28/07/2026
𝐃𝐄́𝐂𝐋𝐀𝐑𝐀𝐓𝐈𝐎𝐍 𝐃𝐄 𝐋𝐀 𝐑𝐄́𝐏𝐔𝐁𝐋𝐈𝐐𝐔𝐄 𝐃𝐔 𝐌𝐀𝐋𝐈
𝐚𝐮 𝐅𝐨𝐫𝐮𝐦 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐃𝐢𝐚𝐬𝐩𝐨𝐫𝐚 𝐍𝐢𝐠𝐞́𝐫𝐢𝐞𝐧𝐧𝐞 — 𝐄́𝐝𝐢𝐭𝐢𝐨𝐧 𝟐𝟎𝟐𝟔
Madame la Modératrice,
Mesdames et Messieurs les Ministres,
Mesdames et Messieurs les représentants des organisations internationales,
Mesdames et Messieurs les membres de la diaspora,
Distingués invités,
Permettez-moi, avant tout propos, de vous transmettre les salutations fraternelles et chaleureuses de Son Excellence le Général d’Armée Assimi GOÏTA, Président de la Transition, Chef de l’État de la République du Mali, adressées à Son Excellence le Général d’Armée Abdourahamane TIANI, Président de la République du Niger, ainsi qu’au peuple frère et vaillant du Niger.
Je voudrais également exprimer ma profonde gratitude à mon frère et homologue, Son Excellence Bakary Yaou SANGARÉ, Ministre des Affaires étrangères, de la Coopération et des Nigériens à l’Extérieur, pour son invitation généreuse et pour l’organisation de ce Forum remarquable. Ce Forum n’est pas une rencontre ordinaire. Il est le signe d’une vision lucide, ambitieuse et souveraine : celle d’un État qui regarde sa diaspora non comme une réalité subie, mais comme une force à mobiliser.
Mesdames et Messieurs,
Permettez-moi de commencer par une question simple, mais fondamentale.
Lorsque nous parlons de diaspora, à quoi pensons-nous spontanément ?
Nous pensons aux transferts d’argent. Aux milliards envoyés chaque année. Aux familles soutenues. Aux maisons construites dans nos villages. Et cette réalité est précieuse elle est même vitale pour des millions de nos concitoyens.
Mais je suis profondément convaincu que réduire la diaspora à sa seule dimension financière serait une erreur stratégique de première grandeur.
Car la première richesse de notre diaspora, ce n’est pas son argent.
Sa première richesse, ce sont ses femmes et ses hommes.
Ce sont leurs compétences. Leurs expériences. Leurs réseaux. Leur capacité d’innovation. Leur connaissance intime des marchés internationaux. Leur présence dans les universités, dans les laboratoires de recherche, dans les grandes entreprises technologiques, dans les centres de décision économique du monde entier.
Autrement dit, notre diaspora représente aujourd’hui un capital humain mondial d’une valeur inestimable.
Et c’est précisément cette vision qui guide l’action du Gouvernement de la République du Mali.
Mesdames et Messieurs,
Lorsqu’un jeune Malien devient ingénieur en intelligence artificielle au Canada, médecin spécialiste en France, entrepreneur aux États-Unis, chercheur au Japon ou expert en énergies renouvelables au Maroc il ne s’éloigne pas du Mali.
Au contraire.
Il devient un ambassadeur économique de notre nation. Il acquiert des compétences que notre pays pourra mobiliser. Il construit des réseaux. Il ouvre des portes. Il crée des opportunités que nous n’aurions jamais pu imaginer seuls.
C’est là que commence le véritable développement.
Au Mali, nous avons décidé de changer notre regard sur la migration. Nous ne voulons plus voir uniquement les défis. Nous voulons voir, avant tout, les opportunités.
Nous avons posé une question simple à nos compatriotes de l’extérieur : pourquoi souhaitez-vous investir au Mali sans finalement passer à l’action ?
Et leurs réponses étaient presque toujours les mêmes :
« Nous ne savons pas où investir. »
« Les procédures nous paraissent complexes. »
« Nous ne connaissons pas les secteurs porteurs. »
« Nous avons peur des risques. »
Le problème n’était pas l’absence de volonté. Le problème était l’absence d’accompagnement.
Mesdames et Messieurs,
C’est à partir de ce constat lucide que le Ministère des Maliens établis à l’Extérieur et de l’Intégration africaine a profondément réorienté sa mission.
Nous avons décidé que notre rôle ne se limitait plus à protéger nos compatriotes. Notre rôle était aussi et surtout de devenir le premier facilitateur de leurs projets.
Cette nouvelle vision s’est traduite par des initiatives concrètes et structurantes.
Nous avons organisé le Forum International de la Diaspora (FID), une plateforme permanente de dialogue économique où l’État écoute, où les investisseurs présentent leurs projets, où les banques proposent leurs instruments financiers, et où les partenaires techniques accompagnent les initiatives.
Lors de la deuxième édition, nous avons franchi une étape supplémentaire, en passant résolument d’une logique de sensibilisation à une logique de concrétisation. Les Diaspora Impact Days ont permis à des entrepreneurs de présenter directement leurs projets à des investisseurs et à des institutions financières. Nous avons lancé le Club des 100 Investisseurs de la Diaspora une communauté d’ambassadeurs économiques qui démontrent, par l’exemple, que l’investissement au Mali est possible, rentable et porteur d’avenir.
Nous avons également élaboré le Guide d’investissement productif de la diaspora malienne non pas comme un simple document technique, mais comme un outil de confiance, traduisant une philosophie nouvelle : l’État doit accompagner l’investisseur, et non compliquer son parcours.
Mesdames et Messieurs,
Je voudrais maintenant ouvrir une perspective qui me paraît essentielle et qui est au cœur même de notre présence ici, à Niamey.
Nous parlons aujourd’hui de la diaspora nigérienne. Je viens partager l’expérience de la diaspora malienne. Nos frères du Burkina Faso développent également leurs propres initiatives.
Mais pourquoi rester chacun dans notre espace national, alors que nous formons une Confédération ?
Imaginez la puissance d’un Forum économique commun des diasporas de l’AES. Des entrepreneurs maliens, nigériens et burkinabè, établis au Canada, en France, aux États-Unis ou dans les pays du Golfe, construisant ensemble des projets régionaux d’envergure.
Imaginez une plateforme numérique mutualisée des compétences sahéliennes où chaque État de la Confédération pourrait mobiliser rapidement un expert en cybersécurité, en intelligence artificielle, en médecine spécialisée ou en agriculture intelligente, issu de l’ensemble de notre diaspora commune.
Imaginez un Fonds régional d’investissement de la diaspora de l’AES, soutenu par nos États, nos banques régionales et nos partenaires stratégiques, capable de financer des projets transfrontaliers structurants.
Voilà, me semble-t-il, une ambition à la hauteur de notre Confédération. Une ambition à la hauteur de notre souveraineté.
Mesdames et Messieurs,
Je voudrais conclure par une conviction profonde, que je porte comme une certitude.
L’avenir de nos États ne dépendra pas uniquement de nos ressources naturelles.
Il dépendra de notre capacité à mobiliser notre première et plus précieuse richesse : nos femmes et nos hommes.
La diaspora n’est pas une population qui vit à l’étranger. Elle est une partie intégrante de la Nation. Elle est une intelligence collective. Elle est un réseau mondial. Elle est une source permanente d’innovation et un levier de diplomatie économique sans équivalent.
Et surtout, elle est un partenaire indispensable de notre souveraineté.
Je félicite très chaleureusement les autorités nigériennes pour cette initiative visionnaire, qui rejoint les préoccupations profondes du Mali et de l’ensemble des pays de l’AES.
Je forme le vœu sincère que ce Forum soit le point de départ d’une coopération encore plus ambitieuse, encore plus intégrée entre nos nations.
Car nos diasporas sont certes dispersées aux quatre coins du monde.
Mais leur cœur, lui, continue de battre pour le Sahel.
Je vous remercie.
𝐌𝐨𝐬𝐬𝐚 𝐀𝐆 𝐀𝐓𝐓𝐀𝐇𝐄𝐑
𝐌𝐢𝐧𝐢𝐬𝐭𝐫𝐞 𝐝𝐞𝐬 𝐌𝐚𝐥𝐢𝐞𝐧𝐬 𝐞́𝐭𝐚𝐛𝐥𝐢𝐬 𝐚̀ 𝐥’𝐄𝐱𝐭𝐞́𝐫𝐢𝐞𝐮𝐫 𝐞𝐭 𝐝𝐞 𝐥’𝐈𝐧𝐭𝐞́𝐠𝐫𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐚𝐟𝐫𝐢𝐜𝐚𝐢𝐧𝐞