29/04/2026
Saint-Dizier : Héraclès Club déménage, pendant que la municipalité perfectionne son art du cynisme — discipline locale, maîtrise totale
Condamné par le Conseil d’État à 3 500 € ? Ne payez surtout pas.
À Saint-Dizier, c’est devenu un mode de gouvernance : on ne règle pas les condamnations, on les contemple. 👀
Une sorte de yoga budgétaire.
Pendant que certains collectionnent les inaugurations comme d’autres collectionnent les timbres, Fabrice Douheret, lui, a passé quarante ans à faire vivre une salle de sport sans jamais siphonner un centime public. Une hérésie, évidemment.
La justice ? Une question de moyens.
La morale ? Un concept décoratif.
Pour demander justice, il faut de l’argent.
La municipalité en a : le vôtre.
Héraclès Club, lui, a des valeurs.
On sait tous ce qui coûte le plus cher.
L’aide judiciaire ? Distribuée façon loterie :
• Conseil d’État : gagné
• Tribunal de Chaumont : perdu
On attend encore l’explication. Peut-être un tirage au sort.
Peut-être un courant d’air dans un couloir administratif. 🍃
Saga municipale : quand l’acharnement devient un projet politique
La ville veut raser le bâtiment.
Pourquoi ? Parce que.
C’est déjà une réponse.
Alors, on déroule :
1. On nie un bail commercial vieux de plusieurs décennies.
2. On attaque au tribunal administratif : perdu.
3. On attaque au Conseil d’État : re-perdu, avec 3 500 € à payer.
4. On ne paie pas.
5. On démolit une partie du bâtiment (par inadvertance, bien sûr).
6. On déclare un arrêté de péril sur le bâtiment qu’on vient d’abîmer.
7. On assigne l’association pour dangerosité.
8. Le tribunal ordonne l’expulsion.
Résultat : Héraclès Club est exsangue.
La ville, elle, est infatigable — surtout quand elle paie avec l’argent des autres.
Et si l’association attaquait à son tour ?
La commune serait probablement condamnée.
Mais rien de grave : il suffit de reprendre une poignée d’avocats, de refaire un tour de manège judiciaire 🎠, et d’envoyer la facture aux contribuables bragards.
Un modèle économique.
Un déménagement au goût de trahison
Aujourd’hui, quelques fidèles aident Fabrice Douheret à vider quarante ans de vie associative.
Quarante ans de sueur, de passion, de bénévolat…Balayés par un arrêté de péril sorti comme un lapin d’un chapeau. 🎩
Héraclès Club, c’était un phare.
Mais certains préfèrent naviguer dans le noir : ça évite de voir où l’on va.
Quand le cynisme devient un art oratoire ?
L’adjoint au maire chargé des sports, de la jeunesse et de la vie associative déclare très sérieusement :
« Prêt à étudier toute demande… au sujet de l’aide de la municipalité au déménagement. »
On imagine la scène :
— « Vous nous devez 3 500 €, vous avez détruit notre bâtiment, vous nous expulsez. Pourrions-nous avoir un coup de main pour porter un banc de muscu ? »
— « Nous allons étudier cela. »
Puis, bouquet final :
« J’ai et j’aurai toujours beaucoup de respect pour le monde associatif. »
Un respect très particulier :
• il ne paie pas les condamnations,
• il ne dédommage pas les fonds de commerce détruits,
• il ne s’applique pas à tout le monde.
À Saint-Dizier, le respect est devenu un concept modulable.
Comme les promesses de campagne.
À suivre
Bientôt : l’interview exclusive de Fabrice Douheret, un homme qui répète :
« On ne baisse jamais les bras devant l’injustice. »
Normal : quand on baptise son club Héraclès, on ne s’attend pas à finir écrasé par une pelleteuse administrative. 🚜
Nous vivons une époque formidable.
Avec modération, toujours, à Saint-Dizier.