la faisabilité technique, la disponibilité du site et l'implication réelle du porteur de projet.
À sa suite, le Commandant Kanga a apporté des précisions sur les modalités d’accompagnement de l’OIPR, en mettant notamment l’accent sur la nécessité de concevoir et de mettre en œuvre des projets économiquement viables, conciliant les impératifs de développement socioéconomique avec les exigences de préservation durable du massif forestier.
Le Colonel Fousseni, Représentant le Directeur de Zone Sud-Est, a réaffirmé la volonté des Gestionnaires de la RNMY de mobiliser des partenaires techniques et financiers en vue de promouvoir des alternatives socioéconomiques viables et durables au bénéfice des populations riveraines. Il a, à cet effet, invité les populations à s'informer davantage, à se rapprocher des personnes-ressources compétentes et à faire une large diffusion des différentes informations.
Tout au long des rencontres, les échanges ont également porté sur le financement des équipements collectifs prioritaires (éducation, santé, pompes hydrauliques) dans le cadre de la mise en place des Infrastructures Sociales de Base (ISB).
Les discussions ont, par ailleurs, permis de présenter les différents critères d’évaluation et de distinction des acteurs les plus engagés dans la conservation de la RNMY, dans le cadre du Prix vert 2026
Au fil des étapes, rythmées par des échanges interactifs et des remises de gadgets OIPR aux participants, les Gestionnaires ont démontré que la conservation de la RNMY constitue un formidable levier de développement durable pour l'ensemble des communautés riveraines.
M. le Sous-préfet de Bettié a, pour sa part, réaffirmé l’engagement et l'appui institutionnel de l'État en faveur de cette démarche participative et inclusive dans la gestion durable de la RNMY.