17/07/2026
QUAND LA PRESSE LOCALE RACONTE LE DĂBAT⊠EN OUBLIANT LâESSENTIEL
Ă la lecture des articles de La Provence et du RĂ©gional consacrĂ©s Ă la subvention de 225 000 ⏠accordĂ©e au Pays salonais basket 13, un constat sâimpose : une grande partie de mes questions a disparu du rĂ©cit.
Pourtant, lors du conseil municipal, je nâai jamais demandĂ© sâil fallait ĂȘtre « pour ou contre le basket ».
Jâai demandĂ© :
âĄïž Pourquoi une convention pluriannuelle plutĂŽt quâune convention annuelle fondĂ©e sur des objectifs Ă©valuĂ©s chaque annĂ©e ?
âĄïž Comment sont prĂ©cisĂ©ment ventilĂ©s les 225 000 ⏠?
âĄïž Quelle part finance les salaires, les dĂ©placements, lâĂ©quipe fanion, les jeunes, les quartiers prioritaires, le handisport ou le sport-santĂ© ?
âĄïž Quel est lâusage exact des deux maisons communales mises gratuitement Ă disposition ?
âĄïž Comment cet avantage en nature a-t-il Ă©tĂ© valorisĂ© Ă seulement 11 500 ⏠par an ?
âĄïž Pourquoi lâopposition est-elle exclue du conseil de surveillance ?
âĄïž Qui contrĂŽle lâutilisation des fonds, sur quelles piĂšces, Ă quelle frĂ©quence et avec quelles consĂ©quences en cas dâĂ©cart ?
Ces questions ne sont ni hostiles au club ni accessoires.
Elles concernent la plus importante subvention sportive attribuĂ©e par la Ville de Salon-de-Provence Ă une association, Ă laquelle sâajoutent la mise Ă disposition dâĂ©quipements, de bureaux et de deux maisons communales.
Mais dans les articles, le débat est ramené à quelques formules générales :
« rayonnement de la ville »,
« plus petit budget de Nationale 1 »,
« les dirigeants et les bénévoles font des miracles ».
Personne ne conteste le travail des bĂ©nĂ©voles. Mais le mot « rayonnement » ne peut pas devenir un argument fourre-tout permettant de justifier nâimporte quel montant sans indicateur concret.
Combien de Salonais sont réellement concernés ?
Combien de jeunes bénéficient des actions ?
Quelles interventions sont menées dans les quartiers ?
Quelles sont les retombées économiques et médiatiques pour la ville ?
Quels rĂ©sultats prĂ©cis sont obtenus en contrepartie de lâargent public ?
Il existe Ă©galement un principe essentiel qui a Ă©tĂ© largement oubliĂ© : lâĂ©quitĂ© entre les associations sportives salonaises.
Basket-ball, football, volley-ball, tennis, rugby, handball, natation ou toute autre discipline : chaque association doit pouvoir bĂ©nĂ©ficier des mĂȘmes rĂšgles, des mĂȘmes critĂšres objectifs et du mĂȘme niveau dâexigence dans lâexamen de ses demandes.
LâĂ©quitĂ© ne signifie pas nĂ©cessairement attribuer la mĂȘme somme Ă chaque club. Les niveaux de compĂ©tition, les effectifs, les charges et les projets peuvent ĂȘtre diffĂ©rents.
Mais cela signifie que chaque euro doit ĂȘtre accordĂ© selon des critĂšres :
â
publics ;
â
objectifs ;
â
comparables ;
â
contrĂŽlables ;
â
applicables Ă toutes les associations.
Pourquoi un club bĂ©nĂ©ficie-t-il de 225 000 âŹ, de locaux et de deux logements communaux, tandis que dâautres disciplines doivent parfois se battre pour quelques milliers dâeuros, des crĂ©neaux ou des Ă©quipements adaptĂ©s ?
Cette question mérite une réponse factuelle, pas un slogan sur le « rayonnement ».
La Provence mentionne briĂšvement que les Ă©lus du Rassemblement national ont interrogĂ© la majoritĂ©, mais lâessentiel de mes questions disparaĂźt du rĂ©cit publiĂ©.
Le RĂ©gional, lui, prĂ©sente pratiquement le dĂ©bat comme un simple Ă©change entre Patrick Chini et le maire, comme si mon intervention nâavait jamais existĂ©.
Il ne sâagit pas seulement de rĂ©sumer. Ces omissions successives donnent une vision profondĂ©ment incomplĂšte du conseil municipal et orientent le dĂ©bat vers la seule dĂ©fense du club, en occultant les questions de transparence, de contrĂŽle et dâĂ©quitĂ© associative.
Le vrai dĂ©bat nâĂ©tait pas :
« Ătes-vous pour ou contre le basket ? »
Le vrai débat était :
« Comment justifie-t-on, rĂ©partit-on, mesure-t-on et contrĂŽle-t-on 225 000 ⏠dâargent public, tout en garantissant un traitement Ă©quitable Ă lâensemble des associations sportives salonaises ? »
Soutenir le sport, oui.
Mais soutenir toutes les disciplines selon des rÚgles justes, transparentes et vérifiables.
Poser ces questions, ce nâest pas ĂȘtre contre le sport.
Câest simplement faire son travail dâĂ©lu et dĂ©fendre lâargent des Salonais.
Salon-de-Provence : l'opposition questionne la subvention de 225 000 euros pour Pays salonais basket 13, un club au budget modeste dans sa division.