26/06/2026
Conseil communautaire du 25 juin : des attaques personnelles, des esquives… mais une opposition qui continue de défendre l'intérêt général
Le conseil communautaire du 25 juin a été marqué par plusieurs échanges qui en disent long sur le fonctionnement de notre agglomération. Au-delà des nombreuses délibérations examinées, certains moments ont révélé une difficulté persistante de l'exécutif à répondre sur le fond aux questions posées par l'opposition.
Une attaque personnelle plutôt qu'un débat sur le fond
Le président François Durovray s'est montré particulièrement virulent à l’encontre de François Damerval à la suite de la mobilisation que nous avons lancée après son désormais célèbre lapsus qualifiant la piscine Caneton de piscine « en fin de vie » lors du précédent conseil communautaire.
Plutôt que de revenir sur le fond de ses propos, il a choisi d'en rajouter une couche en comparant la piscine Caneton à « une voiture qui aurait 450 000 kilomètres ».
Cette comparaison en dit finalement beaucoup.
Une piscine publique n'est pas une voiture que l'on remplace lorsqu'elle devient trop ancienne. C'est un équipement structurant, où près de 3 000 enfants apprennent chaque année à nager, où les clubs sportifs s'entraînent, où les seniors pratiquent une activité physique indispensable et qui constitue également un refuge précieux lors des épisodes de fortes chaleurs.
Si certains considèrent que les débats communautaires doivent être parfaitement policés, sans contradiction ni ironie, ce n'est pas notre conception du mandat qui nous a été confié. Défendre l'intérêt général, c'est aussi interpeller lorsque des déclarations suscitent une inquiétude légitime chez les habitants. Nous continuerons donc à le faire.
Les groupes politiques : une question démocratique qui reste entière
Nous avons également interrogé le président sur la constitution des groupes politiques au sein du conseil communautaire.
Cette question avait été déposée plusieurs jours avant l'annonce par Nicolas Dupont-Aignan de son boycott des instances communautaires. Elle n'avait donc aucun lien avec cette actualité.
Pour autant, elle prend aujourd'hui une dimension encore plus importante.
À l'heure où partout en France se pose la question du cordon sanitaire face à l'extrême droite, il est indispensable que les habitants sachent clairement quelles sont les majorités politiques qui gouvernent leurs collectivités et quelles alliances les composent.
Là encore, le président s'est dérobé. La réponse a été simple : la majorité ne souhaite pas se constituer en groupe politique.
Dont acte.
Notre groupe, lui, a fait le choix inverse en se constituant officiellement sous le nom d'Union de la Gauche, des Écologistes et des Citoyens (UGEC), parce que nous considérons que la transparence politique est une exigence démocratique.
Une réponse préoccupante sur la protection des enfants
Nous avons également interrogé l'exécutif sur la prévention des violences sexuelles et sexistes, en particulier celles commises sur les enfants accueillis dans les équipements communautaires. Notre question portait sur les procédures de recueil de la parole des victimes, la formation des agents et des personnels des délégataires, ainsi que les actions engagées pour faire de cette lutte une véritable priorité transversale.
La réponse nous a laissés particulièrement perplexes. Au détour de son intervention, il nous a notamment été répondu, de mémoire, qu'« on allait essayer de ne pas attendre quatre ou cinq ans avant que le personnel soit formé sur ce sujet ».
Si cette phrase se voulait rassurante, elle produit malheureusement l'effet inverse. La protection des enfants et la prévention des violences sexuelles ne peuvent pas être renvoyées à un horizon aussi lointain. Les collectivités ont aujourd'hui une responsabilité majeure en matière de prévention, de formation et de protection. Sur un sujet aussi grave, nous attendons des engagements immédiats et des actions concrètes.
Géothermie : toujours la même absence de vision globale
Autre moment révélateur de la soirée : les échanges sur la géothermie.
Nous intervenions pourtant sur un sujet extrêmement concret : la nécessité d'une véritable coordination des travaux entre les différents gestionnaires de réseaux – eau, assainissement, gaz, électricité, télécommunications, réseaux de chaleur et voirie – afin d'éviter d'ouvrir plusieurs fois les mêmes rues.
Cette coordination permettrait pourtant de réduire les coûts pour la collectivité, de limiter les nuisances pour les riverains, de préserver durablement nos voiries et d'améliorer la gestion de notre patrimoine public.
La réponse de Sylvie Carillon est malheureusement complètement passée à côté de cette problématique. La question portait sur la gouvernance des travaux publics et la nécessité d'anticiper les grands chantiers liés à la transition énergétique.
Il faudra pourtant bien un jour sortir d'une logique où chaque concessionnaire intervient successivement sur les mêmes chaussées, au détriment des finances publiques, de l'état de nos voiries et du quotidien des habitants. Une véritable coordination des gestionnaires de réseaux permettrait pourtant de réaliser des économies importantes et d'améliorer durablement le patrimoine communautaire.
Une opposition force de propositions
Au-delà de ces échanges politiques, notre groupe est intervenu tout au long de la soirée sur les principaux dossiers.
Nous avons voté contre le nouveau règlement budgétaire et financier, estimant qu'il privilégie les procédures comptables sans fixer de véritable stratégie d'investissement face aux défis climatiques, énergétiques et patrimoniaux.
Nous avons dénoncé une vision budgétaire excessivement prudente qui retarde les investissements indispensables alors que notre territoire doit accélérer son adaptation au changement climatique.
Nous avons également proposé une tarification sociale et écologique de l'eau afin de mieux protéger les ménages tout en encourageant les économies de cette ressource devenue plus précieuse que jamais.
Concernant les piscines, nous avons rappelé que les investissements énergétiques devaient être accélérés, demandé une réflexion sur les modes de gestion des équipements, insisté sur le développement de partenariats pour former et fidéliser les maîtres-nageurs et regretté l'absence de données précises sur les publics qui fréquentent réellement ces équipements.
Nous avons également alerté sur les conséquences de la fermeture estivale des piscines de Draveil et de Vigneux-sur-Seine, alors même que l'espace baignade du Port aux Cerises reste fermé. Dans un territoire traversé par la Seine et l'Yerres, où les épisodes de fortes chaleurs se multiplient, garantir l'apprentissage de la natation est un véritable enjeu de santé publique et de prévention des noyades. Nous avons demandé un plan d'investissement clair pour les équipements aquatiques ainsi qu'une stratégie ambitieuse de recrutement et de formation des maîtres-nageurs.
Nous avons enfin défendu une vision plus ambitieuse de la démocratie locale en proposant plusieurs amendements pour renforcer le futur Conseil de développement : davantage de représentativité, plus de transparence dans la désignation de ses membres, une véritable capacité d'auto-saisine et une continuité entre les mandats. Ces propositions ont malheureusement toutes été rejetées.
Notre cap reste le même
Les débats d'hier confirment une chose : nous ne concevons pas notre rôle comme celui d'une opposition silencieuse ou d'accompagnement.
Notre responsabilité est de poser les questions qui dérangent, d'alerter lorsqu'il le faut, de proposer des solutions et de défendre les intérêts des habitantes et des habitants, même lorsque cela bouscule les habitudes.
C'est précisément pour cela que nous avons été élus, et c'est ce que nous continuerons à faire tout au long de ce mandat.
Union Citoyenne de Vigneux
Montgeron en Commun
Crosne en Commun
Brunoy Verte et Solidaire
Yerres 2026, la gauche rassemblée
Union citoyenne de Quincy
Nanou Bloser