02/09/2026
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Extrait du discours de Bernard Cazeneuve
Commençons par la question de la réconciliation républicaine. Elle est de loin la plus fondamentale.
Le pays est aujourd’hui divisé et les courants dégagistes menacent de le fracturer davantage encore.
La République une et indivisible – principe politique et constitutionnel qui fut longtemps au fondement de notre représentation collective – est taraudée par un cynisme politique qui a le vent en poupe.
Il y a d’abord l’extrême-droite. Elle constitue à mes yeux le plus sérieux des périls. C’est elle et elle seule, parmi les dégagismes, qui pourrait l’emporter en mai 2027.
L’extrême-gauche constitue aujourd’hui son meilleur faire-valoir. Pour cette raison notamment, elle divise et fait l’objet d’un très puissant rejet de la part de tous ceux qui considèrent que le vote en sa faveur constituerait la plus sûre garantie de victoire pour Marine Le Pen, au second tour de l’élection présidentielle.
Le Rassemblement national, quant à lui, est le produit d’une histoire. Nous aurions grand tort d’oublier ses tristes inspirateurs, leurs noms, leurs provocations incessantes, leur xénophobie et leur antisémitisme jadis assumés dans la Collaboration.
Aucune mouvance politique ne parvient jamais à changer totalement sa nature, en dépit des efforts faits par ses dirigeants pour la dissimuler.
Mais nous, républicains, commettrions une erreur, en réduisant le RN à un passé dont beaucoup de ses électeurs ne s’estiment d’ailleurs pas comptables des errements. Parmi les millions de Français qui s’apprêtent à voter pour l’extrême-droite, nombreux sont ceux qui ont vu s’enkyster dans leurs territoires ou dans leurs vies, le sentiment de l’abandon, puis celui du mépris. S’y est ajoutée la crainte du déclassement et de la relégation, en dépit d’une vie de travail qui n’a pas
toujours permis de vivre dignement. C’est la possibilité d’une vie meilleure pour leurs enfants, et d’un avenir possible pour eux, qui semblent leur avoir été confisqués par des élites, ignorantes de leurs souffrances et les culpabilisant volontiers pour leurs échecs : la révolte des ronds-points a surgi de cette rupture entre deux mondes se faisant face »
À l'université d'été du Laboratoire de la République ce samedi 29 août, Bernard Cazeneuve a appelé à former une "coalition des engagés" pour "éviter le pire", c'est-à-dire une victoire de Marine Le Pen en 2027. L'ancien Premier ministre, qui est en rupture avec son parti, n'entend pas par...