18/07/2026
Chroniques du Tchad 🇹🇩 | Visa supprimé, justice emprisonnée : qui viendra investir?
« On ne construit pas l'image d'un pays en ouvrant ses frontières, pendant que la justice ferme les yeux. » Sadam Madiri kawadi صدام مادري كوادي
À partir du 1ᵉʳ janvier 2027, les ressortissants africains pourront entrer au Tchad sans visa. La décision est forte sur le plan diplomatique, mais elle ne répond pas à la vraie inquiétude des investisseurs. Le problème du Tchad n'a jamais été le visa. Le problème, c'est la confiance. Qui prendra le risque d'investir des milliards dans un pays où la justice est régulièrement contestée et où les décisions des tribunaux sont souvent perçues comme influencées par le pouvoir politique?
L'arrestation de Succès Masra, la détention de plusieurs leaders du GCAP - Groupe de Concertation des Acteurs Politiques, les controverses autour de certaines procédures judiciaires, les violences politiques et les crises sécuritaires alimentent une image qui inquiète bien au-delà des frontières du pays. Un investisseur n'ouvre pas son portefeuille parce qu'il économise des frais de visa. Il investit lorsqu'il est convaincu que son entreprise, ses biens et ses droits seront protégés par une justice crédible.
Le Tchad possède des ressources, une position stratégique et un immense potentiel économique. Pourtant, les capitaux hésitent. Pourquoi ? Parce qu'un investisseur regarde d'abord la stabilité des institutions avant de regarder les richesses du sous-sol. Là où la justice inspire le doute, l'argent préfère aller ailleurs.
Supprimer le visa est une mesure d'ouverture. Restaurer la confiance dans la justice serait une véritable réforme. Les investisseurs ne fuient pas les frontières ; ils fuient l'incertitude. Tant que l'État de droit restera contesté, le visa ne sera qu'un détail face aux véritables défis de l'attractivité du Tchad.