27/06/2026
ALERTE | CRISE POUR LES CREATEURS DE RICHESSE ET D'EMPLOIS
Le secteur privé féminin donne aussi de la voix
Nicole Gomis Gackou, la Présidente de l'Union des femmes chefs d'entreprises du Sénégal
Les entrepreneures sénégalaises s'alarment de la dégradation de la situation économique. Nicole Gomis Gackou, la présidente de l'Union des femmes chefs d'entreprises du Sénégal, qui s'exprimait samedi dernier lors d'une conférence à Dakar, affirme que l'économie est en berne et les jeunes sont désespérés.
« Depuis l'avènement de la nouvelle alternance, nous sommes un peu perdus. Nous ne savons pas où va notre pays. C'est un pays plus malade pour les jeunes. Il y a tellement de tergiversations au sommet de l'État à tel point qu'on ne sait plus en fait à quel saint se vouer », dit-elle.
« Nous avons besoin que l'État fasse de nos entreprises des champions. Pour payer des impôts, il faudrait avoir des entreprises fortes et pérennes. Si la politique publique est faite par des fonctionnaires dans leur bureau qui décident à la place des acteurs, ne nous étonnons pas que cela ne marche pas », poursuit Nicole Gackou.
La cheffe d'entreprise affirme que c'est problématique si celui qui doit vous accompagner à être un champion, vous tue de l'intérieur par des charges, des impôts, par la dette et cette polémique qui fait que, même vos partenaires privés, doutent aujourd'hui de votre capacité.
Toutefois, Nicole Gackou précise que dire que le secteur privé n'est pas accompagné ne veut pas dire que l'État ne fait rien pour le secteur privé. Selon elle, cela veut dire que le secteur privé est « mal accompagné ».
« Quand on amène les femmes à lutter contre la pauvreté, on les amène à être dans l'attentisme, dans l'aide, dans le soutien et non pas à être autonomes. On vous donne un crédit, on vous demande de le payer avec un taux de 18 %. Ce n'est pas possible. Les femmes vivent au jour le jour avec l'illusion qu'on les accompagne, alors que c'est faux », dénonce-t-elle.
Pour elle, il faudrait qu'on ose, dans ce pays, créer des femmes milliardaires.
« Si aujourd'hui, tout le monde a peur de dire que je suis milliardaire, on ne créera pas de femmes milliardaires », dit-elle, ajoutant que dire que le secteur privé ne sait pas travailler est une vaste blague.
« Ne nous étonnons pas que le secteur privé national galère », souligne Nicole Gackou.
Emile DASYLVA