ACT Sénégal

ACT Sénégal Alliance pour la Citoyenneté et le Travail
Travail - Ethique - Espoir
Saxal Jëf Travail - Éthique - Espoir
Saxal Jëf

Les bâtisseurs du désordre républicainAu Sénégal, la politique possède ce talent singulier de transformer chaque réforme...
29/06/2026

Les bâtisseurs du désordre républicain

Au Sénégal, la politique possède ce talent singulier de transformer chaque réforme en une véritable scène de théâtre national. Le dernier acte met en vedette Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko dans une représentation où les deux hommes prétendent tenir le même gouvernail tout en imprimant des trajectoires différentes à l’embarcation commune.

On nous avait pourtant présenté un duo historique, une alliance indéfectible, un tandem si fusionnel qu’il relevait presque de la fraternité siamoise. Mais au moment d’aborder une réforme constitutionnelle soigneusement élaborée et manifestement porteuse d’objectifs politiques précis, voilà que les deux artisans du changement semblent découvrir qu’ils ne regardent pas exactement dans la même direction.

Pour de nombreux observateurs critiques, cette divergence ne serait pas uniquement institutionnelle. Elle traduirait aussi une rivalité larvée au sommet de l’État. L’éloignement d’Ousmane Sonko de la Primature, décidé par le président Diomaye Faye dans le cadre de la nouvelle architecture gouvernementale, aurait laissé des frustrations politiques profondes. Ses détracteurs y voient la conséquence d’une incapacité à incarner durablement les exigences de la fonction ; ses partisans, au contraire, dénoncent une marginalisation injustifiée.

Toujours est-il que le paradoxe est saisissant : celui qui fut le principal artisan de l’accession au pouvoir du nouveau régime apparaît désormais comme le plus fervent soutien d’amendements visant à réduire les prérogatives présidentielles. Une posture qui alimente l’idée qu’au-delà des principes affichés, une bataille d’influence se joue désormais au sein même du pouvoir.

Le président avance avec la retenue et la gravité qu’impose sa fonction. Son ancien mentor politique, lui, intervient avec la liberté de ton d’un opposant demeuré dans la majorité. Il critique, corrige, commente et oriente, donnant parfois l’impression que la principale force contradictoire du régime siège désormais autour de la même table que le pouvoir.

Les Sénégalais assistent ainsi à une configuration inédite : un chef de l’État qui doit gouverner, arbitrer et rassurer, tout en veillant à préserver l’autorité de l’institution présidentielle face aux remises en cause provenant de son propre camp. Une mission qui exige autant de fermeté que de sens politique.

Quant à la réforme constitutionnelle, elle apparaît moins comme un chantier de consolidation démocratique que comme une pièce dont le scénario aurait été rédigé bien avant l’ouverture du rideau. Les rôles semblent distribués avec soin, les interventions calibrées et les objectifs ajustés aux rapports de force du moment. La Constitution, fondement de la République, donne parfois le sentiment d’être convoquée pour arbitrer des équilibres politiques plus que pour renforcer durablement les institutions.

Le paradoxe demeure entier : comment être simultanément le soutien le plus fidèle du président et l’artisan des mécanismes susceptibles d’affaiblir sa fonction ? Comment défendre l’unité du fameux projet pastefien tout en soutenant des réformes qui réduisent l’autorité de celui qui l’incarne ?

Pendant ce temps, le peuple sénégalais observe ce ballet institutionnel avec un mélange d’amusement, de perplexité et de patience. Car, au pays de la Teranga, chacun sait que la distance entre les promesses de rupture et l’exercice concret du pouvoir peut parfois s’apparenter à un vaste océan, que même les alliances les plus solides peinent à traverser sans remous.

Ainsi, tandis que les uns réforment, que les autres rectifient, que certains interprètent et que d’autres applaudissent, la Constitution elle-même semble s’interroger silencieusement sur la finalité exacte qu’on entend désormais lui assigner.

fans
Ibrahima Thiam

Le protocole de Cap Manuel ou la République réduite à un arrangement personnelLes récentes déclarations de l’ex-Premier ...
03/06/2026

Le protocole de Cap Manuel ou la République réduite à un arrangement personnel

Les récentes déclarations de l’ex-Premier ministre Ousmane Sonko sur le prétendu « protocole de Cap Manuel » constituent sans doute l’un des aveux politiques les plus troublants de notre jeune démocratie. Au-delà de la querelle personnelle qui l’oppose aujourd’hui au président Bassirou Diomaye Faye, elles révèlent une conception inquiétante du pouvoir, de l’État et de la République.

À écouter Ousmane Sonko, le destin du Sénégal se serait joué dans une cellule de prison, à travers un accord informel entre deux hommes. L’un aurait accepté de porter une candidature présidentielle, de conduire un mandat de transition et de préparer ensuite l’accession de l’autre à la magistrature suprême en 2029. Ainsi, selon son propre récit, l’élection présidentielle n’aurait pas été la rencontre entre un peuple souverain et un projet politique, mais l’exécution d’un calendrier préétabli entre quelques individus.

Cette vision traduit une profonde méprise sur les fondements de la République. Une nation n’est pas une propriété privée. Le pouvoir n’est pas un héritage que l’on transmet selon un pacte conclu entre amis. La présidence de la République n’est pas une récompense que l’on distribue à tour de rôle. Dans une démocratie, le seul protocole qui vaille est celui du suffrage universel.

Les propos de Sonko donnent le sentiment que la République est assimilée à un gâteau dont les parts auraient été réparties à l’avance : à toi le mandat de 2024, à moi celui de 2029. Une telle logique est aux antipodes de l’esprit républicain. Elle réduit le peuple sénégalais au rôle de simple figurant dans un scénario écrit à huis clos.

Plus grave encore, ces déclarations constituent une forme de négation de la fonction présidentielle elle-même. Si l’on suit le raisonnement de l’ex-Premier ministre, le président Bassirou Diomaye Faye n’aurait été qu’un dépositaire provisoire d’un pouvoir destiné à revenir à son véritable propriétaire politique. Une telle conception est incompatible avec la dignité de l’institution présidentielle et avec le respect dû aux millions de Sénégalais qui ont participé au scrutin de 2024.

Le plus surprenant est que ces révélations soient faites avec une apparente fierté. Là où un démocrate devrait s’empresser de rassurer les citoyens sur l’indépendance des institutions et la liberté du choix populaire, Ousmane Sonko semble considérer comme normal qu’un accord personnel puisse déterminer plusieurs cycles électoraux à l’avance.

La République sénégalaise vaut mieux que des arrangements de circonstance négociés derrière les murs d’une prison. Elle vaut des institutions fortes, des dirigeants respectueux de leur mandat et des citoyens libres de choisir leurs gouvernants sans être enfermés dans des contrats politiques secrets.
Le véritable scandale n’est peut-être pas l’existence supposée d’un « protocole de Cap Manuel ». Le scandale réside dans le fait qu’un responsable politique de premier plan puisse croire qu’un tel protocole serait légitime et compatible avec les principes démocratiques.

Le Sénégal n’appartient ni à Ousmane Sonko, ni à Bassirou Diomaye Faye, ni à aucun parti politique. Il appartient exclusivement au peuple sénégalais. Et aucun serment, aucune promesse personnelle, aucun pacte conclu dans l’ombre ne saurait se substituer à la seule volonté qui fonde la légitimité républicaine : celle du peuple souverain.

fans

 fans
30/05/2026


fans

Fin de règne à la Primature : l’exigence du bilan et des auditsLa décision du président Bassirou Diomaye Faye de mettre ...
24/05/2026

Fin de règne à la Primature : l’exigence du bilan et des audits

La décision du président Bassirou Diomaye Faye de mettre fin aux fonctions du Premier ministre Ousmane Sonko ouvre une séquence politique et institutionnelle qui impose une exigence républicaine simple : celle du bilan et de la reddition des comptes.

Après deux années passées à la Primature, il est normal que les Sénégalais demandent à Ousmane Sonko de présenter le bilan de son action gouvernementale. Cette exigence ne relève ni de l’hostilité politique, ni d’un quelconque acharnement contre sa personne. Elle procède simplement d’un principe démocratique élémentaire : lorsqu’on exerce les plus hautes responsabilités de l’État, on doit pouvoir rendre compte des résultats obtenus, des réformes engagées, des engagements tenus, mais aussi des difficultés rencontrées.

Dans une démocratie mature, le départ d’un Premier ministre ne peut être un simple événement politique suivi d’un silence institutionnel. Il doit être un moment de clarification et d’évaluation devant le peuple. Exiger un bilan de Ousmane Sonko aujourd’hui n’est donc pas une posture partisane ; c’est une exigence de cohérence démocratique, d’autant plus légitime que le régime actuel a lui-même construit une grande partie de son discours politique autour de la reddition des comptes et de la transparence.

À cet égard, l’exemple d’Abdoul Mbaye mérite d’être rappelé. À la fin de son passage à la Primature, il avait présenté un bilan de son action gouvernementale. Cet exercice traduisait une certaine idée de l’État et de la responsabilité publique : gouverner implique aussi d’expliquer et de rendre compte au moment du départ.

Cette culture du bilan devrait aujourd’hui s’imposer à tous les niveaux de responsabilité publique, notamment au regard des démissions récentes des directeurs généraux et responsables d’organismes publics réputés proches de Ousmane Sonko.

Ces départs successifs soulèvent naturellement des interrogations. Relèvent-ils uniquement d’une logique de fidélité politique à leur leader, ou traduisent-ils également une inquiétude liée à l’éventualité d’audits et de contrôles sur leur gestion ? La question mérite d’être posée avec responsabilité, d’autant plus que ces démissions interviennent dans un contexte politique particulier marqué par la perte, pour certains, de la protection politique qu’incarnait jusque-là Ousmane Sonko à la Primature.

Dans ce contexte, il devient difficile de ne pas s’interroger sur les conditions réelles des passations de service. Ont-elles été effectuées dans les règles ? Les états des lieux administratifs et financiers ont-ils été correctement établis ? Les documents de gestion ont-ils été transmis avec toute la rigueur nécessaire ? Autant de questions légitimes lorsqu’il s’agit de la gestion des ressources publiques.

C’est pourquoi il devient indispensable que des audits immédiats soient diligentés dans les structures concernées, accompagnés de passations de service en bonne et due forme. Non pas dans une logique de chasse aux sorcières ou de règlement de comptes, mais dans le respect des principes élémentaires de transparence, de continuité de l’État et de protection des deniers publics.

Le Sénégal ne peut continuer à fonctionner dans une culture où les prises de fonctions sont médiatisées et politisées, tandis que les départs se font dans la discrétion, sans bilan, sans contrôle et sans évaluation rigoureuse.

La rupture tant revendiquée ne prendra tout son sens que lorsqu’elle s’appliquera également aux pratiques de gouvernance. Car dans une République sérieuse, nul ne devrait exercer une responsabilité publique sans avoir, au moment de partir, le devoir d’en rendre compte devant la Nation.

Ibrahima Thiam, Président du parti ACT


fans
Ibrahima Thiam

Ibrahima Thiam fans
21/05/2026

Ibrahima Thiam
fans

Reçu ce jeudi au palais de la République par le président Bassirou Diomaye Faye, l’ancien Premier ministre Abdoul Mbaye a livré les grandes lignes de son entretien...

Ousmane Sonko : l’ego en bandoulière, la fonction en arrière-planIl y a chez Ousmane Sonko une constance presque rassura...
20/04/2026

Ousmane Sonko : l’ego en bandoulière, la fonction en arrière-plan

Il y a chez Ousmane Sonko une constance presque rassurante : même en changeant de costume, il garde les vieux réflexes. Le voilà désormais Premier ministre, mais avec l’âme intacte d’un opposant en campagne permanente. La fonction appelle à la retenue, à la pesée des mots, à une certaine gravité. Lui préfère encore la posture, le coup d’éclat, la phrase qui claque comme si chaque déclaration devait encore galvaniser une foule imaginaire.

Sa sortie contre Donald Trump en est une illustration presque caricaturale. Sur le fond, beaucoup peuvent partager ses réserves. Mais sur la forme, on assiste à un décalage troublant : celui d’un chef de gouvernement qui parle comme s’il était encore en meeting, libre de tout, responsable de rien.

Et puis il y a cet épisode presque savoureux, digne d’une comédie politique : la fameuse histoire du “maître du monde”. Une formule lancée, visiblement prise au pied de la lettre. Là où d’autres auraient vu une image, une exagération ou même une pointe d’ironie, lui y a vu une invitation presque une mission. Comme si les mots avaient déclenché une vocation soudaine.

On pourrait appeler cela “l’effet Boniface” : cette étrange alchimie où la flatterie, surtout lorsqu’elle vient de l’extérieur, agit comme un accélérateur d’ego. Certains dirigeants y résistent. D’autres s’y abandonnent avec une ferveur presque touchante. Chez Sonko, l’effet semble particulièrement puissant : il ne s’agit plus seulement de convaincre, mais de prouver, coûte que coûte, qu’il mérite le titre qu’on lui prête fût-il imaginaire.

Le problème, c’est que gouverner n’est pas un exercice de démonstration personnelle. Ce n’est ni un concours d’éloquence, ni une scène où l’on joue à être plus grand que nature. À trop vouloir incarner le rôle du combattant, il risque d’oublier celui du responsable. À trop chercher les applaudissements, il pourrait finir par négliger le silence exigeant de l’État.

En politique, il arrive un moment où il faut choisir : continuer à séduire ses « talibans », excusez du peu, ses militants les plus fanatiques ou commencer à gouverner.

fans
Ibrahima Thiam

Adresse

Dakar
3370

Notifications

Soyez le premier à savoir et laissez-nous vous envoyer un courriel lorsque ACT Sénégal publie des nouvelles et des promotions. Votre adresse e-mail ne sera pas utilisée à d'autres fins, et vous pouvez vous désabonner à tout moment.

Contacter L’organisation

Envoyer un message à ACT Sénégal:

Raccourcis

Partager