04/05/2026
Historiquement, les échéances électorales en Guinée auraient dû être le théâtre d'une confrontation d’idées fertile et nécessaire. Pourtant, ce à quoi nous assistons aujourd'hui est un spectacle désolant, un espace public tendu, fermé, où le souffle démocratique semble s'être éteint. Le niveau du débat déçoit autant que les candidatures peinent à rassurer. Dans ce vide sidérant, l’échange politique a tout simplement disparu, laissant place à une absence totale de dynamique collective. Rien ne transparaît qui puisse donner envie de croire en un projet commun, tant l’impression prédomine que beaucoup ne visent un siège que pour leur propre existence sociale, désertant la mission sacrée de servir pour se contenter de paraître.
Pendant que les ambitions personnelles s'exposent, les véritables tragédies nationales restent au placard, étouffées par un silence radio coupable. On ne parle plus de la liberté de la presse, de plus en plus malmenée, ni du coût de la vie qui étrangle chaque jour davantage les familles guinéennes. On ignore superbement le désordre total de l’immobilier et ces loyers hors de contrôle qui font de Conakry une ville invivable pour le citoyen moyen. Plus grave encore, la question des disparitions de nos compatriotes demeure sans réponses claires, comme si la vie humaine était devenue une variable ajustable.
Il n’y a plus de cap, plus de propositions concrètes, plus de confrontation de projets. Le peuple appelle au débat, mais il n'obtient qu'un monologue collectif où chaque acteur parle sans écouter, gravitant autour de ses propres intérêts. En refusant de s'attaquer aux sujets qui brûlent, cette classe politique ne se contente pas de décevoir, elle démissionne face à l'histoire.