07/09/2026
🔴 Le 6 septembre 2026, les secrétaires départementaux de la région Europe du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) publient une déclaration de soutien à Maurice Kamto, réaffirmant sa légitimité à la tête du parti. Cette sortie intervient au terme d'une supposée crise interne longue de près d'un an, marquée par des exclusions disciplinaires, des procédures judiciaires et une correspondance ministérielle contestée.
Tout commence le 7 novembre 2025. Le Comité national de médiation et d'arbitrage (CNMA) du MRC prononce l'exclusion définitive de Joseph Thierry Okala Ebode, cofondateur et ancien membre du Directoire, pour trahison. Un mois et demi plus t**d, le 21 décembre 2025, le parti tient sa convention extraordinaire; en visioconférence, après l'interdiction par les autorités de la réunion initialement prévue le 29 novembre, après une demande faite au sous-préfet par Thierry Okala Ebode, qui annonçait un "risque de trouble à l'ordre public". Cette convention réélit Maurice Kamto à la présidence du MRC avec 95,44 % des suffrages, après son retour au parti à la suite de son passage éphémère (il avait reçu le mandat de son parti pour cette mission) par le Manidem, formation qui l'avait investi candidat à la présidentielle du 12 octobre 2025.
Deux jours après cette convention, le 23 décembre 2025, Joseph Thierry Okala Ebode adresse une correspondance au Ministère de l'Administration Territoriale (MINAT) pour en contester la régularité : alors qu'il n'a, depuis son exclusion, plus la qualité de militant du MRC pour agir en son nom.
La contestation s'élargit en 2026. Le 12 juin, une plainte déposée par un militant du MRC du Littoral vise W***y Mengue, l'accusant d'avoir publiquement discrédité Maurice Kamto et remis en cause la légalité de son retour à la présidence du parti. Le CNMA prononce son exclusion définitive le 29 juin, validée par le Directoire national le lendemain et rendue publique le 8 juillet. Le 9 juillet 2026, malgré cette exclusion, W***y Mengue saisit, aux côtés de Laure Noutchang et de Sébastien Mbala Wouria II, le Tribunal de première instance d'Ekounou par une procédure de référé d'heure à heure, réclamant l'interdiction pour Maurice Kamto de s'exprimer au nom du parti et la désignation d'un mandataire judiciaire provisoire.
C'est dans ce contexte que survient, le 19 août 2026, la lettre de Paul Atanga Nji, ministre de l'Administration Territoriale, adressée à Joseph Thierry Okala Ebode. Le ministre y indique ne pas avoir « jugé opportun de prendre acte des travaux » de la convention extraordinaire du 21 décembre 2025. Cette correspondance intervient huit mois après la tenue de la convention, alors que la loi n° 90/056 du 19 décembre 1990 portant régime des partis politiques fixe un délai de trois mois pour toute contestation administrative : délai expiré depuis mars 2026.
Le MRC réplique officiellement le 26 août 2026, dénonçant une tentative de déstabilisation orchestrée à partir de la contestation d'un militant qui n'a plus qualité pour agir. Le parti dépose sa réponse formelle le 28 août. L'audience du contentieux judiciaire, initialement prévue le 1er septembre à Ekounou, est reportée au 8 septembre, faute de dossier disponible à l'audience.
C'est dans cette séquence que s'inscrit la déclaration des secrétaires départementaux du MRC-Europe. En réaffirmant leur soutien à Maurice Kamto, au Directoire national et aux résolutions du Conseil national du 6 septembre 2025, ils entendent contrer ce qu'ils qualifient de manœuvre concertée entre des militants exclus et l'administration territoriale, à quelques mois d'échéances électorales locales déterminantes pour le parti.