26/03/2026
𝟑𝐞 é𝐝𝐢𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐞𝐬 𝐉𝐨𝐮𝐫𝐧é𝐞𝐬 𝐧𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧𝐚𝐥𝐞𝐬 𝐝’𝐄𝐧𝐠𝐚𝐠𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐏𝐚𝐭𝐫𝐢𝐨𝐭𝐢𝐪𝐮𝐞 𝐞𝐭 𝐝𝐞 𝐏𝐚𝐫𝐭𝐢𝐜𝐢𝐩𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐂𝐢𝐭𝐨𝐲𝐞𝐧𝐧𝐞
𝐋𝐞 𝐩𝐞𝐫𝐬𝐨𝐧𝐧𝐞𝐥 𝐝𝐮 𝐂𝐍𝐑𝐒𝐓 𝐭é𝐦𝐨𝐢𝐠𝐧𝐞 𝐬𝐨𝐧 𝐚𝐭𝐭𝐚𝐜𝐡𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐚𝐮𝐱 𝐯𝐚𝐥𝐞𝐮𝐫𝐬 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐍𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧.
Le Délégué général du CNRST, Dr Emmanuel NANEMA a présidé ce jeudi 26 mars 2026, la cérémonie de montée des couleurs nationales marquant le lancement de la première phase des activités commémoratives de la 3e édition des Journées nationales d’Engagement Patriotique et de Participation Citoyenne (JEPPC). Pour cette 3e édition le thème retenu est : "𝐏𝐫𝐨𝐝𝐮𝐢𝐬𝐨𝐧𝐬 𝐁𝐮𝐫𝐤𝐢𝐧𝐚𝐛𝐞̀, 𝐂𝐨𝐧𝐬𝐨𝐦𝐦𝐨𝐧𝐬 𝐁𝐮𝐫𝐤𝐢𝐧𝐚𝐛𝐞̀ : 𝐧𝐨𝐭𝐫𝐞 𝐚𝐬𝐬𝐢𝐞𝐭𝐭𝐞, 𝐧𝐨𝐭𝐫𝐞 𝐟𝐢𝐞𝐫𝐭𝐞́"
A cette occasion, le Délégué Général a livré au personnel du CNRST le message du Président du Faso qui est une invite à consommer local.
𝗠𝗲𝘀𝘀𝗮𝗴𝗲 𝗱𝗲 𝗦𝗼𝗻 𝗘𝘅𝗰𝗲𝗹𝗹𝗲𝗻𝗰𝗲 𝗹𝗲 𝗖𝗮𝗽𝗶𝘁𝗮𝗶𝗻𝗲 𝗜𝗯𝗿𝗮𝗵𝗶𝗺 𝗧𝗥𝗔𝗢𝗥É, 𝗣𝗿é𝘀𝗶𝗱𝗲𝗻𝘁 𝗱𝘂 𝗙𝗮𝘀𝗼, 𝗖𝗵𝗲𝗳 𝗱𝗲 𝗹'É𝘁𝗮𝘁.
𝐂𝐚𝐦𝐚𝐫𝐚𝐝𝐞𝐬,
Au moment où s’ouvre la première phase de la troisième édition des Journées nationales d'engagement patriotique et de participation citoyenne, je voudrais porter votre attention sur un sujet aussi simple que vital, aussi intime que sacré : le contenu de nos assiettes. Observons ce que nous mangeons. Que voyons-nous ? Du riz ayant traversé les océans ? Des pommes de terre venues de pays lointains ? Du lait en poudre importé ? Et que dire des couverts ? L’assiette, les fourchettes et les cuillères sont aussi importées.
𝐂𝐚𝐦𝐚𝐫𝐚𝐝𝐞𝐬,
L’impérialisme n'est pas qu’une question de livres d’histoire ou de médias dominants. Il est également présent dans nos assiettes. Comme le disait le père de la Révolution d’août 83, les grains de riz, de maïs, de mil importés que nous mangeons, c’est cela l’impérialisme. Il ne faut pas chercher plus loin. Le mal est d’autant plus pernicieux qu’il avance masqué dans notre quotidien. Il est dans ce grain de riz importé qui inonde nos marchés pendant que les récoltes de Bagré, du Sourou, de Samendeni, pourrissent faute de débouchés. Il est dans cette conserve de tomates venue d'Europe, alors que le fruit du travail de nos producteurs locaux reste sans acheteurs.
Ne cherchez pas l'ennemi plus loin : il s'invite parfois deux ou trois fois par jour à notre table. L’ennemi c’est aussi ce commerçant véreux qui emprunte des circuits frauduleux pour importer des produits de grande consommation au détriment de notre production locale et de notre économie. L’Etat prend des mesures vigoureuses pour protéger les produits « made in Burkina » et il faut un sursaut patriotique à la fois des populations et des commerçants pour que les rayons de nos boutiques et alimentations soient des espaces où la production locale est reine.
Pendant des décennies, nous avons été conditionnés, car en nous vendant leurs produits et en dévalorisant les nôtres, l’impérialisme a façonné nos habitudes de consommation. On nous a fait croire que ce qui vient de loin est meilleur. On nous a appris à trouver le Faso Dan Fani « trop cher », tout en trouvant normal d’acheter une chemise importée dix fois son prix. On nous a appris que le pain de blé est indispensable, au point de nous faire oublier la force du mil, du sorgho, du maïs, des aliments qui ont forgé la résistance de nos ancêtres. On nous a fait croire que nous sommes pauvres, alors que la terre sous nos pieds regorge de richesses. « L’enfant sage est celui qui achète les galettes de sa maman » nous dit un proverbe burkinabè. Soyons donc ces enfants sages ; soyons des Burkinabè, fiers et patriotes jusque dans nos assiettes.
𝐂𝐡𝐞𝐫𝐬 𝐂𝐚𝐦𝐚𝐫𝐚𝐝𝐞𝐬,
Le temps du conditionnement mental est révolu ! L’ère de la honte de nos produits est terminée ! Le Burkinabè nouveau, que nous appelons de nos vœux, c’est celui qui choisit de transformer ses habitudes avec conscience, c’est celui qui transmet à ses enfants cette valeur cardinale : le devoir sacré de produire ce que nous consommons et de consommer ce que nous produisons.
Le thème retenu pour la présente édition des Journées Nationales d’Engagement Patriotique et de Participation Citoyenne est donc un cri de ralliement : « souveraineté alimentaire et patriotisme économique : ensemble, cultivons notre dignité par la production et la consommation locales ». Et le slogan que chacun devra adopter est « mon assiette, ma fierté ! ». Ce thème nous met au défi. Il nous exhorte, chacun et de manière collective, à engager une guerre contre la dépendance alimentaire. Chaque bouchée de produit local est un coup de pioche dans le mur de la domination économique. Produire ce que nous mangeons, transformer ce que nous produisons, et consommer ce que nous transformons, voilà le chemin de notre véritable indépendance !
𝐂𝐡𝐞𝐫𝐬 𝐂𝐚𝐦𝐚𝐫𝐚𝐝𝐞𝐬,
Comprenez bien la portée de vos actions : Quand vous achetez notre haricot vert, vous ne faites pas que nourrir les vôtres, vous irriguez l’économie du Burkina Faso. Quand vous revêtez le Faso Dan Fani, vous ne faites pas que vous habiller, vous couvrez la dignité de nos tisseuses.
Quand vous préférez le soumbala au cube chimique importé, vous ne faites pas que cuisiner, vous brûlez les brevets de l'impérialisme. Aujourd’hui, nous lançons donc la grande offensive de la fierté. Durant ces Journées Nationales d’Engagement Patriotique et de Participation Citoyenne, nous allons apprendre à réapprivoiser nos assiettes. Je souhaite que dans chaque administration, chaque école, chaque foyer, nous adoptions le réflexe de garnir nos assiettes de mets typiquement burkinabè. Le « consommer local » doit être un réflexe de tous les jours dans les cantines et sur les tables. Du Liptako à la Région des Tannounyan, le riz de nos plaines et les fruits de nos vergers doivent régner en maîtres. Faisons du manger local une tradition sacrée. Faisons de notre table un front de notre libération.
𝐂𝐚𝐦𝐚𝐫𝐚𝐝𝐞𝐬,
Notre combat doit être radical si nous voulons nous libérer véritablement. Unissons nos marchés ! Faisons circuler le lait de nos éleveurs, le riz de nos bas-fonds, le bétail de nos savanes ! Construisons un espace économique où la production nationale sera reine et l'importation, l'exception ! L'avenir de notre pays se joue également ici : dans nos champs, nos fermes et nos marchés.
Aux propriétaires des boutiques dans nos quartiers, je lance ce message : privilégiez nos produits agricoles locaux. En choisissant nos produits, vous combattez la vie chère et vous bâtissez un Burkina souverain et fier. Je m'adresse aussi à ceux qui continuent de douter, à ceux qui craignent que ce chemin ne soit trop difficile ou que notre ambition soit déconnectée d’un monde globalisé. À ceux-là, je dis : ne vous laissez pas abuser par les mirages de la consommation facile. Le confort immédiat de l’importation est un piège qui hypothèque l’avenir de nos enfants. Nous avons choisi le chemin de la dignité.
C’est un chemin exigeant, certes, mais c'est le seul qui mène à la véritable liberté. Souvenons-nous de cette vérité : celui qui remplit votre assiette finit par vous dicter sa volonté. Maîtriser ce que nous consommons, c’est reprendre les clés de notre destin et de notre santé. J’imagine déjà certaines voix parier sur notre échec. Elles pensent que notre élan s’essoufflera face aux réalités du marché mondial. Elles se trompent. Nous ne craignons pas l’isolement, car nous cultivons notre propre force. Si les flux extérieurs venaient à tarir, le Burkina Faso ne s’agenouillerait pas. Au contraire, nous puiserons dans notre terre, les ressources de notre résilience. Ce sont les bras de nos paysans et le courage de nos femmes qui nous font vivre ; et chaque épreuve sera révélatrice de notre génie communautaire. Chaque épreuve fera naitre un Burkina Faso nouveau : un espace de solidarité, invincible et souverain.
𝐂𝐚𝐦𝐚𝐫𝐚𝐝𝐞𝐬,
La bataille est devant nous. Regardez vos mains. Sont-elles faites pour quémander ou pour applaudir ce qui vient d’ailleurs ? Non ! Elles sont faites pour produire, pour construire, pour transformer. Alors, ensemble, à l'occasion de ces Journées Nationales d’Engagement Patriotique et de Participation Citoyenne 2026, engageons-nous ! Au champ, redoublons d'efforts ! Au marché, choisissons nos produits ! À table, soyons fiers de ce que nous sommes ! Que ce que nous consommons devienne notre arme ! Que notre assiette devienne notre cri de ralliement ! Que notre souveraineté soit notre fierté !
𝐆𝐥𝐨𝐢𝐫𝐞 𝐚̀ 𝐧𝐨𝐬 𝐯𝐚𝐢𝐥𝐥𝐚𝐧𝐭𝐬 𝐩𝐚𝐲𝐬𝐚𝐧𝐬 !
𝐕𝐢𝐜𝐭𝐨𝐢𝐫𝐞 𝐚̀ 𝐧𝐨𝐬 𝐟𝐞𝐦𝐦𝐞𝐬 𝐛𝐚𝐭𝐭𝐚𝐧𝐭𝐞𝐬 !
𝐇𝐨𝐧𝐧𝐞𝐮𝐫 𝐚̀ 𝐧𝐨𝐬 𝐚𝐫𝐭𝐢𝐬𝐚𝐧𝐬 !
𝐋𝐚 𝐏𝐚𝐭𝐫𝐢𝐞 𝐨𝐮 𝐥𝐚 𝐌𝐨𝐫𝐭, 𝐧𝐨𝐮𝐬 𝐕𝐚𝐢𝐧𝐜𝐫𝐨𝐧𝐬 !
𝐂𝐚𝐩𝐢𝐭𝐚𝐢𝐧𝐞 𝐈𝐛𝐫𝐚𝐡𝐢𝐦 𝐓𝐑𝐀𝐎𝐑𝐄́
𝐏𝐫𝐞́𝐬𝐢𝐝𝐞𝐧𝐭 𝐝𝐮 𝐅𝐚𝐬𝐨, 𝐂𝐡𝐞𝐟 𝐝𝐞 𝐥’𝐄́𝐭𝐚𝐭