09/06/2026
De : Le Collectif des Diplômés de la NASLA
À : Monsieur le Ministre de la Décentralisation et du Développement Local (MINDDEVEL)
Objet : Droit de regard et clarifications suite à l'émission Présidence ACTU du 08 juin 2026
Monsieur le Ministre,
L’Association des Diplômés de la National School of Local Administration (NASLA) a suivi avec une attention toute particulière votre intervention lors de l’émission Présidence ACTU, diffusée hier, lundi 08 juin 2026 à 21h30 sur les antennes de la CRTV.
En tant que principaux bénéficiaires et acteurs de cette grande ambition présidentielle, vos propos ont suscité au sein de notre corporation une vive inquiétude et une profonde nécessité de clarification. Mettre en parallèle, comme vous l'avez fait, la NASLA et les facultés universitaires standards apparaît à nos yeux comme un contresens technique. Cette approche semble minimiser l'ingénierie d'État et les lourds sacrifices consentis par les étudiants et leurs familles.
Pour nous, la NASLA n’est pas une institution universitaire classique ; elle constitue le véritable bras armé de la Décentralisation au Cameroun. Comment concevoir que cette École Nationale d'Administration dédiée, voulue par le Chef de l'État pour être le fer de lance de la refondation de nos territoires, soit ainsi assimilée à un cursus généraliste ?
1. La spécificité d'une formation d'élite.
Il existe une réalité structurelle et financière qu’il convient de rappeler. Les professionnels formés à la NASLA supportent des frais de scolarité nettement supérieurs à ceux d'un parcours académique standard. Cet investissement massif des familles repose sur la confiance accordée aux institutions et aux décrets présidentiels qui encadrent l'école.
Contrairement aux facultés qui dispensent des savoirs essentiellement théoriques, la NASLA est la seule institution publique camerounaise conçue exclusivement pour former des praticiens de l'action locale. Les profils y sont clairement définis :
- Cadres Supérieurs
- Cadres Moyens
- Agents de l'Administration Locale
Ces diplômés ne sortent pas d'un amphithéâtre avec des concepts abstraits. Ils maîtrisent parfaitement l'organisation des services d’une Collectivité Territoriale Décentralisée (CTD), la liquidation des finances locales, le montage des budgets-programmes, l’urbanisme réglementaire et la rédaction administrative.
Se passer de ces compétences au profit de recrutements communaux discrétionnaires ou non spécialisés constituerait un recul managérial majeur pour nos communes et régions. Pour gérer efficacement nos territoires, l'éthique publique et la maîtrise des procédures administratives sont indispensables.
2. La valorisation de l'investissement de l'État et de l'Ethos Militaire
Un autre point crucial de votre intervention mérite attention :
La formation militaire dispensée à la NASLA. L’État camerounais investit des ressources publiques importantes pour transmettre à cette jeunesse les valeurs de discipline, le sens du sacrifice républicain, les techniques de défense et le respect des symboles de la patrie.
Dès lors, Monsieur le Ministre, quel est l'objectif si ces cadres ultra-compétents et rigoureusement formés se retrouvent marginalisés sur le marché de l'emploi ? Ne pas encadrer l'intégration de ces diplômés au sein des effectifs des communes et des régions risque de transformer une initiative présidentielle porteuse d'avenir en un facteur de frustration sociale.
Indiquer, comme vous l'avez soutenu hier soir, que le marché doit simplement « se réguler » en fonction du temps envoie un signal décourageant à une jeunesse qui a mis sa foi dans les promesses de la décentralisation portées par le Chef de l'État, S.E. Paul Biya. Les lauréats de la NASLA aspirent légitimement à un statut et à une reconnaissance comparables à ceux des diplômés de l'ENAM, car ils portent le chantier le plus crucial de la décennie : le développement local.
3. L'appel à l'action de l'Association
Monsieur le Ministre, votre message a été entendu par l'ensemble des diplômés. Face au risque de voir l'excellence de la NASLA diluée dans des arbitrages politiques locaux, il appartient désormais à notre association et à l'ensemble des cadres de se mobiliser pour l'avenir de notre corporation.
Notre démarche n'est pas de solliciter des faveurs, mais de revendiquer un statut adapté et protecteur pour les diplômés.
La décentralisation politique doit impérativement s'appuyer sur une décentralisation technique, portée par des professionnels formés, qualifiés et prêts à servir. Les cadres légitimes de l'administration locale sont disponibles. À l'instar d'autres grands corps de l'État, l'Association des Diplômés de la NASLA mènera désormais une action collective, structurée et républicaine pour que notre expertise soit pleinement intégrée dans l'avenir de nos régions et de nos communes.
La refondation de nos territoires ne se fera pas sans ses cadres légitimes.
En espérant que la voix des bâtisseurs de l'ombre de nos CTD sera entendue, veuillez agréer, Monsieur le Ministre, l'expression de notre très haute considération républicaine.
Fait à Buea, le 09 juin 2026
Pour le Collectif et le Président Exécutif,
Le Collectif des Diplômés de la NASLA
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**From:** The Collective of NASLA Graduates
**To:** The Minister of Decentralization and Local Development (MINDDEVEL)
**Subject:** Right of oversight and clarifications following the broadcast "Présidence ACTU" of June 8, 2026
**Mr. Minister,**
The Association of Graduates of the National School of Local Administration (NASLA) has followed with particular attention your intervention during the program "Présidence ACTU," broadcast yesterday, Monday, June 8, 2026, at 9:30 PM on CRTV channels.
As the primary beneficiaries and actors of this great presidential ambition, your remarks have sparked within our association serious concern and a profound need for clarification. Drawing a parallel, as you did, between NASLA and standard university faculties appears to us as a technical misunderstanding. This approach seems to minimize state engineering and the heavy sacrifices made by students and their families.
For us, NASLA is not a conventional academic institution; it constitutes the true armed wing of Decentralization in Cameroon. How can it be conceived that this dedicated National Administration School, intended by the Head of State to be the spearhead of the rebuilding of our territories, is thus assimilated to a generalist curriculum?
**1. The specificity of an elite training**
There is a structural and financial reality that must be recalled. Professionals trained at NASLA bear tuition fees significantly higher than those of a standard academic path. This massive investment by families rests on the trust placed in institutions and the presidential decrees that govern the school.
Unlike faculties that dispense essentially theoretical knowledge, NASLA is the only Cameroonian public institution designed exclusively to train practitioners of local action. The profiles there are clearly defined:
- Senior Executives
- Middle-Level Executives
- Local Administration Officers
These graduates do not leave a lecture hall with abstract concepts. They perfectly master the organization of services within a Decentralized Territorial Collectivity (LRA), local financial liquidation, program-based budgeting, regulatory urban planning, and administrative drafting.
Foregoing these competencies in favor of discretionary or non-specialized municipal recruitment would constitute a major managerial setback for our communes and regions. To effectively manage our territories, public ethics and mastery of administrative procedures are indispensable.
**2. Valuing the State's investment and the Military Ethos**
Another crucial point of your intervention deserves attention: the military training provided at NASLA. The Cameroonian state invests significant public resources to instill in these young people the values of discipline, a sense of republican sacrifice, defense techniques, and respect for national symbols.
Therefore, Mr. Minister, what is the objective if these ultra-competent and rigorously trained executives find themselves marginalized in the job market? Failing to structure the integration of these graduates into the staff of communes and regions risks transforming a promising presidential initiative into a factor of social frustration.
Stating, as you argued last night, that the market must simply "regulate itself" according to time sends a discouraging signal to a youth that placed its faith in the promises of decentralization carried by the Head of State, H.E. Paul Biya. NASLA laureates legitimately aspire to a status and recognition comparable to those of ENAM graduates, for they carry the most crucial project of the decade: local development.
**3. The Association's call to action**
Mr. Minister, your message has been heard by all graduates. Faced with the risk of seeing NASLA's excellence diluted in local political arbitrations, it is now up to our association and to all executives to mobilize for the future of our profession.
Our approach is not to beg for favors, but to demand an adapted and protective status for graduates.
Political decentralization must imperatively rely on technical decentralization, carried by trained, qualified professionals ready to serve. The legitimate executives of local administration are available. Following the example of other major state corps, the Association of NASLA Graduates will henceforth lead a collective, structured, and republican action so that our expertise is fully integrated into the future of our regions and communes.
The rebuilding of our territories will not happen without its legitimate executives.
Hoping that the voice of the behind-the-scenes builders of our LRAs will be heard, please accept, Mr. Minister, the expression of our highest republican consideration.
Done at Buea, on June 9, 2026
For the Collective and the Executive President,
The Collective of NASLA Graduates