22/04/2026
Le 22 mars dernier, les habitants de la Métropole ont choisi leurs conseillers municipaux et
leurs maires, mais aussi leurs conseillers métropolitains. Comme d’habitude, l’élection
métropolitaine a été éclipsée au profit des élections municipales. La majorité marseillaise,
largement gagnante, a fait le choix d’une alliance avec la droite à la Métropole. A ce titre le
maire de Salon, David Isnard membre du parti Les Républicain remplace Martine Vassal. La
majorité marseillaise a obtenu des places de vice-présidents pour ses élus, tout comme
d’autres communes de gauche. Il est encore trop tôt pour tirer un bilan, même provisoire de
cette nouvelle répartition des responsabilités d’autant qu’on ne connait pas encore les noms
de ceux qui vont prendre la tête des établissements stratégiques, comme la RTM.
Depuis sa création, cette métropole mal née souffre de n’avoir pas les ressources nécessaires
pour assurer ses missions, dans l’intérêt des habitants. Les reversements aux communes sous
la forme d’attributions de compensation, la prise en charge d’équipements collectifs sur des
bases fragiles (la médiathèque d’Istres ou la piscine de Cassis, etc.) assèchent les ressources
financières.
Les premières déclarations politiques des nouveaux élus, et d’abord du président de la
métropole, nous inquiètent vivement. Il est question d’une métropole des maires, au service
de leurs ambitions. Nous attendons pour notre part une métropole au service des habitant-es,
capable de relever ce défi : répondre à leurs besoins en matière de transport, de logement et
d’aménagements indispensables pour répondre aux enjeux climatiques. La métropole, n’est
pas un service technique de plus à la disposition des maires. Elle doit définir et mettre en
œuvre des pans importants de l’action publique locale. Gauche ou droite, il faudra choisir.
La présentation du rapport d’orientation budgétaire 2026 a été l’occasion d’une mise en scène
pour le moins forcée, le nouveau président affectant de découvrir qu’il lui manque 123 M€
pour boucler le budget, suggérant même au préfet de mettre l’intercommunalité sous tutelle
faute d’une aide de l’Etat.
Nous ne sommes pas dupes. Le nouveau président et ses collaborateurs les plus proches
étaient bien au courant de la situation. Le pacte financier de 2022 dès l’origine, n’était pas
pleinement financé, et sa réalisation était conditionnée par la réduction de dépenses pas
vraiment identifiées.
Il est tout à fait exact que les budgets votés par l’Assemblée nationale depuis plusieurs années
entrainent des réductions significatives des moyens alloués aux collectivités territoriales. Faut-
il rappeler que ces lois de finances, et notamment celle de 2026, ont été adoptées grâce au
vote de la droite et à l’abstention du parti socialiste ? On y reviendra.
Pour la métropole, cela se traduit par une réduction nette de 60 M€ (et pas 120) selon le
rapport d’orientation budgétaire 2026. Une partie de cette baisse de recettes est due à la faible
intégration financière de la Métropole. En pratique, non seulement la métropole reverse
environ 40 % de ses recettes d’exploitations aux communes au titre des attributions de
compensations, mais encore cette situation lui retire une partie des concours de l’Etat
auxquels elle pourrait prétendre si elle s’engageait davantage dans des projets à dimension
métropolitaine.
Faut-il rappeler que la Cour Régionale des Comptes, dans son rapport d’analyse sur les
attributions de compensations, a estimé que les reversements aux communes étaient
surévalués, au minimum, de 180 M€ par an depuis la création de l’EPCI. Sur 10 ans, depuis
2016, c’est 1,8 Mds perdus pour les projets métropolitains, sans compter les concours de l’état.
Au lieu de remettre en question ces compensations, la nouvelle « majorité » métropolitaine
veut revenir sur les engagements pris il y a quelques semaines devant les électeurs. Nous ne
l’acceptons pas.
La gratuité des transports pour les moins de 26 ans, l’amélioration du fonctionnement du
réseau de transports, avec enfin un nombre suffisant de bus et de personnels, ne peuvent plus
attendre.
S’agissant du logement, de la voirie, de la propreté, là aussi des engagements ont été pris,
parfois en deçà des besoins des habitant-es, mais que nous ne saurions voir remettre en cause
comme l’a laissé entendre le nouveau président de la métropole. Nous reviendrons en détail sur l’ensemble de ce dossier métropolitain, enjeu politique pour la
gauche, comme le sont le département et la région. Pour une analyse approfondie nous
invitons à consulter la publication du collectif citoyen-nes de Marseille : https://rob2026-
metropole.urgence-marseille.fr/
Commission économie et finances de Faisons Front Commun !