03/04/2026
𝔸ℂ𝕋𝕌𝔸𝕃𝕀𝕋𝔼𝕊 𝔻𝔼 𝕃𝔸 𝔻𝔾𝕋
𝐕𝐀𝐋𝐈𝐃𝐀𝐓𝐈𝐎𝐍 𝐃𝐄 𝐋’𝐄𝐓𝐔𝐃𝐄 𝐌𝐈𝐗𝐓𝐄 𝐒𝐔𝐑 𝐋𝐀 𝐒𝐈𝐓𝐔𝐀𝐓𝐈𝐎𝐍 𝐃𝐄𝐒 𝐓𝐑𝐀𝐕𝐀𝐈𝐋𝐋𝐄𝐔𝐒𝐄𝐒 𝐄𝐓 𝐓𝐑𝐀𝐕𝐀𝐈𝐋𝐋𝐄𝐔𝐑𝐒 𝐌𝐈𝐆𝐑𝐀𝐍𝐓(𝐄)𝐒 𝐃𝐀𝐍𝐒 𝐋𝐄𝐒 𝐑𝐄𝐒𝐓𝐀𝐔𝐑𝐀𝐍𝐓𝐒 𝐄𝐓 𝐃𝐄𝐁𝐈𝐓𝐒 𝐃𝐄 𝐁𝐎𝐈𝐒𝐒𝐎𝐍 𝐀𝐔 𝐁𝐔𝐑𝐊𝐈𝐍𝐀 𝐅𝐀𝐒𝐎.
Le mardi 31 mars 2026, s’est tenu dans la petite salle du dialogue social sis à l’immeuble Baoghin, l’atelier validation de 𝙡’« é𝙩𝙪𝙙𝙚 𝙢𝙞𝙭𝙩𝙚 𝙨𝙪𝙧 𝙡𝙖 𝙨𝙞𝙩𝙪𝙖𝙩𝙞𝙤𝙣 𝙙𝙚𝙨 𝙩𝙧𝙖𝙫𝙖𝙞𝙡𝙡𝙚𝙪𝙨𝙚𝙨 𝙚𝙩 𝙩𝙧𝙖𝙫𝙖𝙞𝙡𝙡𝙚𝙪𝙧𝙨 𝙢𝙞𝙜𝙧𝙖𝙣𝙩(𝙚)𝙨 𝙙𝙖𝙣𝙨 𝙡𝙚𝙨 𝙧𝙚𝙨𝙩𝙖𝙪𝙧𝙖𝙣𝙩𝙨 𝙚𝙩 𝙙é𝙗𝙞𝙩𝙨 𝙙𝙚 𝙗𝙤𝙞𝙨𝙨𝙤𝙣 𝙖𝙪 𝘽𝙪𝙧𝙠𝙞𝙣𝙖 𝙁𝙖𝙨𝙤 ».
𝙊𝙧𝙜𝙖𝙣𝙞𝙨é 𝙥𝙖𝙧 𝙡𝙚 𝙈𝙞𝙣𝙞𝙨𝙩è𝙧𝙚 𝙙𝙚𝙨 𝙎𝙚𝙧𝙫𝙞𝙩𝙚𝙪𝙧𝙨 𝙙𝙪 𝙋𝙚𝙪𝙥𝙡𝙚 à 𝙩𝙧𝙖𝙫𝙚𝙧𝙨 𝙡𝙖 𝘿𝙞𝙧𝙚𝙘𝙩𝙞𝙤𝙣 𝙜é𝙣é𝙧𝙖𝙡𝙚 𝙙𝙪 𝙏𝙧𝙖𝙫𝙖𝙞𝙡 (𝘿𝙂𝙏), 𝙚𝙣 𝙘𝙤𝙡𝙡𝙖𝙗𝙤𝙧𝙖𝙩𝙞𝙤𝙣 𝙖𝙫𝙚𝙘 𝙡𝙚 𝘽𝙪𝙧𝙚𝙖𝙪 𝙄𝙣𝙩𝙚𝙧𝙣𝙖𝙩𝙞𝙤𝙣𝙖𝙡 𝙙𝙪 𝙏𝙧𝙖𝙫𝙖𝙞𝙡 (𝘽𝙄𝙏), à 𝙩𝙧𝙖𝙫𝙚𝙧𝙨 𝙡𝙚𝙨 𝙥𝙧𝙤𝙟𝙚𝙩𝙨 𝘼𝙂𝙍𝙄𝘿𝙊𝙈, 𝙁𝙁𝙈 𝘼𝙛𝙧𝙞𝙦𝙪𝙚, 𝙥𝙝𝙖𝙨𝙚 𝙄𝙄 𝙚𝙩 𝘾𝙍𝙄𝙎𝙄𝙎 𝘿𝙂, l’atelier a réuni des participants des Ministères et Institutions, de la Confédération Générale des entreprises du Faso (COGEF), de l’Unité d’actions syndicales, de l’Organisation internationale du travail (OIT) et du Cabinet 3IM.
𝙇’𝙤𝙪𝙫𝙚𝙧𝙩𝙪𝙧𝙚 𝙙𝙚𝙨 𝙩𝙧𝙖𝙫𝙖𝙪𝙭 𝙖 é𝙩é 𝙥𝙤𝙣𝙘𝙩𝙪é𝙚 𝙥𝙖𝙧 𝙡𝙚 𝙙𝙞𝙨𝙘𝙤𝙪𝙧𝙨 𝙙𝙚 𝙡𝙖 𝘿𝙞𝙧𝙚𝙘𝙩𝙧𝙞𝙘𝙚 𝙜é𝙣é𝙧𝙖𝙡𝙚 𝙙𝙪 𝙏𝙧𝙖𝙫𝙖𝙞𝙡, 𝙈𝙖𝙙𝙖𝙢𝙚 𝙎𝙩𝙚𝙡𝙡𝙖 𝙎𝙮𝙡𝙫𝙞𝙖𝙣𝙚 𝙎𝙊𝙈𝙀, 𝙥𝙧𝙤𝙣𝙤𝙣𝙘é 𝙥𝙖𝙧 𝙈𝙤𝙣𝙨𝙞𝙚𝙪𝙧 𝙏𝙞𝙖𝙣è 𝘽𝙊𝙍𝙊, 𝘿𝙞𝙧𝙚𝙘𝙩𝙚𝙪𝙧 𝙙𝙚𝙨 𝙧𝙚𝙡𝙖𝙩𝙞𝙤𝙣𝙨 𝙚𝙩 𝙣𝙤𝙧𝙢𝙚𝙨 𝙞𝙣𝙩𝙚𝙧𝙣𝙖𝙩𝙞𝙤𝙣𝙖𝙡𝙚𝙨, 𝙧𝙚𝙥𝙧é𝙨𝙚𝙣𝙩𝙖𝙣𝙩 𝙘𝙚𝙡𝙡𝙚-𝙘𝙞.
Selon le RGPH de 2019, les migrants représentaient près de 19,2 % de la population, soit environ 3,9 millions d’habitants, dont 5,8 % étaient des migrants internationaux. Le secteur tertiaire, comprenant notamment les restaurants et débits de boisson, absorbe une part significative de cette main-d’œuvre migrante, estimée à 38,6 %. Malheureusement, les conditions de recrutement et de travail dans ces secteurs demeurent souvent précaires avec beaucoup d’abus.
La collecte des données quantitatives a permis de toucher 458 travailleurs (euses) migrant(e)s dont 289 migrants internationaux et 169 migrants internes dans les restaurants et débits de boisson dans 7 régions du Burkina Faso (Kadiogo, Guiriko, Bankui, Kuilsé, Nando, Nakambé, Yaadga). L’enquête qualitative a permis de réaliser 67 entretiens individuels et 22 focus groups.
L’étude a dressé un répertoire des instruments juridiques internationaux, régionaux, sous régionaux africains et ouest-africains, des textes nationaux relatifs au travail des migrants, aux débits de boissons et restaurants. Elle a également révélé une forte prédominance de la main-d’œuvre féminine (74,7%) dans les débits de boissons et restaurants, tant chez les migrants internationaux que chez les migrants internes (PDI).
La répartition par âge des migrants internationaux et internes révèle une population majoritairement jeune, avec une forte prédominance des 18–35 ans.
Les migrants travaillant dans les débits de boissons et restaurants au Burkina Faso proviennent quasi exclusivement des pays de l’espace CEDEAO, avec une concentration notable de pays voisins ou proches : Togo (59,4 %) ; Côte d’Ivoire (18,6 %) ; Bénin (9,10 %) ; Nigeria (6 %) et le Ghana (4,6 %). Les ressortissants des autres pays de l’AES, en revanche, sont faiblement présents dans les restaurants et débits de boissons (Mali (0,9 %) et du Niger (0,6 %).
Plusieurs facteurs explicatifs de la migration vers le Burkina ont été identifiés : la Recherche d’emploi, la promesse d’opportunité d’emploi, les études / formation au Burkina Faso, les raisons familiales, le terrorisme, l’insécurité, les conflits armés, les crises socio-politiques, les conflits communautaires (ethnique, religieux, agriculteurs-éleveurs), le trafic des êtres humains / traite de personnes, les catastrophes naturelles, sinistres (inondations, sècheresse...), les pratiques traditionnelles néfastes, les mariages forcés.
En matière de négociation de contrat, dans les deux cas (migrants internationaux ou internes), les contrats sont principalement verbaux et non écrits.
L’analyse des données montre que la durée moyenne de travail est de 10,62 heures par jour. Il ressort que les travailleurs (euses) migrants (es) passent plus de 60 à 70 heures de travail par semaine.
Les difficultés majeures relevées par les travailleurs migrant(e)s des débits de boisson et restaurants sont : la fatigue / manque de repos, les violences de la part des clients, l’absence de couverture sociale, l’absence de protection sur les lieux de travail, le non-respect des clauses du contrat, les violences de la part de l’employeur, la mauvaise hygiène de vie et la mauvaise alimentation.
A l’issue des enquêtes, plusieurs recommandations ont été formulées pour améliorer leur situation et promouvoir un environnement de travail décent, respectueux des droits humains et conforme aux normes internationales.
A la fin des échanges, 𝙡𝙚 𝙧𝙖𝙥𝙥𝙤𝙧𝙩 𝙙𝙚 𝙡’é𝙩𝙪𝙙𝙚 𝙢𝙞𝙭𝙩𝙚 𝙨𝙪𝙧 𝙡𝙖 𝙨𝙞𝙩𝙪𝙖𝙩𝙞𝙤𝙣 𝙙𝙚𝙨 𝙩𝙧𝙖𝙫𝙖𝙞𝙡𝙡𝙚𝙪𝙨𝙚𝙨 𝙚𝙩 𝙩𝙧𝙖𝙫𝙖𝙞𝙡𝙡𝙚𝙪𝙧𝙨 𝙢𝙞𝙜𝙧𝙖𝙣𝙩(𝙚)𝙨 𝙙𝙖𝙣𝙨 𝙡𝙚𝙨 𝙧𝙚𝙨𝙩𝙖𝙪𝙧𝙖𝙣𝙩𝙨 𝙚𝙩 𝙙é𝙗𝙞𝙩𝙨 𝙙𝙚 𝙗𝙤𝙞𝙨𝙨𝙤𝙣 𝙖𝙪 𝘽𝙪𝙧𝙠𝙞𝙣𝙖 𝙁𝙖𝙨𝙤 𝙖 é𝙩é 𝙫𝙖𝙡𝙞𝙙é 𝙥𝙖𝙧 𝙖𝙘𝙘𝙡𝙖𝙢𝙖𝙩𝙞𝙤𝙣𝙨 𝙥𝙖𝙧 𝙡’𝙚𝙣𝙨𝙚𝙢𝙗𝙡𝙚 𝙙𝙚𝙨 𝙥𝙖𝙧𝙩𝙞𝙘𝙞𝙥𝙖𝙣𝙩𝙨, 𝙨𝙤𝙪𝙨 𝙧é𝙨𝙚𝙧𝙫𝙚 𝙙𝙚 𝙡𝙖 𝙥𝙧𝙞𝙨𝙚 𝙚𝙣 𝙘𝙤𝙢𝙥𝙩𝙚 𝙙𝙚𝙨 𝙖𝙢𝙚𝙣𝙙𝙚𝙢𝙚𝙣𝙩𝙨 𝙚𝙩 𝙤𝙗𝙨𝙚𝙧𝙫𝙖𝙩𝙞𝙤𝙣𝙨 𝙛𝙤𝙧𝙢𝙪𝙡é𝙨.