23/03/2026
Chers Coësmois,
Je tiens à vous exposer de manière complète et transparente le déroulement des faits qui ont conduit à ma démission dès le premier conseil municipal. Tous les éléments sont ici, sans omission ni modification.
J’ai rejoint la liste Coësmes Avenir avec mon mari le 21 février 2026. J’ai rencontré l’équipe ce même jour. Tout s’est enchaîné très vite et j’ai été volontaire pour être tête de liste.
Évidemment, une fois l’euphorie passée, les doutes sont arrivés dans la nuit : est-ce vraiment gérable ? Puis-je concilier ma vie de famille avec la mairie ? J’avais déjà pleinement conscience de la taille de l’investissement que nécessite le poste de maire.
Le dimanche matin, j’ai exprimé mes craintes sur le groupe WhatsApp, le timing étant très serré pour le dépôt de liste. Une tête de liste a donc été choisi que personne ne connaissait sauf moi et que l’équipe n’avait jamais rencontré.
Le lundi, je suis allée chez la tête de liste avec la personne à l’initiative de la liste pour qu’ils se rencontrent. J’ai alors réaffirmé ma disponibilité pour reprendre la tête. Elle a refusé.
Le mardi, constatant que la tête de liste ne fournissait aucun travail, j’ai appelé une personne très impliquée pour lui dire que cela ne pouvait pas continuer ainsi. Il m’a suppliée de rester. Le soir, en réunion, la tête de liste n’a ni pris la parole ni accepté de se présenter à l’équipe. Juste après son départ, une discussion a émergé : « elle n’a pas les épaules », et si la liste passait, je serais élue maire.
Le mercredi 25 février, ce même colistier m’a écrit : « prépare-toi, si notre liste passe tu seras maire ». J’ai alors continué à porter la campagne : réseaux sociaux, professions de foi, affiches, animation des réunions… Le travail accompli en si peu de jours a été considérable.
Dès le dépôt de la liste, des habitants sont venus chez moi dire que ce n’était pas possible… Lors du porte-à-porte et en discrétion, nous disions tous : votez la liste, le maire sera élu au premier conseil.
Le 6 mars, cette personne qui m’avait supplié de rester m’a annoncé vouloir prendre la tête car « toute la liste le voulait ». En réunion publique, j’ai constaté que la plupart des colistiers n’étaient pas au courant. La tête de liste s’est très peu exprimée ; un colistier et moi avons animé la réunion. J’ai apaisé plusieurs tensions, mais j’étais mal à l’aise face à des interventions coupées ou ignorées.
À la fin, plusieurs personnes m’ont dit qu’ils me verraient très bien maire. J’ai répondu en souriant qu’il fallait voter la liste et que le maire serait choisi au conseil.
Les échos ont vite circulé dans Coësmes. Beaucoup d’habitants me voyaient bien à la tête pour ma posture, mon écoute et ma façon de m’exprimer.
En interne, il a été décidé de ne rien dire publiquement par peur de la réaction des habitants, malgré notre discours sur la transparence. J’ai rappelé que c’était légal et prévu par le code électoral, mais ils préféraient que cela reste secret.
Le 8 mars, nouvelle réunion : la tête de liste a confirmé ne plus vouloir la tête. Choix entre deux colistiers, sans consensus. Vote à bulletin secret fixé au 12 mars. J’ai été choisie 13 voix contre 2. Nous avons convenu que c’était définitif.
Il a été demandé à mon mari de démissionner pour libérer une place. Il a proposé d’attendre un peu pour vérifier les volontés et sécuriser la liste. Cela n’a pas été écouté. De plus, nous ne savions même pas encore si nous serions élus.
Le 15 mars, victoire. Fête chez moi : la tête de liste a encore confirmé devant témoins qu’elle ne voulait pas être maire.
Le 17 mars, message WhatsApp de la tête de liste : changer serait illégal et fâcherait la population. J’ai rappelé que c’était légal. Le soir, réunion adjoints/commissions que j’ai préparée et présidée. Tout confirmé comme prévu.
Nouvelle pression sur mon mari pour démissionner. Sentiment croissant de ne pas être écoutée. Le mercredi matin, j’ai dit que je ne pouvais pas continuer ainsi. On m’a demandé de supprimer le message. Je l’ai fait et nous avons poursuivi.
Le 20 mars, rendez-vous de 2h avec la DGS (qui savait que j’allais être maire). Beaux échanges, projets pour le bien-être des agents présentés. J’ai partagé les conclusions sur le groupe adjoints et tenté un appel avec la DGS de la com com (reporté car portes ouvertes école où je suis déléguée parents).
Le 21 mars, arrivée anticipée en mairie pour point DGS et maire sortant. 5 minutes avant le conseil : annonce que la tête de liste sur CERFA se présentait finalement, et le complot organisé dans mon dos pour faire voter en ce sens, en répétant que les habitants seraient fâchés.
Vous avez maintenant tous les éléments pour comprendre ma démission immédiate. Malgré tous les projets que je voulais porter pour Coësmes, il m’est impossible de travailler avec des personnes qui ne sont pas honnêtes.
J’ai également démissionné parce que les intentions affichées ne correspondaient pas à la réalité. Lorsque l’on prône la transparence, cela doit s’appliquer dès le début : avec ses colistiers d’abord, et avec la population ensuite. Ce n’est pas une valeur que l’on invoque seulement quand cela arrange ; c’est un engagement constant, ou ce n’en est pas un.
Dès le samedi après-midi, j’ai emmené mes enfants en promenade à l’étang où j’ai rencontré des habitants de Coësmes, certains des amis, et aussi des membres de la liste Coësmes Unis et Engagés. Nous avons échangé longuement sur ce qui venait de se passer.
Hier matin, mon mari a eu un échange courtois avec l’un des membres influents de la liste. Celui-ci a exprimé des regrets sincères et a reconnu avoir commis une erreur grave. Il a précisé que cette prise de conscience est intervenue au cours du premier conseil municipal, en constatant la façon dont les choses se sont déroulées en fin de séance. Il a avoué ne pas avoir imaginé que je démissionnerais réellement. Mon mari lui a expliqué calmement qu’il fallait se mettre à ma place : après un tel revirement organisé dans mon dos, il était inconcevable de poursuivre une collaboration sereine. Son interlocuteur a indiqué avoir pleinement compris ce point de vue.
Je tiens à remercier chaleureusement toutes les personnes qui m’ont contactée ces derniers jours : par messages, appels, ou en me croisant dans le village. Votre compréhension, votre indignation partagée, votre bienveillance et les mots de soutien que vous m’avez adressés m’ont profondément émue et portée. Merci aussi aux membres non élus de la liste Coësmes Avenir qui ont été choqués comme moi, ainsi qu’aux membres de la liste de Coësmes Unis et Engagés pour leur solidarité inattendue et leurs échanges constructifs. Ces marques d’humanité me rappellent pourquoi j’aime tant notre commune.
De mon côté, je tourne la page et je clôture cette histoire.
Océane Oglialoro