18/06/2026
Dix ans. C'est le temps qu'a tenu la résistance wallonne face au CETA.
Cette semaine, la majorité MR-Les Engagés y a mis fin sans combat, sans condition, sans écouter la société civile.
En 2016, c'est la Wallonie qui avait bloqué la signature de cet accord de libre-échange entre l'UE et le Canada. Une résistance portée notamment par Ecolo et un large front citoyen, qui avait forcé la Commission européenne à venir à la table des négociations. Un rapport de force qui avait compté.
Aujourd'hui, le Parlement de Wallonie, avec la majorité MR-Engagés, donne son feu vert à la ratification du CETA. Et ce que ce vote laisse passer, c'est un mécanisme qui permettra à des multinationales - y compris des filiales américaines installées au Canada - d'attaquer nos lois devant une juridiction parallèle, hors de nos tribunaux ordinaires, si elles estiment que leurs profits en pâtissent. Ce n'est pas de la théorie : les industries fossiles utilisent déjà ce type de mécanisme pour freiner la transition énergétique.
Les clauses sociales et environnementales de l'accord, elles, restent non pleinement appliquées. Aucun mécanisme de plainte ni de sanction. La Commission européenne refuse d'y intégrer ses propres engagements, que le Canada avait pourtant acceptés. C'est incompréhensible.
Du côté agricole, la sonnette d'alarme est tirée depuis longtemps. Le Canada a déjà obtenu un abaissement des limites sur les résidus de pesticides. Via les comités techniques du CETA, cela sera plus aisé. Dans son viseur notamment : le règlement sur la déforestation, et une future loi sur le bien-être animal.
La Wallonie avait su résister. Elle aurait pu, à nouveau, peser. Le gouvernement a choisi de capituler.