13/08/2026
HISTOIRE : Edwin Cédric CLARKE , aviateur Canadien ( Commonwealth ) et James Lawrence CATHCART SUTHERLAND Sud-Africain ( Commonwealth ) , observateur mitrailleur sont tombés ce matin , il y a 108 ans à ANTILLY (13-08-1918) lors d'un combat aérien .
Le ciel d'Antilly en Moselle fut le théâtre de nombreux combats aériens durant la Première et deuxième guerre mondiale. Aujourd'hui encore, le cimetière communal conserve le souvenir de l'un de ces jeunes aviateurs venus de l'autre côté de l'Atlantique pour défendre la France : le sous-lieutenant Edwin Cedric Clarke, pilote canadien de la Royal Air Force , mort au-dessus d'Antilly le 13 août 1918.
Né le 23 juin 1896 à REGINA , dans la province canadienne de la Saskatchewan, Edwin Cédric Clarke grandit au sein du vaste Empire britannique. Lorsque la guerre éclate en 1914, de nombreux Canadiens répondent à l'appel. Comme des milliers de jeunes volontaires du Commonwealth, il choisit de s'engager pour combattre en Europe.
Devenu pilote militaire, il est affecté au 104 Squadron de la Royal Air Force. Son unité est équipée du Airco DH.9, un bombardier biplace destiné aux missions de bombardement en profondeur. Chaque appareil emporte un pilote et un observateur-mitrailleur, chargé à la fois de la navigation et de la défense de l'avion.
À partir de 1918, le 104 Squadron est basé en Lorraine ( hors zone annexée ) et participe à des raids contre les infrastructures industrielles et ferroviaires allemandes. L'objectif est d'affaiblir les capacités de transport et de production de l'armée allemande.
Le 13 août 1918, Edwin Cedric Clarke décolle pour participer à un bombardement des ateliers ferroviaires de Thionville, un objectif stratégique de première importance.
Souvenons nous également de son Observateur -mitrailleur ,
Le lieutenant James Lawrence Cathcart Sutherland, MC, 1er bataillon le Queen's Own (Royal West Kent Regiment) et 104e Escadron, Royal Air Force.
Né en 1898 à DURHAM Afrique du Sud ,
Gentleman Cadet au Collège militaire royal de Sandhurst. Commandé dans le Royal West Kent Regiment en tant que 2e lieutenant le 15 septembre 1915. Promu lieutenant le 1er janvier 1917. Il est attaché au 3e bataillon (réserve) à Fort Darland, Chatham, Kent en service pour une formation supplémentaire avant de rejoindre le 1er bataillon, faisant partie de la 13e brigade, 5e division, en France en août/sep 1916 lors de la bataille de la Somme (1er juillet-18 novembre 1916). En 1917, ils ont combattu lors de la bataille d'Arras (9 avril au 16 mai 1917) et de la 3e bataille d'Ypres/Passchendaele (31 juil.-10 novembre 1917). Il a reçu la Croix militaire (MC) dans la liste d'honneur du Nouvel An 1918 [London Gazette: 1jan 1918].
Il est promu capitaine par intérim le 24 septembre 1917 et commande une compagnie du 23 décembre 1917 au 1er avril 1918. À la fin de 1917, le bataillon est envoyé avec la 5e division en Italie, mais lorsque l'armée allemande lance son offensive de printemps le 21 mars 1918, ils sont rappelés en France et sont en action pendant la bataille de la Lys (9-29 avril 1918). Le lieutenant Sutherland a demandé à être transféré à la Royal Air Force en tant qu'observateur. Après sa formation , il est transféré le 3 avril 1918. Il est rattaché au 104e Escadron de la RAF le 11 juillet 1918. Le 13 août 1918, il volait comme observateur dans un DH9 [D3088] piloté par le 2e lieutenant Edwin Cedric CLARKE .
Antilly sous le ciel de la Grande Guerre
« Un petit village peut être le témoin de la grande Histoire. »
Une terre proche de la frontière située au nord-est de Metz, le village d'Antilly , aujourd'hui paisible. Pourtant, durant la Première Guerre mondiale, cette partie de la Moselle occupe une position stratégique.
Depuis le traité de Francfort de 1871, qui met fin à la guerre franco-prussienne, l'Alsace et une partie de la Lorraine sont annexées à l'Empire allemand.
Antilly devient alors un village allemand, intégré au Reichsland Elsaß-Lothringen. Pendant près d'un demi-siècle, ses habitants vivent sous administration allemande.
Lorsque la guerre éclate le 3 août 1914, la frontière française ne se trouve qu'à quelques dizaines de kilomètres. Très vite, la Moselle devient un vaste territoire militaire où les déplacements sont contrôlés, les voies ferrées surveillées et les populations soumises aux contraintes de l'annexion et de la guerre.
À partir de 1917, les Alliés cherchent à frapper le cœur de l'industrie allemande. Les usines, les dépôts de mu*****ns et surtout les grands nœuds ferroviaires deviennent des objectifs prioritaires.Thionville, Metz, Conflans, Hagondange et les installations sidérurgiques de la vallée de l'Orne constituent des cibles majeures. Les bombardiers britanniques traversent régulièrement le ciel de la Moselle, escortés ou poursuivis par les chasseurs allemands.
Chaque mission est périlleuse. Les aviateurs affrontent non seulement les avions ennemis, mais aussi les batteries de DCA qui protègent les objectifs stratégiques. Les appareils deviennent plus rapides, plus puissants et mieux armés. Les missions de reconnaissance laissent progressivement place aux combats aériens et aux bombardements stratégiques.
L'été 1918
• Au cours de l'été 1918, la guerre entre dans sa phase décisive.
• Les offensives allemandes du printemps ont échoué. Les armées alliées reprennent progressivement l'initiative. Pour empêcher l'ennemi d'acheminer rapidement ses renforts vers le front, les états-majors intensifient les bombardements des voies ferrées et des centres logistiques.
• Chaque jour, des dizaines d'appareils décollent des terrains d'aviation du nord de la France pour rejoindre les objectifs situés en Lorraine annexée.
•Leurs itinéraires les conduisent fréquemment au-dessus d'Antilly.
• Les habitants voient passer ces formations d'avions dans un grondement de moteurs encore peu familier. Certains jours, ils assistent également aux combats qui éclatent dans le ciel.
Le mardi 13 août 1918
Ce matin-là, plusieurs bombardiers britanniques prennent la direction de Thionville, objectif stratégique de première importance
Parmi eux se trouve un Airco DH.9 portant le numéro D3088.
À son bord prennent place deux jeunes officiers :
• le pilote canadien Second Lieutenant Edwin Cedric Clarke ;
• son observateur sud - africain , le Lieutenant James Lawrence Cathcart Sutherland, décoré de la Military Cross.
• Le ciel devient un nouveau champ de bataille
Au cours de la mission, son DH9, immatriculé D3088, est touché par les tirs d’un avion ennemi.
Grièvement blessé, il parvient néanmoins à poursuivre son vol vers les lignes alliées ..
Ils ne reviendront jamais.
Leur avion s'écrase sur le territoire d'Antilly ( dans les vignes , dans la montée vers Chailly) , où Edwin Cedric Clarke trouve la mort à l'âge de vingt-deux ans , son mitrailleur Observateur James Lawrence Cathcart Sutherland 20 ans , est gravement blessé et transporté par les habitants d’Antilly vers la garnison allemande qui stationne non loin du village .. Il est emmené à l’hôpital à METZ ( Legouest) , mais décédera de ses blessures . Il fut enterré sommairement, puis à la fin de la guerre sera inhumé dans le carré Anglais dans la Nécropole militaire de METZ CHAMBIERE .
La Première Guerre mondiale a profondément bouleversé la Lorraine. Les habitants ont vécu les restrictions, les incorporations de force (malgré nous , malgré elle ) les séparations, les inquiétudes et les changements imposés par les événements. Durant la Première Guerre mondiale, les habitants ont vu apparaître une nouvelle forme de guerre : la guerre aérienne.
Les avions qui traversaient le ciel n’étaient plus seulement des machines d’observation. Ils transportaient des hommes, des a***s et des bombes.
Une mémoire à transmettre , Antilly n’a pas oublié
Plus de cent huit ans après les événements, l’histoire d’Edwin Cédric Clarke et de James Lawrence Cathcart Sutherland continue de vivre grâce à la mémoire du village. Lorsque c'est possible , nous expliquons aux jeunes élèves des écoles , la réalité des guerres , les sacrifices comme ceux d’Edwin Cédric et James Lawrence ..
Conserver cette histoire, c’est notre devoir et de transmettre aux nouvelles générations un message simple : la paix dont nous bénéficions aujourd’hui est aussi liée aux sacrifices de jeunes hommes venus de loin.
La tombe du pilote canadien n’appartient pas seulement au passé. Elle fait partie du patrimoine d’Antilly.
Nous avons essayé plusieurs fois de prendre contact avec la Municipalité canadienne de REGINA , mais cela n’a pas abouti, je ne désespère pas qu’un jour le lien se rétablisse entre la terre natale d’Edwin Cédric CLARKE et son lieu où il repose depuis plus d un siècle..
Malheureusement , il y en aura d'autres .. (A suivre)
Gilles ZOLVER