20/03/2026
À Monsieur le Procureur chargé de la cybercriminalité,
Monsieur Coulibaly,
Monsieur le Procureur,
Avec tout le respect et la considération que je vous dois, je me permets de vous interpeller sur une situation qui suscite une profonde préoccupation au sein de notre société.
Il s’agit de l’application récemment proposée par Madame Diaba Sora, offrant des services d’appels payants accessibles au grand public. Si le caractère commercial d’un tel dispositif ne saurait, en soi, être assimilé à une infraction, la nature des échanges susceptibles d’y être encouragés appelle toutefois une vigilance accrue.
En effet, ce dispositif rappelle, à bien des égards, le système des « téléphones roses » développé dans certains pays occidentaux, où des conversations à caractère érotique sont monnayées, générant à la fois dépendance, dérives comportementales et fragilisation des liens familiaux. Les conséquences sociales de telles pratiques sont aujourd’hui largement documentées.
Monsieur le Procureur, au-delà de l’aspect purement technologique ou économique, cette initiative touche directement à nos valeurs, à nos repères moraux et à la stabilité de nos foyers. Une société ne peut évoluer harmonieusement si certaines pratiques, étrangères à ses fondements, s’y introduisent sans encadrement ni réflexion préalable.
Dès lors, il apparaît impératif que toute la lumière soit faite sur cette application. Madame Diaba Sora doit nous édifier clairement sur les objectifs réels de cette plateforme, sur la nature précise des services proposés, ainsi que sur les garanties mises en place pour prévenir toute dérive contraire à nos mœurs et à la protection des plus vulnérables, notamment la jeunesse.
Car, s’il est vrai que chacun est libre de ses choix individuels, il n’en demeure pas moins que toute activité rendue publique et accessible à grande échelle exerce inévitablement une influence sur l’ensemble du corps social, en particulier sur les esprits les plus jeunes.
Binta Jean Bitard