11/08/2026
Les Soeurs diaboliques (1984, Michel Ricaud)
Dans d'autres films à suivre, j'aurai l'occasion de reparler de Michel Ricaud qui reste selon moi le réalisateur le plus ébouriffant de la décennie 80-90. Son décès accidentel en 1993 a, je pense, changé beaucoup de choses dans la manière de faire des films X. Au même titre que Barny, Kikoïne, Lansac, il était un réalisateur qui, au milieu des scènes explicites, aimait cependant "faire du cinéma". Ceci dit les tentatives artistiques ne sont pas toujours finement concluantes : pour sa défense (et celle de ses confrères), les acteurs et actrices (dont les voix ne sont pas toujours doublées) n'ont suivi aucune formation en comédie et dans Les Soeurs diaboliques, cela se voit et s'entend particulièrement ! Pourtant, sur le papier, le sujet et le contexte du film paraissent franchement intéressants : deux soeurs allemandes, durant la période troublée de 1939, ont fui le régime n**i et se sont installées en France. Petit problème pour elles : comment obtenir la nationalité française ? Elles font alors la rencontre d'un jeune avocat, véreux ô possible, qui propose comme solutions d'épouser deux vieux bonshommes plutôt riches et en santé précaire : l'un est tuberculeux, l'autre est hépathique. Après avoir gentiment profité des deux petites donzelles, l'avocat solde l'affaire avant de fomenter un plan encore plus machiavélique : inciter les souffrants maris à signer une assurance-vie en faveur de leur dame respective. On notera au passage que les deux soeurs - même soeurs - ne se refusent pas une petite relation très très intime. On ressent très vite, sans évoquer un manque de rythme, que ce film va partir en live. Les ébats avec les maris avant la sentence fatale restent le moment de plus réjouissant du film. Ensuite leur fieffé avocat et ses deux complices sans scrupules vont monter un bo**el pour écouler les fonds mal-acquis. Ce passage s'étire un peu trop en longueur à mon avis. Puis, cerise sur le gâteau, aux fins de récupérer subrepticement un bel appartement, l'avocat, planqué derrière un paravent durant la visite, fait irruption avec une carabine et abat un homme et une femme, avant de plonger les corps dans une baignoire remplie d'acide. On y voit d'ailleurs des morceaux se décomposer (bienvenue dans un pseudo univers à la Franco !) Pendant ce temps les trois malandrins, masque à gaz sur le visage, lutinent dans la salle de bains tandis que la décomposition opère (vous avez dit, n'importe quoi ?) Pour aller au bout de la démonstration du zéro morale de cette histoire, nous passerons très vite sur l'accueil d'une jeune mourante à leur domicile qui, après avoir été comblée sous l'effet d'un euphorisant, est empoisonnée par la suite. Bon, bref... Un drôle de film tout de même, j'avoue avoir passé de meilleurs moments en compagnie de Michel Ricaud sur des intrigues moins ambitieuses et des images beaucoup plus lumineuses et des acteurs plus charismatiques. Mention spéciale malgré tout à Nathalie Jouffort, très mauvaise actrice lors des scènes "normales" mais terriblement sexy dans l'effort ! Et chose très rare dans un film X, une superposition de deux scènes qui se déroulent au même moment dans deux pièces mitoyennes.
Quelques extraits en photo de ce film sur la page de mon blog :
J'ai découvert le cinéma X lorsque j'avais 17 ans, par le biais de Canal Plus, qui diffusait alors un film par mois, notamment le premier samedi de chaque mois à partir de minuit. 40 ans plus t**d, cet intérêt pour ce cinéma ne m'a jamais quitté. Ses...