28/08/2026
DE LA CONFIANCE À L’ARNAQUE : LE PIÈGE TENDU À T.H.D.
La confiance est une valeur précieuse qui se construit avec le temps, mais qui peut être détruite en un instant lorsqu’elle est accordée à une personne mal intentionnée. Faire confiance, c’est accepter de se montrer vulnérable, de partager des informations et parfois même des émotions. Mais lorsque cette confiance tombe entre de mauvaises mains, les conséquences peuvent être lourdes : trahison, manipulation, escroquerie ou encore perte d’argent.
L’histoire qui suit en est une parfaite illustration.
T. H. D., commerçante, mène une vie bien remplie et vaque quotidiennement à ses occupations. Comme beaucoup, elle utilise les réseaux sociaux pour se détendre et passe régulièrement du temps à faire défiler les publications sur Facebook.
Un soir, alors qu’elle navigue sur la plateforme, elle reçoit un message sur Messenger d’un inconnu. Elle lui répond. Au fil des échanges, une relation de confiance s’installe progressivement. L’inconnu devient un ami, puis un confident, jusqu’à occuper une place importante dans son quotidien.
Au cours de leurs conversations, l’homme se présente comme un homme d’affaires établi dans un pays de la sous-région. Il lui annonce avoir expédié un colis à son intention, contenant notamment une carte bancaire créditée de 17 000 000 millions francs CFA, un téléphone portable et des bazins, par l’intermédiaire d’une société d’import-export.
Ravie de cette attention, T. H. D. le remercie.
Quelques jours plus t**d, elle reçoit l’appel d’une femme qui se présente comme une agente de ladite société. Celle-ci lui explique que son colis est bloqué et qu’elle doit s’acquitter de frais afin de permettre sa libération.
Faisant confiance à son interlocuteur, T. H. D. effectue un premier transfert d’argent. Mais l’histoire ne s’arrête pas là. À plusieurs reprises, de nouvelles personnes, se présentant tantôt comme des agents de la société, tantôt comme des agents des douanes, lui réclament d’autres frais.
À bout et toujours sans nouvelles de son colis, T. H. D. fait part de ses inquiétudes à son prétendu ami. Celui-ci tente alors de la rassurer et lui promet de lui rembourser l’ensemble des sommes déjà engagées.
Mais le doute s’est désormais installé. En rassemblant les différents éléments,T. H. D. comprend qu’elle est victime d’une escroquerie. Elle saisit alors la Police de Lutte contre la Cybercriminalité (PLCC).
Une enquête est immédiatement ouverte. Les investigations menées permettent d’identifier et d’interpeller N. K. Y.
Lors de son audition, ce dernier nie toute implication dans l’arnaque dont T. H. D. a été victime. Il explique être gérant d’une cabine téléphonique et affirme avoir vendu des cartes SIM aux nommés Éphémères et Narcisse, qu’il connaissait. Selon ses déclarations, après leur départ dans leur pays d’origine, ces personnes lui auraient demandé de créer à distance des comptes WhatsApp à l’aide des numéros qu’ils avaient achetés.
N. K. Y. affirme toutefois ne pas avoir su que ces comptes seraient utilisés à des fins d’escroquerie.
Interrogé sur son éventuel agrément pour la vente de cartes SIM ainsi que sur sa connaissance de l’interdiction de transmettre à distance des numéros de téléphone et des codes de validation WhatsApp, pratiques susceptibles de constituer une infraction pénale, il répond par la négative.
Les dénommés Éphémères et Narcisse sont activement recherchés, et leur interpellation fera l’objet d’une communication ultérieure.
Pour conclure, N. K. Y. a été présenté devant le Parquet du Pôle Pénal Économique et Financier pour des faits d’utilisation frauduleuse d’éléments d’identification de personnes physiques et d’escroquerie, portant sur un préjudice financier estimé à 23 000 000 de francs CFA. Ces faits constituent des infractions prévues et réprimées par les articles 19 et 25 de la loi n° 2013-451 du 19 juin 2013 relative à la lutte contre la cybercriminalité, ainsi que par l’article 61 du Code pénal.