10/04/2026
La Tribune du Président
RÉVISION CONSTITUTIONNELLE : NOUS AVONS LES DIRIGEANTS QUE NOUS MÉRITONS
Je vais commencer ce propos par un adage juridique très populaire : « Nul ne peut se prévaloir de sa propre turpitude ». Ce principe, d’une puissance redoutable, résume parfaitement la situation du peuple camerounais.
Par : Ibrahim Yiché, Président du Parti Action
En effet, ce qui se passe aujourd’hui au sein du Parlement camerounais n’est pas seulement regrettable : c’est à la fois illégitime et profondément honteux, car cela étrangle les avancées démocratiques qu’a connues notre pays jusqu’ici. Dans une République qui se veut démocratique, on ne peut conférer à un individu, fût-il Chef de l’État, le pouvoir absolu de désigner unilatéralement son successeur, au mépris du vote populaire. Tel est pourtant le scénario qui semble se dessiner à l’horizon.
Mais il faut aussi avoir l’honnêteté de le reconnaître : la révision constitutionnelle en cours, ainsi que la création du poste de Vice-président, dont le destin politique semble déjà tracé, à savoir remplacer M. Biya dans les prochaines semaines à la tête du pays, constituent un acte légal au regard de la loi camerounaise. Nul besoin de rappeler qu’un pays se gouverne par les lois. Ce projet a été adopté par notre Parlement, détenteur du pouvoir de légiférer. C’est donc une bataille perdue pour le peuple souverain. Mais rien n’est définitivement joué.
Il revient désormais au peuple souverain de tirer les leçons de cette situation et de dire : plus jamais ça ! Le véritable combat est celui de l’émergence de parlementaires qui défendent réellement les populations dont ils sont les représentants. La prochaine élection législative sera donc le match retour.
Si les Camerounais âgés de plus de 20 ans partagent mon opposition à la dérive monarchique qui se profile, alors une seule voie s’impose : s’inscrire sur les listes électorales et voter pour des candidats crédibles lors des prochaines législatives. La meilleure manière de s'opposer à cette révision tendancieuse et opportuniste de notre constitution est de renvoyer tous les parlementaires qui l'ont adopté au quartier lors des prochaines élections. Voilà la véritable démarche citoyenne et républicaine. Tout le reste n’est que lamentation contre-productive.
Ibrahim Yiché
Président du Parti Action