29/03/2026
Ce matin avait lieu la séance d’installation du Conseil Municipal.
Stéphane Frechard, notre tête de liste a été élu Maire de Lure.
Retrouvez son discours de prise de fonction :
« Mesdames et Messieurs les élus,
Mesdames et Messieurs en vos titres et qualités,
Mes chers collègues,
Mesdames, Messieurs,
Chères Luronnes, chers Lurons,
C’est avec une émotion profonde, une grande fierté, mais aussi une immense humilité que je m’adresse à vous aujourd’hui.
Être élu maire de sa ville est un honneur rare. Être élu maire de Lure, de cette ville qui m’a vu grandir, de cette ville dont je viens, de ce quartier qui m’a construit, c’est pour moi bien plus qu’une responsabilité institutionnelle : c’est un engagement de cœur, un engagement de vie.
Aujourd’hui, je mesure pleinement la portée du mandat que vous nous avez confié. Je mesure aussi la force du message exprimé par les Luronnes et les Lurons. Ce message est clair : vous avez voulu une équipe proche, humaine, protectrice, enracinée dans les valeurs républicaines, capable d’agir avec sérieux, avec dignité et avec volonté.
Ce vote nous honore, mais il nous oblige aussi.
Car dans le suffrage exprimé, il y a bien sûr une confiance accordée, mais il y a aussi des critiques, des attentes, des mécontentements, parfois des impatiences, que nous avons entendus.
Nous ne les balayons pas d’un revers de main.
Nous ne les méprisons pas.
Nous les regardons avec lucidité, avec respect, et avec le sens des responsabilités.
Car gouverner, ce n’est pas seulement mettre en œuvre un projet ; c’est aussi savoir écouter ce qui ne va pas, comprendre les inquiétudes, entendre les colères parfois, et y répondre avec sérieux, avec justice et avec action.
Je veux d’abord vous dire merci.
Merci aux habitants de Lure pour leur confiance.
Merci à toutes celles et tous ceux qui ont cru en nous.
Merci à celles et ceux qui nous ont soutenus de près, parfois dans l’ombre, souvent avec fidélité, toujours avec sincérité.
Je veux remercier aujourd’hui toute mon équipe.
Cette équipe de campagne, engagée, courageuse, fidèle, devient aujourd’hui la majorité municipale.
Elle a porté avec moi un projet fondé sur l’humanisme, la proximité, la volonté de protéger, et l’attachement indéfectible à la République.
Nous avons mené cette campagne avec une conviction simple : la politique municipale n’a de sens que lorsqu’elle part de la vie réelle, lorsqu’elle parle du quotidien, lorsqu’elle protège les plus fragiles, lorsqu’elle prépare l’avenir sans jamais oublier personne.
Je veux aussi avoir un mot pour le personnel municipal.
Les agents de la ville tiennent une place essentielle dans la vie quotidienne de notre commune.
Ils font vivre, souvent avec discrétion mais toujours avec engagement, la continuité du service public.
Je veux leur dire en ce jour particulier la confiance qui est la mienne.
Je sais pouvoir compter sur leur professionnalisme, leur expérience et leur attachement à l’intérêt général pour remplir, chaque jour, les missions du service public au service des Luronnes et des Lurons.
Avec la majorité municipale que nous formons aujourd’hui, je souhaite que nous avancions dans un esprit de respect, d’exigence réciproque et de considération.
Car bien administrer une ville, c’est aussi savoir reconnaître la valeur de celles et ceux qui la font fonctionner au quotidien.
Je veux aussi avoir une pensée respectueuse pour celles et ceux qui ont servi Lure avant nous.
D’abord pour Éric Houlley, mon prédécesseur, mon ami.
Au-delà des responsabilités exercées, je veux saluer l’engagement qui a été le sien au service de notre ville. J’ai d’ailleurs pu lui rendre publiquement un hommage sincère lors de l’avant dernier conseil municipal. La continuité, je l’assume pleinement, dans le respect de ce qui a été fait et avec la volonté de poursuivre, à notre tour, le travail au service des habitants de notre ville.
Je veux aussi évoquer avec émotion la mémoire de Michel Federspiel, ancien maire de Lure, qui fut aussi mon professeur.
Comme beaucoup, j’ai appris à connaître l’homme, la rigueur, l’exigence, mais aussi la bienveillance. Et je n’oublierai jamais cette phrase qu’il m’a dite, quelques semaines avant son décès : il m’avait confié qu’il était fier de nous et du travail accompli.
Ces mots ont pour moi une résonance particulière. Ils m’accompagnent aujourd’hui. Ils m’honorent, et ils m’obligent.
Je veux également saluer Maître Hertz, ancien maire de Lure, et lui dire mon profond respect.
Et à travers lui, j’ai aussi une pensée pour Guy Watbled qui nous regarde en direct, René André qui nous a quitté dernièrement et pour Michel Noir.
Certains comprendront, sans qu’il soit besoin d’en dire davantage, que ce jour est aussi une forme de fidélité à celles et ceux qui ont aimé Lure, l’ont servie, parfois défendue avec force, et qui ont toujours voulu pour elle la dignité, le courage et la hauteur.
Et puis, permettez-moi un clin d’œil plus personnel : ma vie a commencé rue Jacques Cordonnier, ancien maire de Lure, et aujourd’hui j’habite rue Parmentier, lui aussi ancien maire de Lure.
Comme si, d’une certaine manière, l’histoire municipale de notre ville avait accompagné mon propre chemin. Comme si Lure me rappelait, depuis toujours, qu’on ne l’habite jamais tout à fait par hasard, quand on choisit un jour de la servir.
Enfin, je veux prendre ici un engagement symbolique, mais important.
Je n’attendrai pas que les hommes disparaissent pour reconnaître ce qu’ils ont représenté.
C’est pourquoi je souhaite que les portraits des maires vivants de Lure trouvent toute leur place dans la galerie des maires devant ce salon Samuel PATY et Arnaud BELTRAME.
Parce que la reconnaissance républicaine ne doit pas être seulement posthume.
Parce qu’une ville doit savoir honorer celles et ceux qui l’ont servie, de leur vivant, avec leurs qualités, leurs parcours, et la part qu’ils ont prise à son histoire.
Notre cap est clair.
Nous serons une majorité humaniste, parce qu’une ville ne se résume ni à des chiffres, ni à des procédures, ni à des slogans. Une ville, ce sont des visages, des parcours, des fragilités, des espérances et tellement d’histoires. Une ville, c’est une communauté humaine.
Nous serons une majorité de proximité, parce qu’on ne gouverne bien qu’en restant à l’écoute, sur le terrain, au contact des habitants, des associations, des commerçants, des familles, des jeunes, des aînés, de celles et ceux qu’on entend trop peu.
Nous serons une majorité protectrice, parce que le rôle d’une commune est aussi de rassurer, d’accompagner, de sécuriser, d’aider chacun à trouver sa place, dans une ville apaisée, propre, solidaire et attentive.
Nous serons une majorité républicaine, parce que la République n’est pas une formule. Elle est une exigence. Elle est un cadre. Elle est une promesse.
Une promesse de respect, d’égalité, de laïcité, de mérite et de fraternité.
Je veux ici dire un mot particulier sur l’École de la République.
Parce qu’elle est la matrice de tant de destins.
Parce qu’elle est ce lieu où l’on apprend non seulement à lire, à écrire, à compter, mais aussi à devenir citoyen.
Parce qu’elle est souvent, pour les enfants de milieux modestes, le premier tremplin, la première protection, la première promesse d’émancipation.
J’en suis profondément convaincu : quand on croit en l’école, on croit en la République. Et quand on croit en la République, on croit que rien n’est jamais joué d’avance.
C’est peut-être là que résonne cette phrase de Mark Twain que j’aime tant : « Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait. »
Oui, beaucoup pensaient peut-être que ce chemin serait trop difficile.
Mais nous avons avancé avec travail, avec constance, avec conviction.
Et une fois encore, le travail a parlé.
Le travail, justement.
C’est une valeur que j’ai toujours portée.
C’est une valeur que j’ai toujours défendue.
Et c’est le message que j’ai toujours transmis à mes enfants : le travail paye toujours. Pas toujours vite. Pas toujours facilement. Mais il finit toujours par payer lorsqu’il est sincère, lorsqu’il est honnête, lorsqu’il est mis au service de quelque chose de plus grand que soi.
Ce dimanche 29 mars, je veux remercier ma famille, mes parents.
Je veux remercier mes enfants, pour leur patience, leur force, leur compréhension face aux absences, aux contraintes, aux tensions parfois, qu’impose l’engagement public.
Je veux remercier mon épouse.
Si discrète, mais si présente à mes côtés.
Si réservée dans la lumière, mais si essentielle dans les moments de doute comme dans les moments de force.
Sa présence, son soutien, son équilibre m’ont été précieux. Et je veux lui dire, publiquement, toute ma reconnaissance et toute mon affection.
Je veux aussi avoir une pensée émue pour mes grands-parents.
Mon grand-père, Jean, chef de la clique à Lure, contremaître à la ville.
À travers lui, c’est une certaine idée du service, du contact, du collectif et de l’attachement à Lure que je veux saluer. Je me souviendrai du 14 juillet 2016 où je menais la cérémonie de la Fête Nationale et lui partait paisiblement. Il aurait été si fier aujourd’hui.
Et puis mes grands-mères, Yvette et
Des femmes patronnes, des femmes de caractère, des femmes debout.
Micheline et Georgette.
Des femmes fortes, au tempérament affirmé, qui m’ont transmis bien plus que des souvenirs : une énergie, une exigence, une solidité intérieure.
Elles m’ont appris qu’on ne construit rien sans volonté, qu’on ne tient pas sans courage, et qu’on ne vaut, que par ce que l’on fait, pour les autres…
Dans l’action publique, il faut bien sûr voir ce qui est visible : les projets, les travaux, les décisions, les résultats.
Mais il faut aussi savoir regarder autrement.
Comme l’écrivait Antoine de Saint-Exupéry :
« L’essentiel est invisible pour les yeux, on ne voit bien qu’avec le coeur. »
L’essentiel, dans une ville, ce n’est pas seulement ce qui se voit.
C’est aussi la confiance retrouvée.
C’est le lien entre les habitants.
C’est le respect.
C’est l’attention portée aux plus fragiles.
C’est la main que l’on tend.
C’est la dignité que l’on garantit.
C’est la fierté de vivre ici, ensemble.
Nous aurons à construire beaucoup.
Nous aurons à réparer parfois.
Nous aurons à protéger toujours.
Nous aurons à préparer l’avenir sans renier notre histoire.
Et cet avenir, nous le construirons dans la clarté démocratique.
Je veux ici m’adresser aussi à l’opposition municipale.
Dans notre démocratie locale, l’opposition a toute sa place. Elle est légitime. Elle est utile. Elle doit pouvoir s’exprimer.
Je souhaite sincèrement qu’elle soit une opposition constructive, exigeante si elle le veut, vigilante si elle le souhaite, mais toujours respectueuse de l’intérêt général.
Nos concitoyens n’attendent pas de nous des postures permanentes. Ils attendent du sérieux, des idées, des solutions, du respect.
Sur les sujets essentiels pour Lure, j’aurai toujours la volonté de dialoguer, d’écouter, et chaque fois que ce sera possible, de rassembler.
Mais je le dis aussi avec gravité : nous ne céderons jamais sur les fondamentaux.
Nous ne céderons ni sur les valeurs républicaines, ni sur la dignité du débat public, ni sur le refus des haines qui divisent, abîment et opposent.
Parce qu’il faut parfois se souvenir de ce que l’Histoire nous enseigne.
Et parce que l’avertissement de Bertolt Brecht doit toujours rester présent dans nos consciences :
« Le ventre est encore fécond, d’où a surgi la bête immonde. »
Cette phrase n’est pas là pour dramatiser à outrance. Elle est là pour rappeler une vérité simple : rien n’est jamais définitivement acquis.
Ni la démocratie.
Ni la République.
Ni la fraternité.
Ni la vigilance.
Être républicain, ce n’est pas seulement se réclamer de principes.
C’est les faire vivre !
Dans les écoles.
Dans les quartiers, tous les quartiers !
Dans les services publics.
Dans les associations.
Dans la façon de considérer chacun, quelle que soit son origine, son parcours, sa condition, ou ses difficultés.
Je viens du quartier.
Je viens de cette France des gens simples, des gens qui travaillent, des gens qui savent ce que veulent dire l’effort, le respect, la solidarité, la dignité.
Je n’oublierai jamais d’où je viens.
Et je n’oublierai jamais pour qui nous sommes là.
Nous serons au service de tous les Lurons et de toutes les Luronnes.
De celles et ceux qui ont voté pour nous.
Mais aussi de celles et ceux qui n’ont pas fait ce choix.
Parce qu’une fois l’élection passée, il n’y a plus des camps : il y a une ville à servir.
Servir Lure :
La protéger.
L’embellir.
La rendre plus forte.
Plus juste.
Plus attractive.
Plus fraternelle.
Plus fière d’elle-même.
Voilà la mission qui commence aujourd’hui.
Je prends cet engagement devant vous avec gravité et avec détermination.
Je mettrai toute mon énergie, toute mon expérience, toute ma sincérité au service de cette ville.
Avec mon équipe, nous serons au travail dès maintenant.
Avec expérience et méthode.
Avec exigence.
Avec proximité.
Avec humanité.
Parce que Lure mérite le meilleur.
Parce que notre ville a de la force, du cœur, du talent.
Parce que nous l’aimons !
Parce que nous croyons en elle.
Parce que nous croyons en vous.
FORCE ET HONNEUR !
Vive la République,
Et vive Lure. »