21/05/2026
Jeudi 13 mai au soir, Elidja, jeune Nantais de 15 ans, est décédé, fusillé dans le hall d’une tour de Port Boyer sur fond de lutte d’emplacement pour le trafic de drogue.
Tout de suite, le terme “narcotrafic” a été employé à tout va, pour parler des sévices partout sur le territoire, voire en Europe, jusqu’à en oublier Port Boyer, ce quartier nantais.
En choisissant ce cadrage, on refuse de s’intéresser aux problèmes propres au quartier.
Pourtant, les problématiques de Port Boyer disent beaucoup des causes sociales du deal.
Regardons de plus près, pour se donner une chance de pouvoir agir ici, mais aussi ailleurs, dans d’autres quartiers populaires.
Un quartier laisser pour compte.
A Port Boyer, le tissu associatif s’est effondré, il ne reste plus qu’une Amicale laïque.
Là où il y avait des commerces il y a 10 ans, il n’y a quasiment plus rien.
Pour les jeunes de plus de 15 ans, aucune activité. Et même au-delà de 13 ans, très peu leur corresponde.
Les situations de décrochage scolaire, elles, sont multiples, alors que c’est l’une des sources principales du deal.
Et aucun éducateur de rue n’est présent sur le quartier.
47% des habitants vivent en dessous
du seuil de pauvreté.
42% des familles sont monoparentales.
Le quartier est isolé. Le lien social est délité. Port Boyer est devenu une cité dortoire.
Résultat : les habitant-es tentent de quitter le quartier. Ces cinq dernières années, le taux de renouvellement des locataires a été de 33 % !
Bref, des circonstances particulièrement propice au développement du deal.
Le trafic de drogue s’est engouffré dans les plaies béantes laissées par les pouvoirs institutionnels.
Le retrait des services publics.
Il n’y a plus d’antenne du CCAS (Centre communal d’action sociale) dans le quartier.
La PMI qui assurait un suivi des femmes enceintes, mères et enfants, n’est plus dans le quartier.
Aujourd’hui la Mission locale pour les jeunes n’est présente qu’un seul jour par semaine. Sinon, il faut aller à la Halvêque.
Port Boyer, Nantes Nord, partout des quartiers en proie aux mêmes problématiques. (…)
Rendez-vous, samedi 23 mai à 15h pour une marche blanche en la mémoire d’Elidja.