08/03/2026
Drame de Tillabéri : Le témoignage d'un rescapé (sous anonymat)
On nous a envoyés au sacrifice
« Ce n'est pas l'ennemi qui nous a battus, c'est le vide dans nos mains. »
« Nous étions une vingtaine d'hommes envoyés en première ligne près de Dessa. Quand les éléments de l'EIGS ont surgi, ils n'étaient pas une armée ; ils n'étaient qu'une dizaine. En temps normal, avec un équipement standard, nous en aurions fait une formalité. Nous aurions défendu la patrie avec la force qu'on nous a apprise.
Mais la réalité sur le terrain était un cauchemar : sur nos 20 soldats, nous n'avions que 5 AKM en état de marche. Et le pire ? Les munitions. Après quelques échanges, le silence. Plus rien pour répondre aux tirs. »
« J'ai vu mes frères tomber les uns après les autres. Le Lieutenant Mohamed Ahmed et les autres... ils ne sont pas morts parce qu'ils manquaient de courage. Ils sont tombés parce qu'ils n'avaient rien pour répliquer. Imaginez la scène : voir un camarade s'écrouler devant vous alors que vous tenez un AKM vide ou que vous attendez votre tour pour utiliser l'une des rares armes disponibles.
C'est une trahison. Si nous avions eu le matériel nécessaire, nous serions tous rentrés pour embrasser nos familles. »
« Et aujourd'hui, on nous dit qu'ils seront enterrés là-bas, dans le sable de Tillabéri, sans honneurs, sans cérémonie, comme si leur vie n'avait pas de valeur. On nous refuse même le droit de leur dire adieu avec la dignité due à des soldats. On meurt faute de fusils, et on nous enterre dans l'indifférence. C'est l'amertume qui nous tue plus que les balles de l'ennemi. » c'est ça la réalité du Niger d'aujourd'hui sous Tiani.
Voici la photo de quelques soldats tombés.