27/08/2026
🚨 DES CAMÉRAS, OUI. MAIS POUR QUELS RÉSULTATS ?
Une tentative de cambriolage dans une habitation de Baho qui, heureusement, n'a pas abouti.
Hier, un nouvel événement dans le quartier des « Oiseaux » : une personne serait entrée au domicile d'une dame âgée, lui aurait dérobé sa carte bancaire avant de prendre la fuite à bord d'un véhicule noir.
Une nouvelle fois, une question se pose.
À quoi servent réellement toutes les caméras installées dans notre commune si elles permettent seulement de regarder ce qu'il s'est passé une fois que tout est terminé ?
Monsieur le Maire met régulièrement en avant le nombre de caméras présentes à Baho. Mais le nombre ne fait pas l'efficacité.
Installer des caméras peut être utile. Elles peuvent aider à identifier, comprendre et enquêter. Mais la vidéoprotection ne peut pas être présentée comme LA réponse à l'insécurité si elle n'est pas accompagnée de moyens permettant d'anticiper, d'intervenir et d'agir rapidement.
Parce que filmer un problème n'empêche pas le problème.
Et regarder les images après les faits ne rendra jamais à une personne âgée le sentiment de sécurité qu'elle avait chez elle.
Nous l'avons déjà dit et nous continuerons à le dire : la sécurité ne doit pas être une bataille de chiffres ou de communication. Elle doit produire des résultats.
Alors, à quoi ressemblerait une politique de sécurité qui fonctionne réellement à Baho ?
Nous sommes une commune de 3 300 habitants, avec un seul agent de police municipale et aucune patrouille organisée. C'est cette réalité qu'il faut regarder en face, plutôt que de se contenter d'additionner des caméras. Voici les pistes que nous portons :
👉 Une convention de coordination renforcée avec la gendarmerie. Ce document, obligatoire dès qu'une commune a de la police municipale, doit fixer des horaires de passage ciblés sur les zones et créneaux à risque (comme le quartier des Oiseaux), pas rester une formalité administrative.
👉 Une police municipale mutualisée avec les communes voisines. Un agent seul ne peut pas assurer de présence continue.
Comment peut-on refuser la mutualisation lorsque l’on sait qu’une majorité des communes avoisinantes y a adhéré et que l’efficacité du dispositif est prouvé.
👉 Un centre de supervision qui regarde en temps réel, pas seulement après coup. Des caméras reliées à un poste de vidéo-verbalisation ou à la gendarmerie, avec des alertes automatiques (mouvement, plaque suspecte), changent tout : on passe de l'archive à l'alerte.
👉 Un dispositif de type « participation citoyenne » agréé et encadré par la gendarmerie, pour organiser la vigilance de voisinage sans laisser les habitants livrés à eux-mêmes ni verser dans la milice de fait.
👉 Un plan lumière et un réaménagement des points noirs (haies, recoins, accès isolés) dans les quartiers les plus exposés : la prévention situationnelle coûte souvent moins cher qu'une caméra et agit en amont.
👉 Un registre et un accompagnement dédiés aux personnes âgées isolées (téléassistance, visites régulières, numéro d'alerte direct), pour que les plus vulnérables ne soient pas les oubliés de cette politique.
👉 Un Conseil intercommunal de sécurité et de prévention de la délinquance (CISPD), réunissant élus, gendarmerie, bailleurs et travailleurs sociaux, pour que les décisions ne se prennent plus en silo.
La vidéoprotection doit être un outil parmi d'autres, pas une politique de sécurité à elle seule.
Nous ne prétendons pas avoir une solution miracle. Mais nous sommes convaincus d'une chose : si nous voulons que Baho reste une commune où chacun peut se sentir en sécurité, il faut arrêter de simplement constater les problèmes et commencer à construire, ensemble, de vraies solutions d'action.
Nous demandons que ces pistes soient inscrites à l'ordre du jour d'un prochain conseil municipal.
La sécurité ne se mesure pas au nombre de caméras.
Elle se mesure aux résultats.