19/05/2023
DÉCLARATION DE L' ORGANISATION DES PEUPLES AFRICAINS – BURKINA FASO
(OPA-BF)
« Le Burkina ma fierté, l’Afrique ma force !»
En souvenir des journées anti-impérialistes de Mai 1983.
Peuple du BURKINA FASO,
Avant tout propos, nous nous inclinons devant la mémoire des éléments des Forces de Défense et de Sécurité (FDS), des éléments des Volontaires pour la Défense de la Patrie (VDP), tombés sur le champ d’honneur pour la Patrie. Que leurs âmes reposent en paix !
Nous nous inclinons devant la mémoire des victimes civiles des terroristes, assassinées à Youlou, à Ougarou, à Karma, à Seytinga, à Solhan, à Tamwalboulgou, à Toéni, à Djibo, à Yirgou et partout ailleurs. Que leurs âmes reposent en paix !
Nous avons une profonde pensée, pour tous ceux qui portent, dans leur chair et dans leur esprit, des séquelles des attaques terroristes. Puissent-ils trouver guérison et reconstruction, aussi bien physiquement que psychologiquement !
Nous pensons à toutes les personnes déplacées internes, et prions pour que leur calvaire prenne fin !
Nous avons une pensée spéciale pour nos Forces de Défense et de Sécurité, et nos Volontaires pour la Défense de la Patrie (VDP), pour qui nous ne trouvons pas de mots suffisamment justes, pour saluer leur engagement pour la défense de la Patrie. Nous souhaitons vivement, que dans les mois à venir, ils rentrent à la maison, pour célébrer, avec l’ensemble du peuple, la paix retrouvée !
Nous pensons à notre pays, qui souffre le martyre depuis 2016.
Nous nous engageons et prions pour le retour de la paix au Burkina Faso.
En cette année 2023, la date du 17 Mai, nous rappelle celle du 17 Mai 1983, ô combien mémorable pour notre Peuple.
Le 17 Mai 1983, face à la révolution populaire voltaïque en marche, la France néocolonialiste, et l’impérialisme, organisèrent, avec la complicité de valets locaux, les arrestations des Leaders qu’étaient le Capitaine Thomas SANKARA et le Commandant Boukary Jean-Baptiste LINGANI. Notre Jeunesse, surtout scolaire et universitaire, qui avait une claire conscience des enjeux politiques en cours, se dressa comme un seul homme, les 20, 21 et 22 Mai 1983, dans les rues de Ouagadougou, pour barrer la route à cette forfaiture visant à museler notre Peuple courageux. Ces événements de Mai 1983, ont permis de savoir : « Qui est qui ? », « Qui est avec qui, et contre qui ? » et enfin « Qui fait quoi et pourquoi ? ». Ce coup de frein, loin de stopper la marche radieuse de la révolution populaire, occasionna au contraire son accélération qui vit le 04 Août 1983 le triomphe de la résistance populaire sur les forces réactionnaires, colonialistes et impérialistes. C’était l’avènement de la révolution populaire avec le Capitaine Thomas SANKARA à la tête du Conseil National de la Révolution (CNR) et Président du pays. Dans la foulée, il appelle le peuple à constituer des Comités de Défense de la Révolution (CDR). Les évènements du 04 août 1983 sont la résultante de ceux de mai 1983.
Aujourd’hui comme hier, le Peuple Burkinabè doit se poser les mêmes questions et y trouver les bonnes réponses au regard de la situation nationale. Qui attaque notre pays et la sous-région ? Pourquoi s’attaquent-ils à la sous-région ? Qui en sont les complices ? Et comment pouvons nous venir à bout de cette nouvelle forfaiture de l’impérialisme ?
Peuple du BURKINA FASO,
Au cours de nos assises de février 2020, l’OPA-BF a traité du thème : « Le néopanafricanisme révolutionnaire : voie de libération des peuples africains, dans un contexte de terrorisme impérialiste. »
Ce fut l’occasion pour nous de faire une lecture politique de l’évolution actuelle du monde. Nous avons fait le constat que la crise du système capitaliste impérialiste ne fait que s’aggraver et que ce système est également une source permanente des rivalités entre les monopoles et les Etats à leur service. Et l’évolution de cette crise confirme que le système capitaliste impérialiste est à la base de toutes les guerres et de tous les actes terroristes que subissent les peuples.
En effet, la situation au plan international est marquée par les rivalités entre les puissances que sont d’une part, les Etats Unis d’Amérique, avec à sa suite les ex-puissances coloniales que sont la France et l’Angleterre surtout, et d’autre part la Russie et la Chine, et des puissances émergentes comme l’Inde et le Brésil. Ces rivalités se traduisent par les occupations stratégiques et géostratégiques des terres, mais aussi par la course effrénée aux ressources minières, minérales, aux métaux rares à même de booster les économies en ce 21è siècle. Les guerres au Moyen Orient, en Afrique centrale et au Sahel, et enfin en Ukraine en sont des preuves. Notre pays paie, sans doute, les conséquences de ces rivalités pour le contrôle du monde.
S’agissant particulièrement du phénomène terroriste dans notre sous-région, nous sommes parvenus à la conclusion que le terrorisme a des liens consubstantiels avec l’impérialisme et que le terrorisme est un instrument aux mains des puissances impérialistes qu’ils utilisent comme moyen de domination ou comme instrument des rivalités inter-impérialistes ;
La guerre qui est livrée au Burkina Faso, sous le couvert du terrorisme, vise à soumettre le pays aux diktats des puissances néocoloniales, à déchiqueter son tissu social, à livrer les richesses de son sol et de son sous-sol à la boulimie de l’économie de marché. Elle ne se fonde sur aucune revendication politique, économique ou territoriale. Elle ne cherche qu’à semer la terreur, qu’à détruire l’Etat, qu’à diviser les Burkinabè, afin de faire du Burkina Faso un butin à partager entre forces impérialistes. En un mot, elle vise la destruction d’un Etat souverain. C’est une guerre réactionnaire qui aggrave la misère des peuples et détruit la cohésion sociale.
ALORS QUE FAIRE ?
Répondant à cette question, nous avons appelé à la révolution des peuples africains comme alternative au terrorisme et comme moyen de libération des peuples africains en général et burkinabè en particulier, contre la domination impérialiste. Tout en précisant qu’il ne faut pas se faire d’illusions. Chacun sait de manière objective que, aussi longtemps que l’Afrique sera morcelée comme elle l’est depuis la conférence de Berlin, les pays africains courront le risque objectif de demeurer à jamais des Etats-clients de tel ou tel grand pays. Cela est indépendant de la volonté et des intentions de qui que ce soit. Cela, chacun le sait parfaitement. Mais quand il s’agit de tirer les conséquences politiques de cette constatation simple, on voit apparaitre des pesanteurs qui ne peuvent s’expliquer que par une vision égoïste de notre avenir.
Notre parti en a pris la juste mesure, c’est pourquoi à l’issue de ses assises de février 2020, il a décidé de proposer à notre peuple en particulier et aux peuples africains en général, un projet de société original avec comme option idéologique : le néopanafricanisme révolutionnaire.
Et dans notre programme de campagne nous avons indiqué que pour nous, la lutte contre le terrorisme passe nécessairement par une lutte anti-impérialiste. Et dans ce combat, notre souveraineté nationale ne doit pas se marchander. Il faut exiger le départ des troupes françaises et étrangères de notre pays, et mener nous même notre combat de libération et de reconquête du territoire national. Nous avons appelé avant même la création des Volontaires pour la Défense de la Patrie, à ce que le peuple soit formé et armé pour mieux se défendre.
Mais hélas, nous n’avons pas été entendu ou compris.
Peuple du BURKINA FASO,
Aujourd’hui, le Burkina Faso est à la croisée des chemins. Il est mis dans une situation où il doit réussir sa libération totale ou disparaître en tant qu’Etat. De l’aveu de Monsieur le Ministre en charge de la défense et des anciens combattants, une coalition internationale s’est constituée contre le Burkina. En effet, après que des hordes de hors-la-loi ont été jetées sur le Burkina, armées, entretenues et encadrées par des maîtres occultes, l’on a voulu priver le pays de moyens de sa défense. Cette situation, à notre avis, devrait être intelligemment transformée en opportunité : réaliser le sursaut national nécessaire pour constituer une armée nationale dissuasive, réaliser l’unité nationale, baliser la voie d’un développement durable et équitable.
En rappel, le président élu le 29 décembre 2015 avec 53,46% du suffrage et réélu le 29 novembre 2020, avec 57,74% du suffrage, Roch Marc Christian Kaboré, a été renversé, le 24 janvier 2022, moins de 14 mois après sa prestation de serment, dans une indifférence quasi générale, par le Mouvement Patriotique pour la Sauvegarde et la Restauration (MPSR).
Un peu plus de huit mois après la prise du pouvoir d’Etat par le MPSR, son Président, Paul Henry Sandaogo Damiba, était à son tour renversé de l’intérieur, au motif qu’il se serait écarté des objectifs initiaux. Le changement intervenu au sommet de l’Etat est présenté comme s’inscrivant dans la dynamique de travailler à rétablir la sécurité dans les zones sous emprise, d’accélérer la lutte contre le terrorisme et de permettre aux populations d’avoir une vie paisible.
Depuis l’avènement du MPSR 2 avec à sa tête le Président Ibrahim TRAORE, nous avons constaté avec satisfaction, la prise de mesures courageuses dans le sens de l’affirmation de la souveraineté nationale, de l’engagement populaire pour la défense nationale, de la promotion de la pratique vertueuse de la politique, de la gestion vertueuse des richesses nationales, de la réciprocité dans les relations internationales, de la promotion du panafricanisme qui sont en phase avec le programme de gouvernement de l’OPA-BF.
Peuple du BURKINA FASO,
Hommes, femmes, jeunes, tous conscients et mobilisés, levons-nous comme un seul homme, comme en 1966, comme en 1983, comme en 2014, comme en 2015 et barrons la route à toute velléité de recolonisation ou de disparition de notre cher pays. Aucun centimètre carré de notre territoire ne doit être négocié encore moins perdu.
Pour nous, OPA-BF, la présente Transition aura atteint ses objectifs, si, en plus de vaincre le terrorisme et de restaurer le vivre-ensemble, elle assainissait l’espace politique pour une compétition équilibrée des acteurs politiques, à son terme. Cela commande que les animateurs de cette Transition se mettent au-dessus de la mêlée. Ils devraient faire preuve d’abnégation au service de la cause nationale, et de neutralité à l’égard des forces politiques passées, actuelles et en construction, se préoccupant essentiellement de mettre en place des institutions pertinentes et fortes, qui s’imposent à toutes les ambitions malsaines et égoïstes.
Pour l’OPA-BF, il faut construire un Burkinabè nouveau, une société nouvelle, tels que le Capitaine Thomas SANKARA en avait rêvé. Découragement n’est pas burkinabè. « Là où s’abat le découragement des faibles, s’élève le courage des braves. » disait SANKARA. Les épreuves que nous traversons, doivent nous fortifier, justifiant ainsi notre réputation établie de peuple courageux, combatif et résilient. C’est pourquoi l’OPA-BF, vous appelle, toutes et tous, à la lutte pour la libération du Faso.
Le Burkina ma fierté, l’Afrique ma force !
La Patrie ou la mort, nous vaincrons !
Je vous remercie.
Ouagadougou le 17 Mai 2023
LE PRESIDENT
Maître Ségui Ambroise FARAMA