25/09/2025
Savez-vous que nos fêtes votives plongent leurs racines dans l’Ancien Régime ? À l’origine, la fête dite votive ou patronale n’était pas une simple réjouissance populaire, mais la célébration religieuse du saint patron de la ville. Pour Saint-Rémy, il s’agit de saint Rémi de Reims, dont la fête liturgique se tenait le 1er octobre.
À cette occasion, la communauté se rassemblait pour une grande procession : la châsse contenant les reliques de saint Rémi était portée solennellement par les Pénitents blancs dans les rues de la cité. La dévotion s’accompagnait aussi de manifestations plus spectaculaires : les « boîtes », c’est-à-dire des salves d’artillerie, résonnaient en l’honneur du saint, mêlant ferveur religieuse et fête populaire.
Mais la Révolution française mit un terme à cette célébration religieuse : la fête patronale de saint Rémi fut abolie et remplacée par des fêtes civiques et laïques, conformes aux idéaux du temps. Sous l’Empire, la Restauration et la Monarchie de Juillet, on préféra mettre à l’honneur d’autres rendez-vous festifs, tels que la Saint-Bonet, célébrée le 15 janvier au domaine de Lagoy, ou la Saint-Roch, le 16 août dans le quartier des Jardins. Ces changements de traditions apparaissent clairement dans les archives, notamment dans une lettre du maire Durand adressée au préfet Villeneneuve.
Il faut attendre le Second Empire pour voir renaître les fêtes votives début octobre. Désormais étalées sur deux journées, elles étaient rythmées par les taureaux et les bals, renouant ainsi avec l’esprit festif et populaire.
Le XXᵉ siècle, et tout particulièrement l’entre-deux-guerres, voit les fêtes votives s’étoffer et se diversifier. Aux courses de taureaux et abrivado s’ajoutent les bals, concours de chant, courses de vélo, salves d’artillerie et feux d’artifice. À la fin des années 1930, on vit même défiler les carreto ramado, renouant avec une tradition provençale haute en couleur. C’est également dans l’entre-deux-guerres que la date des fêtes fut déplacée au dernier week-end de septembre : d’une part pour permettre aux enfants d’y assister avant la rentrée scolaire du mois d’octobre, et d’autre part pour éviter les pluies automnales qui compromettaient souvent les réjouissances.
Dans la seconde moitié du XXᵉ siècle, la fête foraine prend de l’ampleur et de nouvelles traditions apparaissent. À partir de 1954, la Carreto Ramado défile le lundi des fêtes de Saint-Rémy, avant d’être déplacée à la fin août dans les années 1960. Les fêtes s’allongent et s’enrichissent, avec notamment le défilé des vieux métiers, qui met à l’honneur la mémoire populaire. Enfin, à la fin du siècle, après que la famille Véran eut cédé à la ville le terrain du lac du Barreau (au départ une simple retenue d’eau contre les inondations), se développa une nouvelle tradition : la Gazo au lac du Barreau, devenue l’un des rendez-vous marquants des fêtes votives.