30/09/2026
Vous ne trompez personne
Ce n’est pas la première fois.
À chaque nouvelle publication de Mediapart, certains s’empressent de parler d’une « enquête très sérieuse », comme si cette formule suffisait à transformer des accusations journalistiques en faits établis.
Mais au fond, que vaut cette expression ?
C’est un peu comme si un salarié arrivait devant son employeur en déclarant : « J’ai très, très bien travaillé. »
Peut-être. Mais le simple fait de l’affirmer ne suffit pas à le démontrer. Le travail doit encore être examiné, vérifié et confronté aux résultats.
Pour une enquête journalistique, le principe devrait être le même.
Dire et répéter qu’une enquête est « très sérieuse » ne démontre pas que toutes ses conclusions sont exactes. Le sérieux ne se décrète pas : il se vérifie.
Une enquête de presse n’est ni un jugement, ni une condamnation, ni une vérité judiciaire. Mediapart lui-même a déjà fait l’objet de condamnations définitives, même si le média a également remporté de nombreuses procédures engagées contre lui.
À force de présenter chaque accusation comme une révélation incontestable, la défiance s’installe. Une partie des Français ne se contente plus d’un titre, d’une formule ou de l’autorité supposée d’un média : elle demande des faits, des preuves et du contradictoire.
À ceux qui relaient immédiatement ces publications en répétant qu’il s’agit d’une « enquête très sérieuse » :
Vous ne trompez personne.
Répéter une accusation ne la transforme pas en preuve. La multiplier sur les plateaux, dans les médias ou sur les réseaux sociaux ne la transforme pas davantage en vérité.
Informez. Enquêtez. Apportez les preuves. Respectez le contradictoire.
Je suis élu, évidemment, mais je suis avant tout un citoyen. Et comme citoyen, je ne suis pas dupe.
Je ne peux plus entendre les mêmes formules utilisées comme des arguments d’autorité. Je refuse cette mécanique qui consiste, selon moi, à répéter suffisamment une accusation pour qu’elle finisse par être perçue comme une vérité.
Ces méthodes ne datent pas d’hier. Elles alimentent depuis des décennies les critiques sur les rapports entre médias, pouvoir et opinion publique.
Le doute n’est pas un déni. Le contradictoire n’est pas une attaque contre la presse. Exiger des preuves n’est pas refuser l’information.
C’est simplement exercer son esprit critique.
Et aujourd’hui plus que jamais, chacun doit pouvoir se faire sa propre opinion sur les faits.