28/05/2026
À Feluy, Écaussinnes, à Marche-lez-Écaussinnes, des familles vivent à côté d’un site industriel à haut risque. Elles ont droit à une garantie simple : que leur santé passe avant les intérêts de TotalEnergies.
Leur santé doit passer avant tout.
Le 7 mai 2026, le ministre François Desquesnes a fait un autre choix : alléger les conditions imposées à TotalEnergies Petrochemicals, alors que sa propre administration avait demandé des garanties pour protéger les riverains et l’environnement.
Ces conditions étaient simples : dépolluer le site et le sous-sol, mesurer l’impact des pollutions dans les cours d’eau, prévoir une période de sûreté de 5 ans, respecter les recommandations de l’étude d’incidences.
Rien d’extravagant. Rien d’idéologique. Juste des protections de base pour des habitants qui vivent déjà avec l’inquiétude.
Et la justification du ministre glace le sang : des contrôles plus fréquents seraient « trop contraignants ».
Trop contraignants pour qui ?
Pas pour les habitants qui vivent en aval du site, pas pour les familles qui veulent savoir ce qu’il y a dans l’air, dans les sols, dans les cours d’eau.
Pas pour les citoyens qui demandent simplement de pouvoir vivre dans un environnement sain.
Trop contraignants pour TotalEnergies.
Voilà le vrai choix politique : quand il fallait choisir entre la santé des riverains et le confort d’une multinationale, le ministre a choisi la multinationale.
C’est d’autant plus choquant que François Desquesnes connaissait parfaitement le dossier. En 2024, lorsqu’il était député d’opposition, il réclamait lui-même l’application stricte du principe pollueur-payeur sur le zoning de Feluy. Aujourd’hui ministre, il dispense TotalEnergies de conditions pourtant prévues pour protéger les habitants.
Le principe pollueur-payeur ne peut pas être à géométrie variable. Il ne peut pas s’appliquer aux uns et disparaître quand une multinationale frappe à la porte du gouvernement.
Une Région digne de ce nom doit protéger les gens, pas les laisser seuls face aux grands intérêts privés.
On doit avoir de l’activité industrielle en Wallonie. Mais pas au prix de la santé des riverains. Pas dans l’opacité. Pas en supprimant les garde-fous demandés par l’administration. Pas en traitant l’information des habitants comme une charge administrative.
La vraie sécurité, c’est de savoir que l’air qu’on respire, l’eau qui coule près de chez soi et les sols autour de sa maison ne sont pas sacrifiés aux intérêts d’une multinationale.
Nous demandons que les conditions de protection soient rétablies, que la transparence envers les habitants soit garantie, et que le principe pollueur-payeur soit appliqué pleinement.
À Feluy, ce ne sont pas les habitants qui doivent payer le prix d’un processus industriel défaillant.
Ce sont les pollueurs qui doivent assumer leurs responsabilités.