15/08/2026
le mot de l'association:
Contribution de l’association à l’enquête publique concernant l’extension de l’aéroport de Beauvais
Notre association se bat depuis de nombreuses années pour lutter contre la détérioration de notre environnement. Cela doit passer par un meilleur contrôle des ruissellements des eaux pluviales mais également contre les implantations de zones importantes en surface et en désagréments tels que le stockage de tracteurs, la création d’un important site de logistique, l’implantation de deux antennes de 30 mètres de haut, l’aménagement concerté saint Mathurin ou la création d’un centre de stockage d’électricité par batteries.
Détériorations donc détériorations… qui devraient empirer avec le nouveau projet d’extension de l’aéroport de Beauvais-Tillé qui augmentera considérablement le nombre de rotations de décollages et d’atterrissages d’avions. D’ores et déjà , le fonctionnement de l’aéroport impacte la vie quotidienne des habitants du Beauvaisis
Pour convaincre les habitants de l’Agglomération du Beauvaisis de la nécessité de l’extension de l’aéroport, la société Bellova, appartenant, semble t-il, à la société Bouygues, a organisé un certain nombre de rencontres publics avec les habitants.
Notre association s’est donc rendue à ces réunions pour nous solidariser avec la population qui lutte contre la détérioration de nos conditions de vie et faire entendre , s’il en était possible, nos questions. L’association ADERA a organisé de nombreuses manifestations.
De même, une réunion publique est ouverte et notre association est décidée, à la suite de ses multiples interventions, de confirmer par écrit nos interrogations et la façon dont à été organisée les échanges. Disons-le tout de suite, ces réunions n’ont pas été l’objet d’un véritable échange mais plutôt un exercice pour les responsables de l’aéroport afin de convaincre la population du bien fondé du projet.
Pourquoi sommes nous partie prenante et solidaire ?
Sur les couloirs aériens et sa densification : Beaucoup d’Allonnais et plus particulièrement les gens de Villers sur thère ont constaté et contesté les survols de plus en plus fréquents d’avions sur notre territoire. Le bruit, l’air pollué par le carburant des avions ont des conséquences de plus en plus marquées sur notre commune. Enfin, il est courant que les trajectoires autorisées par la DGAC soient allègrement ignorées. Tout ceci a été confirmé par les deux réunions publiques.
Notre commune est déjà impactée par de nombreuses détériorations de nos conditions de vie (augmentation de la circulation, implantation d’une nouvelle ZAC, inondations, implantation d’un stockage de batteries….).
La population est excédée ! La proposition de l’extension de l’aéroport est une détérioration de plus !
Pourquoi contestons-nous les arguments de la société Bellova ?
Les deux réunions publiques sont contestables dans la forme et le fond.
-Sur la forme du déroulé des réunions : Pour les deux réunions auxquelles nous avons participé nous avons constaté que l’ensemble des participants a contesté la manière dont a été conduite la réunion. L’animateur au lieu d’être neutre, choisissait les intervenants mais, plus encore, reformulait les questions et les reposait au directeur de l’aéroport et aux intervenants de manière amodiée. Rappelons que l’animateur ou sa société est rémunéré(e) par Bellova. Donc, la stratégie de communication a commencé par un pied de nez à la simple volonté énoncée par le directeur Bellova de mener en toute transparence la concertation !
- Sur le fond : Bellova a distribué un document, lors de la première réunion (Pour notre territoire-vers notre destination), qui retrace les avantages de l’extension de l’aéroport. La dernière réunion n’a été qu’une réplique de la première auxquels s’ajoutent quelques éléments donnés par les sociétés d’études.
- « Avantages économiques : consolidation des emplois, effets induits et indirects sur l’économie locale ». Le directeur a même énoncé la notion de « ruissellement économique » pour le Beauvaisis :
Nous contestons cet argument et demandons une véritable étude effectuée par un organisme neutre prenant en compte tous les effets (économiques, de santé, environnemental... sur l’ensemble du territoire). Or, rien n’a été fait dans cette optique! Lors de la deuxième réunion il nous a été servi les mêmes arguments. Il n’y a que des avantages !!! Nous avions demandé une analyse coût avantage (ACA) qui intègre l’ensemble des données (financières, économiques, environnementales, de santé publique). Mais rien de cela ! Les interventions ne rassemblaient que des informations sectorisées, parcellaires et sans signification globale. Nous ne doutons pas qu’une analyse coût avantage (ACA) montrerait les surcouts que l’extension entrainerait en matière par exemple de dégradation de santé publique dans un futur proche. Qui paiera la facture si nous constatons dans les années futures une dégradation de santé publique de la population ? Nous devons prendre acte de l’absence d’étude d’impact global et neutre, sur tout le territoire, pour définir les responsabilités à venir.
-« Avantages écologiques et environnementaux : l’aéroport sera agrandi avec des engagements environnementaux » :
Ces engagements se limitent au périmètre règlementaire, avec à l’appui une étude financée par la société postulante.
Où est l’étude neutre que nous avions demandée? Même dans le périmètre restreint à la commune du Tillé, la société ne parle pas des conditions de vie dégradée de la population du Tillé. Les habitations sont à peine à 100 mètres et l’école primaire à 200 mètres à vol d’oiseau. Bruit et pollution ne sont pas pris en compte sauf à dédommager quelques habitants du Tillé pour le renouvellement de leurs vitrages. Et les autres ? Et l’impact sur la santé des enfants ?
-« Avantage commercial en améliorant l’accueil des passagers » :
La société Bellova oublie les nombreuses navettes (noria) de bus que se rendent sur Paris. Nous rappelons qu’il était prévu initialement un aéroport avec un arrêt du TGV dans la Somme en dehors de toute agglomération et une gare TGV qui relie Lille à PARIS. A vouloir faire supporter les coûts adjacents sur d’autres comme les autorités locales ou régionales, il y a toujours un avantage commercial dans ces conditions !
- « Ouverture du territoire et « inclusion sociale » » :
L’inclusion sociale est évoquée dans ce document, sous prétexte que cette modernisation devrait favoriser « les voyages pour les populations modestes ». Pour ceux qui se sont investis dans l’action sociale, ils apprécieront l’image que se fait la société Bellova des gens modestes !
Nous prenons bonne note de cette volonté du promoteur de favoriser les «gens modestes » pour prendre l’avion mais, en revanche, notre association constate qu’ils ne pourront plus se rendre à PARIS dans les zones ZFE si leurs véhicules sont anciens ! Trouvez la logique ?
Les participants, après avoir « subi » les longues descriptions faites par le directeur et ses adjoints sur « l’aéroport idéal », ainsi que celles des présentateur(e)s des études pro-domo, ont posé les questions qui auraient dû faire revenir Bellova « sur terre », mais en vain. Voici quelques éléments qui nous interpellent :
- Sur la détérioration de la qualité de l’air et les émissions de gaz toxiques et carbonés :
Elle s’accroitra fortement et impactera la santé des familles de la zone concernée et peut être des enfants. Nous rappelons que l’aéroport est situé en promontoire de la ville de Beauvais. La vallée du Beauvaisis est donc propice à l’accumulation des gaz. L’étude présentée n’est pas celle que l’on attendait ! Le public à d’ailleurs fortement contesté la présentation des études. Un intervenant contestataire a fait référence à un document de 170 pages qui remettait en cause les conclusions de l’étude de l’aéroport. Les représentants de la société n’ont pas voulu discuté sur ce document ! Pourquoi ?
Pour notre association, nous réitérons la nécessité d’une étude d’impact effectuée par les spécialistes de l’Agence régionale de la santé des hauts de France (ARS) et du Ministère de l’environnement. Sans ce type d’expertise, qui devrait définir également les responsabilités de chacun dans un avenir proche, comment la population concernée peut-elle ne pas avoir de doute !
- Sur le bruit :
Le décollage et l’atterrissage intense d’avions de moyenne portée et dans le futur proche des gros porteurs auront des conséquences pour les habitants de l’agglomération du Beauvaisis. Les périmètres utilisés par les sociétés d’étude ne prennent pas en compte la réalité des impacts. Il est nécessaire d’élargir fortement ces périmètres. Aucune étude environnementale et de santé publique sur ce large périmètre n’existe actuellement.
- Sur les nombreux détournements de trajectoires des avions qui n’hésitent plus à voler au dessus des maisons. (Exemple à Villers sur thère ou Allonne).
Une association a demandé combien d’infractions et amendes ont été adressées aux avionneurs ? Réponse : aucune « amende ». Or, les participants ont bien constaté le dévoiement important des trajectoires. Avec l’augmentation importante du trafic, l’autorité publique n’a pas remis en cause l’argumentation de l’accroissement des détournements de trajectoires. Cette réponse, nous interroge car même lorsque la législation et réglementation existent, les transporteurs ne sont pas sanctionnés !
- Sur l’impact de la flore et de la faune :
Elle se limitera à l’espace de l’aéroport et quelques espaces supplémentaires. Cependant, les avions se déplacent, en phase de décollage et atterrissage, sur de long espace impactant de nombreuses communes. Aucune étude sérieuse n’existe actuellement sur l’ensemble du Beauvaisis. Nous rappelons que sur la trajectoire de décollage ou atterrissage, il existe au moins une école à Beauvais qui subit l’assourdissant bruit des avions. Comment alors, faire cours dans ces conditions ?
- sur l’augmentation de la « noria de bus » et ses conséquences sur l’augmentation du trafic et les émissions de gaz (effets de serre) :
Aucune évaluation, tant environnementale que de santé publique sur l’ensemble du térritoire qu’empruntent les bus, n’a été effectuée. La densification de circulation des bus aura un impact sur la ville de Beauvais mais également sur la Région parisienne et Paris aujourd’hui mais également à l’avenir. Ils contribueront, notamment le matin et le soir à l’augmentation du trafic et des embouteillages synonymes de pollution supplémentaire.
- Sur l’augmentation des véhicules et leur stationnement :
Les participants ont montré les effets désastreux des voitures qui stationnent dans Beauvais et les autres villages alentours. Aucune étude n’a été évoquée pour évaluer ne serait-ce que l’impact financier des stationnements illégaux.
- L‘augmentation du nombre de places de parking s’effectuera t-elle sur des terrains actuellement dédiés à l’agriculture ?
Si oui, y aura t-il compensation ? Pas de réponse claire des responsables du projet ni des autorités. Les responsables de la société ont mis en avant l’augmentation de places de parking par la création d’un nouveau parking. Conclusion: le nombre de véhicules circulant dans le Beauvaisis (notamment au sud) augmentera la pollution.
- Enfin, nous avons appris que la nouvelle route qui permettra l’accès a l’aéroport sera financée par la Communauté d’agglomération, le Conseil départemental, la région.
Pourquoi nos impôts devraient-ils être sollicités pour le développement d’une entreprise privée ?
Toutes ces questions et bien d’autres n’ont pas reçu de réponses satisfaisantes et devraient permettre de stopper le projet insensé, si près des communes ! Comment peut –on mettre en place des réunions avec les habitants du Beauvaisis et ses associations, alors qu’aucune étude publique n’existe actuellement qui permettrait un échange constructif ? La seule réponse vient de Bellova.
Les études qui ont été financées par cette société, montrent que l’extension de l’aéroport ne pose pas de problème sérieux pour la population. Mais dans ces conditions qui pouvaient en douter ?
Pour notre part, nous ne pouvons que contester le projet d’extension de l’aéroport pour toutes les raisons évoquées ci-dessus et nous portons notre appui à l’association ADERA.
Nous ne pouvons que déplorer la dégradation de nos conditions de vie dans nos villes et villages !
NON, à l’extension de l’aéroport