30/07/2026
: le classé le plus au pour voyager seul, un titre sensationnel et nuisible !
C’est le titre pour le moins surprenant dont se sont fait l'écho, plusieurs médias, à la suite d’une étude publiée par le comparateur américain d’assurances voyage Squaremouth. Il attribue au Gabon un indice de risque de 8,51 sur 10. Un score qui hisse étonnament le Gabon devant des nations habituellement associées à l’insécurité chronique, comme le Pérou ou la Bolivie, et juste derrière le Venezuela et la Colombie.
Plus étonnant encore, cette étude est publiée quelques jours après le déploiement par le Ministre du Tourisme durable et de l’artisanat, Pr Marcelle Ibinga Épse Itsitsa,
d'outils stratégiques visant la promotion de la destination Gabon, la structuration du secteur du tourisme pour attirer les investisseurs et les visiteurs internationaux d’une part, et la création d’opportunités de bénéfices au profit des populations gabonaises, d’autre part.
Il s’agit notamment :
➡️ du lancement de la troisième édition de la Caravane touristique du Gabon, qui se déroule du 17 juillet au 6 septembre 2026. Cette caravane propose des séjours immersifs organisés en 9 hubs et 4 grands circuits pour découvrir le patrimoine naturel et culturel du pays à des prix abordables.
➡️ de la présentation en juin 2026 de la du durable et de la de l' du Gabon, qui repose sur trois axes : la modernisation de l'économie touristique, le renforcement de l'artisanat et la réhabilitation des infrastructures ;
➡️ de la présentation officielle le 13 mai 2026 de deux supports :
- Le de l' du Gabon, qui met en avant les niches à fort potentiel, les procédures clés et les 22 sites prioritaires répartis dans les neuf provinces du Gabon ;
- et le de officiel du Gabon 2026, un outil de promotion touristique, qui vise la mise en valeur des parcs nationaux, de la faune, de la flore et des paysages écotouristiques uniques du pays ; la présentation des traditions locales, des expressions culturelles et du savoir-faire artisanal gabonais ; l’accompagnement des hôtels, agences et structures d'accueil locales à travers une vitrine dédiée.
Toutes ces initiatives s’inscrivent pleinement dans la vision impulsée par le Président de la République Chef de l’État, Chef du Gouvernement, SEM Brice Clotaire Oligui Nguema.
Elles répondent aux priorités exprimées dans la feuille de route gouvernementale, qui font du tourisme et de l’artisanat, des leviers essentiels de la diversification économique.
Le Ministère du Tourisme durable et de l’artisanat et l’opérateur national (Agence Gabonaise de Developpement et de Promotion du tourisme et de L’Hôtellerie) s’attèlent à faire du Gabon une destination de référence, en misant sur ses atouts naturels uniques : forêts classées au patrimoine mondial, parcs nationaux riches en biodiversité, côtes s'étendant sur environ 800 à 950 kilomètres le long de l'océan Atlantique, et un potentiel écotouristique exceptionnel.
Dans le même ordre d'idées, l’artisanat est repositionné comme une filière économique autonome, capable de générer des revenus, de favoriser l’inclusion sociale et de valoriser le savoir-faire local.
L’objectif visé par Mme le Ministre du tourisme durable et de l’artisanat est de faire du tourisme responsable et inclusif, associé à un artisanat dynamique, un moteur de croissance partagée. Ces secteurs sont appelés à jouer un rôle majeur dans la création d’emplois, la réduction des inégalités territoriales et la valorisation du patrimoine naturel et culturel gabonais.
Il est donc difficile de croire que le moment choisi par le comparateur américain d’assurances voyage Squaremouth pour publier cette étude soit neutre.
Ce classement du Gabon comme pays à risque, ne peut qu’influencer directement les arbitrages des touristes et des compagnies d’assurance.
Le positionnement du Gabon devant la Jamaïque, la Guyane, l’Équateur et l’Afrique du Sud, des destinations réputées bien plus exposées à la criminalité violente, ne peut pas laisser indifférent tout voyageur envisageant un séjour au Gabon en solitaire ou accompagné.
Squaremouth justifie ce classement par le risque sanitaire qui existerait au Gabon, notamment l’accès limité aux soins de santé.
De là à classer le Gabon comme étant le 3e pays le plus dangereux au monde pour voyager seul, le spectre de l’insécurité ne peut que s’y accoler.
Ce classement a de quoi inquiéter, et ne peut alimenter dans l’esprit de tout potentiel voyageur, que l’image d’un pays à éviter à tout prix.
L’imaginaire collectif ne peut que spontanément associer un tel classement à la violence et à l’insécurité.
Simple hasard de calendrier ou campagne de dénigrement ?
Le déficit d’infrastructures médicales pèse à lui seul sur l’essentiel de la note finale attribuée au Gabon, loin devant tout facteur lié à la violence, à la criminalité ou à l’instabilité.
On est donc en droit de se poser les questions suivantes :
- En quoi ce déficit ferait du Gabon le troisième pays le plus dangereux pour voyager seul ?
- Le taux de mortalité du fait de ce déficit serait-il aussi élevé au Gabon ?
- Pourquoi cet effet d’annonce qui sonne comme une alerte rouge ?
Squaremouth construit son indice à partir de huit critères combinés : sécurité perçue, indices de paix et de criminalité, exposition aux catastrophes naturelles, qualité de la connexion mobile et accès aux soins de santé. Sur 5 critères, c’est sur celui de la santé que le Gabon affiche le pire score de toute l’étude, soit 31,5 sur 100, pour une moyenne de deux lits d’hôpital pour 1.000 habitants.
Le Gabon n’a pas à subir cette mauvaise réputation. La faiblesse du système de santé, sans rapport avec l’insécurité et la violence, ne peut pas à elle seule, déterminer le facteur "risque" et qualifier le Gabon de "pays dangereux".
Le Gabon n’est pas un pays où la pratique du tourisme est dangereuse. Comme partout ailleurs dans le monde, voyager seul sans préparation, sans connaissance du terrain et sans accompagnement peut s'avérer risqué. Tout voyageur est appelé à prêter attention à trois points essentiels : la vigilance urbaine, l'accompagnement spécialisé et les précautions de transport.
Le Gabon a mis en place, dans le cadre de la caravane touristique, une pour encadrer et sécuriser les visiteurs sur les circuits officiels.
Pour les voyageurs non accompagnés, il est conseillé de passer par des agences locales agréées pour les parcs nationaux ou de se faire accompagner par des guides touristiques reconnus pour l’assistance dans le choix des itinéraires adaptés et sûrs, et l’assistance en cas d’imprévu. Leur rôle est de faire découvrir aux touristes, le patrimoine naturel et culturel, leur faire vivre une expérience authentique, sécurisée et de qualité.
Le Gabon est surnommé le « Dernier Éden » en raison de son immense forêt équatoriale qui couvre plus de 80 % de son territoire, de ses 13 parcs nationaux préservés et de sa biodiversité unique au monde.
Son système de santé n’est certes pas aussi développé que celui des grandes métropoles, mais il ne constitue pas une menace criarde pour ses habitants et ses visiteurs. Il repose sur trois piliers principaux : le secteur public civil et militaire, le secteur parapublic et le secteur privé. Il s'organise autour d'une pyramide sanitaire divisée en 10 régions et fait l'objet de réformes récentes axées sur la modernisation des infrastructures.
Le pays fait face certes, à un déficit de plateaux techniques complets hors des grandes villes, et à un ratio faible d'environ deux lits d'hôpital pour 1.000 habitants, d’où l’action du gouvernement qui multiplie les chantiers de réhabilitation en provinces et la construction de nouveaux hôpitaux spécialisés.
L’action du gouvernement s’intensifie avec l’accélération de la modernisation du système de santé autour quelques axes clés :
- l'entrée en vigueur du nouveau Code de la santé, un cadre légal moderne pour structurer les hôpitaux publics et l’offre de soins, sécuriser les parcours de soins et encadrer les pratiques médicales publiques et privées ;
- l'acquisition d'une importante cargaison d'équipements médicaux d'une valeur de 18 milliards de francs CFA d'équipements biomédicaux, pour équiper les structures sanitaires du pays ;
- la gratuité des soins d’urgence durant les premières 24 heures dans les structures publiques ;
- l’amélioration de la gouvernance à travers des audits de performance menés dans les principaux grands hôpitaux et Centres Hospitaliers Universitaires, pour limiter les évacuations sanitaires à l'étranger.
- la digitalisation du système de santé avec le projet eGabon-SIS axé sur la digitalisation des données de santé et la gestion des processus pharmaceutiques ;
- la consolidation de la souveraineté pharmaceutique, avec la recherche de solutions pour pérenniser l’outil de production locale de médicaments, à l'instar de l'usine pharmaceutique de Nkok, dénommée La Santé Pharmaceutique, première unité de fabrication de médicaments génériques au Gabon.
Le Ministère du Tourisme et de l’Artisanat, et son opérateur national AGATOUR, ne cèderont pas aux titres sensationnels et demeurent concentrés sur leur mission, tout en encourageant les voyageurs à adopter les bonnes pratiques, préparer leur voyage, respecter les consignes et surtout s’attacher les services de guides touristiques professionnels certifiés et officiellement reconnus, pour des séjours bien encadrés et sécurisés.
Le risque zéro n’existe dans aucune destination au monde. Mais il est bien dommage de constater qu’aucune nuance n'est donnée au public par l’algorithme du classement de Squaremouth, pour préciser que le Gabon ne se retrouve pas dans ce palmarès à cause d’un niveau élevé de criminalité ou d’une insécurité généralisée, mais à cause de la faiblesse de son système de santé.