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04/02/2018

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NOS DERNIERES ACQUISITIONS, dans les rayons de http://bibliobeauval.beROMANS Antoine Hubert  Danse de la vie brève  Jacq...
31/01/2018

NOS DERNIERES ACQUISITIONS, dans les rayons de http://bibliobeauval.be
ROMANS
Antoine Hubert Danse de la vie brève
Jacq Christian Mozart, Tome 2 : le fils de la lumière
Jacq Christian Mozart, Tome 3 , le frère du feu
Jaenada Philippe La serpe
Lunde Maja Une histoire des abeilles
Mesa Sara La cicatrice
Rash Ron Le chant de la Tamassee
San Antonio Les vacances de Bérurier
Steel Danielle Le Cottage
Wagamese Richard Jeu Blanc

THRILLERS / POLICIERS
bel Barbara Un bel âge pour mourir
Bartelt Franz Hôtel du Grand Cerf
Brown Dan Da Vinci Code
Coben Harlan Double piège
King Stephen Mr Mercedes (Tome 1)
King Stephen Carnets noirs (Tome 2)
King Stephen Fin de ronde (Tome 3)
Lagercrantz David La fille qui rendait les coups (Millenium 5)

HISTOIRE
Huizinga Johan L'automne du Moyen-Age

NOS DERNIERES ACQUISITIONS, dans les rayons de http://bibliobeauval.beROMANS Antoine Hubert  Danse de la vie brève  Jacq...
31/01/2018

NOS DERNIERES ACQUISITIONS, dans les rayons de http://bibliobeauval.be
ROMANS
Antoine Hubert Danse de la vie brève
Jacq Christian Mozart, Tome 2 : le fils de la lumière
Jacq Christian Mozart, Tome 3 , le frère du feu
Jaenada Philippe La serpe
Lunde Maja Une histoire des abeilles
Mesa Sara La cicatrice
Rash Ron Le chant de la Tamassee
San Antonio Les vacances de Bérurier
Steel Danielle Le Cottage
Wagamese Richard Jeu Blanc

THRILLERS / POLICIERS
Abel Barbara Un bel âge pour mourir
Bartelt Franz Hôtel du Grand Cerf
Brown Dan Da Vinci Code
Coben Harlan Double piège
King Stephen Mr Mercedes (Tome 1)
King Stephen Carnets noirs (Tome 2)
King Stephen Fin de ronde (Tome 3)
Lagercrantz David La fille qui rendait les coups (Millenium 5)

HISTOIRE
Huizinga Johan L'automne du Moyen-Age

A VOS AGENDAS. C'EST CE VENDREDI 26 JANVIER à 20h00 dans les murs de la bibliothèque de Beauval (Rond Pont de Beauval). ...
24/01/2018

A VOS AGENDAS. C'EST CE VENDREDI 26 JANVIER à 20h00 dans les murs de la bibliothèque de Beauval (Rond Pont de Beauval). La participation est gratuite.
Nous avons le plaisir de recevoir Geneviève Damas. Cette romancière bruxelloise nous a déjà fait le plaisir de participer à deux reprises à nos soirées littéraires. Et c’est avec beaucoup de bonheur (partagé bien sûr) qu’elle revient ce vendredi 26 janvier pour nous parler de son dernier roman « Patricia ». C’est un roman d’une étonnante intensité qui aborde une des tragédies de notre actualité, le drame des migrants. Geneviève Damas a écrit un texte à plusieurs voix : celle de Jean Iritimbi, un Centrafricain sans papier ; celle de Patricia, une européenne qui s’éprend de lui et celle de Vanessa, une enfant. Le texte est finement documenté et d’une grande émotion. Geneviève nous parlera avec beaucoup de réalisme car elle a passé quelques temps sur l’île de Lampedusa.
Lire aussi : https://www.rtbf.be/lapremiere/article/detail_genevieve-damas-dans-la-lecture-d-un-livre-le-but-est-de-faire-une-experience-sensible-d-autrui?id=9753018
ou écouter : http://www.radio-canada.ca/util/postier/suggerer-go.asp?nID=4288851

SOUVENIR de la Soirée Littéraire du 14 novembre 2014Nous recevions Geneviève DAMAS en nos murs. L'occasion de retrouver ...
24/01/2018

SOUVENIR de la Soirée Littéraire du 14 novembre 2014
Nous recevions Geneviève DAMAS en nos murs. L'occasion de retrouver cette personnalité attachante vous est offerte ce VENDREDI 26 janvier 2018 (20h00 Rond Pont de Beauval). L'écrivaine nous entretiendra cette fois de son dernier roman "Patricia" . Afin de déjà vous faire saliver, je vous propose de relire le compte-rendu que nous livrait Claude en 2014.(photos J.Pire).................."Il devient presque banal d’en faire à chaque séance l’heureux constat: la venue d’un écrivain dans nos murs (ceux du foyer en l’occurrence) constitue trois fois l’an un petit évènement auquel répond une assistance fidèle et attentive. La dernière en date ne dérogea point aux statistiques toujours flatteuses dont cette activité originale bénéficie. C’est ainsi que la bibliothécaire avait invité Geneviève Damas pour évoquer ses deux derniers ouvrages, un recueil de nouvelles et un nouveau roman «Histoire d’un bonheur»(*).
Rappelez-vous! Elle venait de décrocher le convoité prix Rossel 2012 lorsqu’elle vint chez nous, il y a deux ans, pour nous enchanter avec «Si tu passes la rivière». Nous l’avons retrouvée, telle qu’en elle même, avec son allure d’adolescente, toute en gentillesse, écoute et simplicité. Et ce vendredi il baignait
au foyer comme des airs de retrouvailles et d’amitié partagée. Nadine Vanderstraeten qui la présentait, avec sa douceur et la pertinence de ses analyses qu’on lui connait, entretenait avec l’invitée une belle connivence. Pour un peu, lorsque toutes deux elles se penchaient sur le livre en se questionnant sur
l’opportunité d’en lire l’un ou l’autre passage, on les aurait confondues avec des copines mettant de l’ordre dans le cours auquel elles venaient d’assister…
Et puis, quelle riche idée d’avoir convié à la fête le «Trio des Pagodes» , trois musiciens qui dressèrent le décor sonore avec des compositions de Tartini, Haydn, Mozart, Schubert et Purcell! Leurs courtes interventions scandaient les différentes phases de la soirée en y apportant les respirations qui soulignaient
ainsi avec bonheur la richesse des textes et la musicalité des mots que l’auteure manie avec brio.
Une soirée qui s’inscrivit dans une tradition déjà bien ancrée. On y retrouva donc cette chaude atmosphère que chaque invité se plaît à remarquer. Geneviève Damas ne dérogea certes pas à la règle et s’att**da volontiers en signatures d’autographes et en échanges amicaux. Elle semblait faire partie de la
famille…
Un grand coup de chapeau (un autre que celui qui, timidement, dodeline à la sortie…) à tous ceux qui ont collaboré à cette réussite. Sachez qu’on en redemande!"
Claude Eugène

SOUVENIR de la Soirée Littéraire du 21 octobre 2012Nous recevions Geneviève DAMAS en nos murs..L'occasion de retrouver c...
24/01/2018

SOUVENIR de la Soirée Littéraire du 21 octobre 2012
Nous recevions Geneviève DAMAS en nos murs..
L'occasion de retrouver cette personnalité attachante vous est offerte ce VENDREDI 26 janvier 2018 (20h00 Rond Pont de Beauval). L'auteure nous entretiendra cette fois de son dernier roman "Patricia" .
Afin de déjà vous faire saliver, je vous propose de relire le compte-rendu que nous livrait Nadine en 2012...........« Bonne soirée ! » Que de fois ne se souhaite-t-on pas les uns les autres de passer une bonne soirée ?!
Celle du vendredi 12 octobre (2012) fut excellente. Il faut reconnaître que les ingrédients de base étaient réunis : un endroit convivial, des hôtes qui s’étaient bien préparés à nous accueillir bien sûr mais qui avant toute chose, s’étaient débrouillés pour convier une invitée qui se démarque : Geneviève Damas, Prix Rossel 2011 pour son roman ‘Si Tu Passes La Rivière’. Cette quatrième édition des ‘soirées littéraires’ organisées par la Bibliothèque Loisirs de Beauval a laissé une belle empreinte dans nos esprits et dans nos cœurs.
Geneviève Damas, licenciée en droit et diplômée de l’IAD - quelqu’un a dit que « Le droit sert à tout à condition d’en sortir »  - comédienne, auteure de pièces de théâtre, de récits, de nouvelles, metteure en scène rodée, s’est laissé tenter par le roman. Si un premier roman inachevé a été jeté par ses soins aux poubelles (sic), le deuxième a trouvé grâce à ses yeux et mieux encore, aux yeux des lecteurs et des jurys et a été couronné du Prix Rossel l’an dernier.
Une petite merveille de roman, dont les extraits, lus par l’auteure elle-même ce vendredi, nous ont transportés dans un monde à la fois imaginaire et bien réel, un monde d’enfant qui parle de sa souffrance et de sa quête en mots simples, imagés, qui touchent au cœur ou font sourire, en phrases musicales bien scandées, qui vous emportent dans un rythme mélodieux certes, mais à la fois changeant et soutenu, et sans doute, ce fut mon cas, vous rendent curieux et impatient de lire le livre ou encore de se le faire lire en entier, pourquoi pas ? Les enfants que nous sommes et restons seront toujours avides de belles histoires et de mots à rêver. Les conteurs d’histoires ne redeviennent-ils pas au goût du jour ? Ce n’est certainement pas un hasard.
François, 17 ans, illettré, un père, deux frères, une sœur absente, une mère disparue, garde les cochons. Il se pose beaucoup de questions et se met en tête de retrouver la tombe de sa mère. Pour la retrouver il doit pouvoir au moins lire son nom, pas vrai ? Avec l’aide de ‘Roger’ il apprend donc à lire…Et il y a déjà toute la symbolique de ce passage-là, l’apprentissage des mots qui va l’aider à se construire et mener à bien sa mission.
Nous avons toutes et tous été séduits par les extraits du roman de Géneviève Damas, mais également par sa personne. Nous avions devant nous une femme spontanée, vraie, qui a bien voulu répondre à toutes nos questions (sauf la plus indiscrète: normal de ne pas nous dévoiler la trame de son roman en cours, pas vrai ?) - Quand Geneviève Damas parle de son amour pour le théâtre pour enfants, engagé, non-édulcoré, riche d’une grande inventivité, on se dit que toutes ces qualités en fait lui ressemblent; quand elle nous parle de ce qui lui plait le plus dans l’écriture du roman, son engouement pour le genre, l’oxygène qu’elle dit puiser dans la liberté que lui offre ce format d’écriture, par contraste avec les contraintes innées à l’écriture pour le théâtre - limites de budget, de personnages, de lieux et donc de décors – alors que le roman, lui, permet tout… oui, elle nous séduit son envie de création, à l’infini…
La fraîcheur et la franchise de Geneviève Damas, m’ont séduite. Quelle chance que nos rencontres beauvaloises se fassent loin des caméras, en toute intimité et en toute modestie : cela nous aura permis de lever un peu plus le voile sur la belle personne, talentueuse et sympathique qu’est Geneviève Damas. Une soirée comme celle-là ne s’oublie pas.
Souhaitons-lui « Bon Voyage » puisque le Prix des cinq continents de le Francophonie qui lui a été décerné en 2012 pour ce roman l’invite à se déplacer au Sénégal, en Mauritanie, en Haïti, au Québec etc. Que de belles rencontres en perspective !
Un tout grand Merci à Micheline Antoine et à Claude Eugène de nous avoir offert ce beau moment littéraire.
Nadine Vanderstraeten

Notez déjà dans vos agendas... vendredi 10 novembre à 20h00 au PIT (Rond Pont de Beauval) 195 Sreekbaan à 1800 Koningslo...
12/10/2017

Notez déjà dans vos agendas... vendredi 10 novembre à 20h00 au PIT (Rond Pont de Beauval) 195 Sreekbaan à 1800 Koningslo Vilvoorde.

02/09/2017

http://plus.lesoir.be/111910/article/2017-09-02/comment-jai-grandi-sur-les-bancs-de-football-de-lequipe-de-schaerbeek
Comment j'ai grandi sur les bancs de football de l'équipe de Schaerbeek par GENEVIÈVE DAMAS ( COMÉDIENNE, METTEUR EN SCÈNE ET AUTEURE BELGE CONTEMPORAINE) que nous recevions fin 2014 dans nos locaux de Beauval. (Le Soir du samedi 2 novembre 2017)
Au football comme ailleurs, il y a les Belges d’origine belge et ceux d’origine étrangère, une première et une seconde division. Il y a un an, la romancière Geneviève Damas inscrivait son fils dans le club de Schaerbeek. Récit d’une année d’anecdotes et de vrais apprentissages sur notre société.
Août 2016, ... mon fils commence à s’entraîner dans un club de foot de Schaerbeek où il est le seul Belge d’origine belge. En l’accompagnant aux entraînements et aux matchs, je me lie d’amitié avec d’autres mères, d’origine musulmane, pour la plupart voilées. Nous parlons des heures à bâtons rompus. Je suis touchée par leur rage de s’intégrer dans la société, leur franc-parler, leur chaleur et surtout leur générosité. Je contacte Béatrice Delvaux, éditorialiste en chef du Soir, pour lui proposer des chroniques hebdomadaires destinées à faire entendre le ressenti de ces femmes. Elle me met en garde : « Une fois que tu auras commencé à publier, elles ne te parleront plus librement. Prends des notes durant toute l’année et reviens-nous à l’été. » C’est ce que j’ai fait. Vendredi, chez Carrefour, j’ai croisé celle que j’appelle Yousra dans la chronique et lui ai annoncé que j’allais raconter ce que nous avons vécu ensemble durant la saison footballistique. Elle a souri : « Parle de nos combats, Geneviève. Il y a encore tant de choses à faire. »
Mai
Depuis des mois, mon fils supplie qu’on l’inscrive au foot. Au début, je ne suis pas enthousiaste. Le foot, ce sera l’esclavage. Mais Ludo est coriace. Fin mai, j’entame les démarches. C’est trop t**d. Tous les clubs de proximité sont complets sauf un petit qui a très mauvaise réputation, un des derniers du classement. C’est là qu’ira jouer Ludo.
Juin
J’ai apporté les droits d’inscription, 400 euros en liquide. Il y a un monde fou : des pères de famille, des grands-pères et des jeunes, tous d’origine étrangère. Chacun attend de manière respectueuse. Inscrire un enfant au club de foot peut inverser l’avenir. Un homme, en bleu de travail, maculé de taches de peinture, pose sa main sur l’épaule de son fils, tiré à quatre épingles, en tee-shirt Armani, jeans dernier cri, baskets rutilantes et cheveux gominés. Ici, chacun vient présenter ce qu’il a de plus cher, espérant que sa progéniture aura le destin d’un Messi.
Août
Au secrétariat, une jeune fille d’origine turque remet les équipements aux parents. Je suis la dernière arrivée. Elle insiste pour me servir en premier. À côté de moi attend une femme africaine, portant un bébé. Je dis : « Madame était avant moi. » Réponse de la secrétaire : « On vous sert d’abord. » La mère africaine abonde dans le même sens. Et je comprends que, même ici, il y a les Belges d’origine belge et ceux d’origine étrangère, une première et une seconde division.
Septembre
Aujourd’hui, l’équipe de Ludo joue contre Anderlecht. En le conduisant au vestiaire, je croise les mauve et blanc, sponsorisés par la plus grande banque du pays. L’équipement de mon fils n’affiche que la petite auto-école turque de proximité. Nous attendons l’entraîneur, en pure perte.
Le match commence. Nos mômes font tout ce qu’ils peuvent mais, en quelques minutes, le score est de six à zéro. Ludo me lance des regards désespérés. Face aux cinq coachs d’Anderlecht qui crient à leurs mômes ce qu’ils doivent faire, le match semble plié. Au bord du terrain, les mères anderlechtoises, couvertes de bijoux, manucurées et permanentées, encouragent leur progéniture à coup de vivats et d’applaudissements. Juste à côté, nous, les mères du petit club, formons un groupe terne et abattu. Je suis la seule non voilée et sens monter en moi un sentiment d’injustice terrible. C’est la première fois que je me trouve du côté de ceux qui se battront jusqu’au bout en pure perte, boiront la coupe jusqu’à la lie.
C’est alors qu’une mère m’adresse la parole : « Vous trouvez ça normal qu’il n’y ait personne pour coacher nos petits ? On se prend une raclée. Toujours, on se prend des raclées. » Une autre renchérit : « C’est injuste. » Elles me regardent. Comme si j’avais un pouvoir qu’elles n’ont pas. Je me lève, monte sur le terrain et fonce vers les responsables du petit club qui discutent nonchalamment devant les tribunes. Je dis : « Nos petits sont tout seuls. Ils ne font qu’encaisser, ils n’apprennent rien. Ce n’est pas du sport, ça. » Un homme en chemise m’interrompt : « Il y a un problème, Madame ? Je suis le coordinateur. » Je m’emb***e : « Nous, les mères, on nous a demandé de payer une cotisation, d’arriver à l’heure, d’acheter un équipement, on le fait. Alors l’entraîneur doit être présent, c’est la moindre des choses. On joue contre Anderlecht, les premiers du classement. » Il me répond que l’entraîneur a appelé le matin même pour annoncer qu’il partait en vacances. C’est une faute grave, il a déjà entamé les démarches pour engager un nouveau coach. Puis, il se détourne, marquant ainsi que l’incident est clos. Je répète qu’il y a un match à jouer, que quelqu’un doit assister nos petits et j’apostrophe un grand type avec une queue de cheval : « Vous êtes entraîneur ? », il fait signe que oui, mais il s’occupe des grands, pas des petits. Je lui demande de venir avec moi. Il rechigne. J’insiste jusqu’à ce qu’il me suive. Nous revenons près des petits. Trois goals supplémentaires ont été encaissés.
Je suis debout, derrière le grillage. Les mères de notre équipe se sont levées, elles aussi, et nous crions : « Allez Schaerbeek ! » Je lance à Ludo : « Essaie d’en mettre au moins un, pour l’honneur. » Et l’entraîneur à queue de cheval assène les consignes : s’écarter, faire des passes, protéger le goal et, tout à coup, quelque chose comme un frémissement d’équipe survient et arrive le premier but, puis le deuxième et un troisième. Trois contre Anderlecht qui finira par en marquer 12, mais l’honneur est sauf.
Les enfants sont repartis dans les vestiaires, il ne reste que nous, les mamans, au bord du terrain. Il y a Hind, ancienne secrétaire de direction, très fine, maquillée, distinguée, qui porte un voile de couleur ; Yousra, au foyer, plus ronde qui a quatre enfants ; Nisrine et ses trois garçons pleins de vie et Hayat, qui ne veut pas qu’on la prenne en photo parce que son mari n’aime pas ça. Yousra me lance : « Tu n’as pas eu peur. Tu es montée sur le terrain. Moi, je n’aurais jamais osé. » Je répète qu’il faut toujours dire ce qui ne va pas. « On n’arrête pas mais personne ne nous entend. » Nisrine confie : « On finit toujours par avoir la même chose que les Belges, mais on doit se battre sans arrêt. On ne peut faire confiance à personne. C’est épuisant. » Je demande : « Tu es belge, non ? Nous avons la même carte d’identité, n’est-ce pas ? »
Octobre
Au bord du terrain, Yousra, Hind, Nisrine et Hayat sont assises sur une grande couverture. Dès qu’elles m’aperçoivent, elles font de grands signes : « Geneviève, viens t’asseoir ! » Nous observons le nouvel entraîneur, motivé et doux avec nos enfants. Je pense au renoncement que cela doit être pour ce jeune homme qui a rêvé d’être footb***eur de gérer des mioches courant dans tous les sens.
Puis nous parlons école. Hind a mis ses enfants dans un établissement musulman. Il y en a trois à Bruxelles, m’explique-t-elle. Je demande si les cours sont donnés en arabe. « Non, c’est un enseignement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, sauf que le cours de religion est islamique. L’école innove, la cantine est bio, tout est en bois pour que les enfants aient un contact sain avec la matière. » Nous abordons la question du voile, Hind et Yousra sont particulièrement remontées : « C’est ridicule, comme si nos maris nous forçaient à le porter. » « Moi, dit Hind, j’ai décidé librement de recommencer à le mettre. » Puis elles racontent l’endroit d’où elles viennent : « Le Maroc, me dit Yousra, si tu travailles, c’est mieux qu’ici, sauf pour les soins de santé. » D’autres sont originaires d’Istanbul : « Erdogan, lance Hayat, c’est vraiment un bon président ! » La réaction des autres ne se fait pas attendre : « Tu es f***e, tu as vu ce qu’il fait de ton pays ! » Hayat évoque alors l’Iran, un pays si bien géré – décidément, ses conceptions sont aux antipodes de celles des autres – et comme je leur raconte que j’habite rue Max Roos où l’on a découvert une bombe après les attentats du 22 mars, Yousra lance que les terroristes sont perdus pour l’islam. Je parle de Saïd, notre épicier, qui pense que la Belgique n’est plus un pays pour faire grandir des enfants musulmans. Hind opine : « C’est dur à présent. » Son regard s’assombrit, elle évoque Loubna, son amie, prof de gym, musulmane, femme formidable, morte dans le métro en laissant deux petits derrière elle : « La Belgique a laissé faire ces attentats, Geneviève, comment tu imagines que les services secrets n’aient pas été au courant ? Ils cherchent juste un prétexte pour aller en Syrie à cause de l’or. La mort du patron de Total, c’est aussi un attentat. » Je tombe des nues, car je suis à cent lieues d’imaginer que mes amies voilées lisent les journaux, connaissent Christophe de Margerie : « La guerre en Syrie, c’est pour l’or, Total l’a découvert, alors il était devenu encombrant. La presse, c’est uniquement de la propagande. »
Fin de l’entraînement. Nos enfants repartent en rang vers les vestiaires en chantant : « On va gagner, on va gagner. » En temps normal, ce genre d’attitude me hérisse. Mais là, je vois tous ces petits qui y croient, malgré qu’ils aient perdu tous leurs matchs, qui s’accrochent, en dépit de tout, à l’idée qu’un jour, elle finira par arriver, leur part de lumière. Cette part à laquelle chacun a droit.
Novembre
Demain, le club joue contre l’Union saint-gilloise, les deuxièmes du classement. Dans le vestiaire, Nisrine, demande si elle peut faire la route avec moi. « Tu vas vraiment la prendre dans ta voiture ? », s’étonne ma fille.
En route, Nisrine raconte qu’elle a étudié le stylisme au Maroc, elle était la première de sa promotion : « Quand je suis arrivée ici, j’ai fait une année complémentaire, première aussi. La mode, avec un voile, c’est difficile. Avec mon CV, j’avais beaucoup d’entretiens d’embauche et quand j’arrivais, ils disaient : «Pas avec un voile». Finalement, j’ai été embauchée mais, au bout de quelques mois, mon foulard a posé problème et ils m’ont mise dehors. Seulement, sur le papier, ils ont écrit : «problème économique». Alors, j’ai fait du nettoyage mais j’ai eu des problèmes de dos. Aujourd’hui, je ne peux plus travailler, je suis prise en charge par la mutuelle, je vais chez le kiné toutes les semaines, des fortunes, quand je rentre le soir, ça va, mais dès le lendemain, j’ai mal de nouveau. » Je lui suggère d’aller voir un ostéopathe. « Un osthéo-quoi ? », elle n’en a jamais entendu parler. Plus t**d, elle ajoute que porter le voile est pour elle une nécessité : « Enfant, j’ai eu un choc et perdu tous mes cheveux. Maintenant, dès que je suis inquiète, cela recommence, alors il vaut mieux que je le porte. »
Plus t**d, au bord du terrain, avec mes amies, nous parlons de l’éducation des enfants et je suis soufflée de celle qu’elles donnent aux leurs. La majorité est inscrite au Koninkijk Atheneum Etterbeek, en néerlandais, parce qu’elles espèrent que l’école jouera son rôle d’ascenseur social. Les enfants font du sport – natation, danse –, de la musique – piano. Le dimanche, ils apprennent l’arabe. Certains suivent aussi des cours d’anglais. Je vois toutes ces mères qui, pour la plupart, ont peu étudié, dont les maris travaillent dans le bâtiment, le nettoyage ou comme taxi la nuit, qui se battent pour que leurs enfants aient une autre vie que la leur. « Mon fils est en première médecine, dit Yousra, tu n’imagines pas comme je suis fière. » Malgré qu’il ait travaillé d’arrache-pied, il double sa première, même s’il a des dispenses. Et j’entends tout ce qu’il faut mettre en jeu pour réussir ici, maîtriser le français, acquérir les codes éducatifs, culturels, politiques, sociaux qui permettront de devenir un acteur qui compte dans notre société. Tout cela que l’on intègre instinctivement quand on est né ici, mais si difficile à capter et à transmettre quand on vient d’ailleurs. Ces murs invisibles, infranchissables, comme les grillages qui séparent les supporters dans les stades.
Décembre
Match à domicile contre les deuxièmes du classement. C’est un jour de chance pour les nôtres qui mènent six-cinq. J’échange quelques mots avec un père de l’équipe adverse. Il ne décolère pas : « Nous devons nous défaire de notre entraîneur. Un match comme ça, c’est une honte. Le score devrait être de 20-3. » Je réponds que j’apprécie le suspense au bord du terrain : « Il n’y a aucun plaisir à assister à des laminages en règle. » Nos petits ont gagné, grâce à Alkan, un enfant albanais qui semble voler sur le gazon tant il est partout. Nisrine, Hayat, Hind, Yousra et moi sommes si fières. Comme s’il était possible, l’espace d’un instant, d’effacer cette fichue fracture sociale.
Janvier
Au bord du terrain, nous, les mères. Rodica, Roumaine d’origine, travaille comme aide ménagère pour une société de titre-service. Elle confie qu’elle ne retournera jamais dans son pays : « On ne peut pas y dire ce qu’on veut. Ici, on peut manifester ; là-bas, les gens ont peur de tout. » « C’est pareil au Maroc, lance Hind, tu manifestes, on te jette en prison et tu disparais pour toujours. Ici, on a un bon gouvernement, il faudrait que tous les pays soient comme ça. » « J’ai une amie atteinte de leucémie, reprend Rodica. Dans mon pays, on lui donnait deux mois à vivre. Ici, elle a guéri. Avant de partir, elle disait : «Mon voyage ne sera que de courte durée.» Maintenant, elle pense comme moi : plus jamais la Roumanie. »
À la fin de l’entraînement, Hind harponne le coordinateur : « Quand nous sommes arrivés au match la semaine dernière, il n’y avait personne du club pour accueillir nos enfants. » Il s’excuse, explique qu’il est débordé et propose qu’à l’avenir, un parent s’en occupe. « Excellente idée », dis-je spontanément. Yousra m’entraîne à l’écart : « Geneviève, hors de question qu’on le fasse. Si on avait payé 200 euros de cotisation, d’accord. Mais on paie 400 comme dans les autres clubs, il faut qu’ils s’occupent de nous pareil ! » Je ne suis pas d’accord. Il ne faut pas attendre que la solution vienne du club, à nous de la prendre en charge. Elle me regarde comme si je ne comprenais rien à rien. Je voudrais lui parler de la faillite de l’État-providence, de mes théories relatives à l’inertie du corps social, mais je me tais. Pour elle et sa famille, il s’agit d’appartenir à une société de manière pleine et entière avec son lot de droits et devoirs, de ne pas végéter sur les bancs de réserve – quatre cents euros sont le gage de cet espoir-là –, pour moi, la question est réglée depuis longtemps.
Février
J’échange quelques mots avec Mohamed, un des rares pères qui attend au bord du terrain. Je ne sais jamais si je dois lui serrer la main pour le saluer. Aujourd’hui, il me la tend spontanément : « Vous, vous êtes comme moi, tout le temps là. » Je souris. Il m’apprend que pour le match du lendemain, il n’aura qu’un seul de ses fils sur le terrain. Je m’étonne. « Dans l’équipe de mon aîné, ils sont trop nombreux, alors, ils font une tournante. Mais le plus jeune joue chaque semaine. » Je réponds que tant que c’est équitable, il n’y a pas de problème. « Exactement, répond-il. Si c’est injuste, je me battrai. » Équité, un mot qui revient sans cesse dans les vestiaires et au bord du stade. Qui importe tant aux pères et aux mères d’ici. Que, dans ce monde clos, à l’abri de celui du dehors, plus malléable que celui du dehors, où les parents jouent le rôle de garde-fous, chacun travaille à une forme de justice, basée sur le travail, la rigueur, l’engagement. Un laboratoire social.
Mars
Aujourd’hui, match contre Etterbeek. Nous arrivons à 8 h 15. Le stade est désert, juste quelques familles de notre club. Il fait cru dans la lumière froide du matin. Très vite, nous, les mères, revenons à la politique : « Il faudrait que tous les peuples vivent en paix, confie Hind. Ici, les Belges ont peur de nous, ils ne nous connaissent pas, ils veulent qu’on rentre au pays. Si nos gouvernements étaient meilleurs, vous viendriez chez nous et ce serait un échange. Quand nous avons eu l’indépendance, nous avons pensé que nous serions libres, mais les Occidentaux ont gardé le contrôle. Nous sommes vidés de l’intérieur alors que l’Afrique regorge de richesse, tu comprends ça, toi ? »
Nos enfants perdent le match de justesse après s’être battus comme des beaux diables. Il commence à pleuvoir à verse. Je suis tête nue. Yousra met sa capuche sur sa tête, défait son voile et me le tend : « Tu vas tomber malade. » Je le pose sur ma tête. Ma fille me regarde, interloquée : « Qu’est-ce que tu fais ? Tu deviens comme elles, maintenant ! »
Avril
Aujourd’hui, nous jouons contre un club sélect de Woluwe-Saint-Lambert, niché dans un trou de verdure, à mille lieues de notre club enserré dans le béton.
Le match commence. Au bord du terrain, de chaque côté, les parents. Ceux de l’équipe adverse, très smart, polos Lacoste, pulls Ralph Lauren, chaussures New Balance, lunettes de soleil dernier cri. Nous, très voiles, très pantalons maculés de taches de peinture, sans lunettes de soleil.
Au bout de quelques minutes, nous comprenons que l’arbitre à la solde du club adverse est un bras cassé, incapable de suivre la b***e. Il ne siffle pas les fautes, les coups, les mauvais tacles en notre faveur. Au bord du terrain, nous marquons fermement notre mécontentement. La tension monte. Dès la première mi-temps, un père de l’équipe de Woluwe attrape un des nôtres par le col : « Tu vas te calmer, racaille ? » Je m’interpose : « C’est un jeu, on se calme. » L’agressivité est palpable, il faudra interrompre l’échange, nous n’irons pas jusqu’aux tirs au but. En sortant du stade, l’un des nôtres crie à l’intention des parents de l’équipe adverse : « On est nés à Schaerbeek, on a grandi avec les Lions ! » Et là encore, nous voilà à deux doigts d’en venir aux mains. Parce qu’elle est là, la rage de se sentir relégué – en dépit des années, des efforts, de la bonne volonté – en deuxième provinciale alors qu’on mériterait de jouer en première division, comme les autres. Cette rage qui gronde et qui grandit, dont il adviendra quelque chose, forcément. Le pire – destruction, violence et désespoir – à l’image de ces supporters qui, en quelques minutes, anéantissent tout sur leur passage, irrémédiablement. Le meilleur, si nous sommes à même d’ouvrir le jeu parce que tous, enfants sur le terrain, parents tout au bord, mettent en œuvre ce qu’ils peuvent pour que quelque chose d’autre arrive, quitter définitivement les bancs de réserve, entrer dans cette lumière pleine et entière et, à l’image d’un Marouane, rejoindre les Thibaut, les Eden et les Kevin. 
 Par Geneviève Damas (Le Soir du 2 septembre 2017)

Ce mercredi 14 juin, dans le cadre de nos soirées littéraires,  nous accueillions au PIT Laurence Bertels qui vient de p...
24/06/2017

Ce mercredi 14 juin, dans le cadre de nos soirées littéraires, nous accueillions au PIT Laurence Bertels qui vient de publier son deuxième roman, "Le silence de Belle-île".
Au lendemain de cette soirée, Laurence Bertels nous a fait parvenir le message suivant:
"Une f***e journée, hier... Je n'ai pas eu le temps de vous remercier pour la très belle soirée de mercredi soir.
C'est un formidable succès de réunir 50 personnes pour une rencontre littéraire qui était en outre très bien préparée.
Et grâce à vous, j'ai découvert la petite communauté de Beauval bien plus active que toutes celles de Facebook ;-)
Si vous avez des photos, je suis preneuse. J'en mettrais bien une ou deux sur ma page Facebook en souvenir de la soirée.
Bien que en général, je n'aime pas me voir en photo.
Encore merci et bravo en tout cas
A bientôt, j'espère
Bien cordialement
Laurence "

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