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Face à la crise actuelle, gauche républicaine et gaullisme social s'unissent pour préparer une candidature commune à 2027, portant une vision souveraine et sociale.

Les Jours Heureux, la promesse inachevée d'une nation« La France a perdu une bataille, mais la France n'a pas perdu la g...
17/07/2026

Les Jours Heureux, la promesse inachevée d'une nation
« La France a perdu une bataille, mais la France n'a pas perdu la guerre. » Ces mots de De Gaulle, jetés dans la nuit de juin 1940 comme une flamme dans les ténèbres, résonnent encore. Il est des heures où un peuple, dos au gouffre, choisit non de gémir sur ses ruines, mais d'y bâtir un monde nouveau.
Il y a quatre-vingt-deux ans, dans le secret et sous la menace de la mort, des femmes et des hommes venus de tous les rivages politiques, communistes et gaullistes, socialistes et démocrates-chrétiens, syndicalistes et républicains modérés, signaient clandestinement quelques pages qui allaient changer le visage de la France. Ce texte, ils l'avaient baptisé d'un nom tenant du serment et de la prophétie : « Les Jours Heureux ». Adopté le 15 mars 1944, alors que les bottes nazies foulaient encore notre sol, il fut l'œuvre d'hommes qui n'attendirent pas la victoire pour dessiner la France de demain.
Le 27 mai 1943, à l'initiative de De Gaulle et sous la conduite héroïque de Jean Moulin, le CNR tient sa première réunion. Seize représentants y siègent, que tout aurait dû dresser les uns contre les autres, et qui choisirent, dans la France asservie, de se rassembler. Moulin, lui, réalisa cette union sacrée avant d'être arrêté, torturé, martyrisé par la Gestapo. Il tomba sans avoir vu mûrir le fruit qu'il avait semé de son sang. « Entre ici, Jean Moulin, avec ton terrible cortège », dira Malraux au Panthéon.
Le programme était, pour l'époque, révolutionnaire : nationalisations, sécurité sociale universelle, droit à la retraite, droits syndicaux, liberté de la presse arrachée aux puissances d'argent, démocratie dressée contre l'oligarchie. Certes, l'historienne Claire Andrieu rappelle ses limites : le texte demeure « conservateur par ses silences » le droit de vote des femmes, notamment, n'y figure pas. Mais pour la première fois, des ennemis irréductibles avaient préféré le destin commun de la nation à leurs querelles. Ils avaient incarné cette vérité de Hugo : « L'union fait la force. »
La France de 2026 ressemble, par certains traits troublants, à celle de 1943, non dans l'horreur de l'Occupation, mais dans la désorientation d'un peuple qui a perdu foi en ses élites. La Ve République est à bout de souffle, l'Assemblée émiettée, les extrêmes tapis dans l'embuscade. Nous vivons, disait Gramsci, ce « clair-obscur où surgissent les monstres ».
Face à ce tableau, nous avançons une conviction puisée à la source du CNR, la solution ne viendra pas d'un camp, mais de la France tout entière. Ce que nous proposons, c'est un néo-CNR pour 2027. Le projet tient sur deux jambes complémentaires : le social, porté par une gauche républicaine et patriote ; le régalien, porté par une droite gaulliste. Le CNR l'avait démontré, oui, on peut vouloir la justice sociale et un État fort.
Que l'on ne s'y trompe pas, ces lignes ne sont pas un vœu pieux jeté au vent de l'idéalisme. Depuis plusieurs mois déjà, dans la discrétion qui sied aux entreprises sérieuses, des femmes et des hommes de bonne volonté ont commencé à se parler. Des figures de la gauche républicaine et de la droite gaulliste, des voix que l'on croyait irréconciliables, ont accepté de s'asseoir à la même table.
Ce qui se prépare aujourd'hui, loin des projecteurs et des postures, portera ses fruits au grand jour. L'échéance de 2027 ne sera pas, comme tant d'autres, le théâtre des divisions coutumières, elle pourrait être le rendez-vous de la réconciliation nationale. Le moment venu, la France découvrira que ses meilleurs enfants n'avaient pas renoncé.
De Gaulle écrivait au CNR : « Le Conseil s'acquittera de sa mission en s'inspirant de cette fraternité nationale qui seule permet à la nation de résister à ses malheurs. » Non la fraternité étriquée du « cercle de la raison », mais celle, généreuse, de ceux qui reconnaissent dans l'autre un compatriote.

Les membres du CNR ne s'aimaient pas tous. Pourtant ils signèrent le même texte, au péril de leur vie. Si eux l'ont pu dans les caves du Paris occupé, pourquoi nous, dans la paix reconquise, en serions-nous incapables ?
Le titre de leur programme était une promesse : non pas « les jours meilleurs », mais « les jours heureux ». Un absolu. Cette promesse demeure, comme une lettre non décachetée, attendant que la France l'honore enfin.
Comme le disait Jaurès : « L'Histoire enseigne la difficulté des grandes tâches, mais elle justifie l'invincible espoir. » Cet espoir, nous le portons. Nous appelons tous ceux qui, à gauche comme à droite, aiment la France, à nous rejoindre pour lui rendre ses jours heureux. Rendez-vous est pris.

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