25/09/2025
Signature de conventions de gestion et d’exploitation de barrages : le processus débute avec l’état des lieux des ouvrages concernés
En prélude à la signature prochaine des conventions de gestion et d’exploitation des barrages avec les exploitants principaux, une mission conjointe du secrétariat général, de la Direction générale des infrastructures hydrauliques (DGIH), de la Direction du Développement Institutionnel et de l’Innovation, de la Direction des Affaires Juridiques et du Contentieux, de l’Agence de l’eau des Cascades et de la SN-SOSUCO sous la direction du Cabinet s’est rendue, du 15 au 20 septembre 2025, sur les sites des barrages de la Comoé, de Lobi et de Toussiana, exploités par la Nouvelle Société Sucrière de la Comoé (SN-SOSUCO), . L’objectif de cette mission était de dresser l’état des lieux des barrages concernés par la signature desdites conventions.
Au Burkina Faso, près d’un millier de barrages soutiennent l’agriculture, l’élevage, l’alimentation en eau potable et la production industrielle. Cependant, la vétusté des ouvrages, les aléas climatiques et l’insuffisance d’entretien les fragilisent. À cet effet, une gestion partagée et durable de ces infrastructures stratégiques s’avère nécessaire. C’est pourquoi la Stratégie nationale d’entretien et de sécurité des barrages (SNESB) a prévu la formalisation de conventions de gestion et d’exploitation entre l’État et les exploitants principaux pour les barrages de catégories 2 et 3, afin de garantir une gestion et une exploitation sûre et durable.
Pour ce faire, la Direction générale des infrastructures hydrauliques a initié, depuis 2023, à travers un comité mis en place, l’élaboration d’une convention type de gestion et d’exploitation des barrages au Burkina Faso. Les échanges avec l’ensemble des acteurs ont permis de définir la conduite du processus jusqu’à la signature de ladite convention. C’est dans ce cadre qu’une visite des barrages gérés par les exploitants principaux notamment l’ONEA, la SONABEL et la SN-SOSUCO est organisée, afin de faire l’état des lieux de ces ouvrages comme situation de référence avant la signature des conventions spécifiques aux barrages.
Selon Le constat fait par l’équipe lors de cette première, le barrage de la Comoé, mis en service en 1991, présente globalement un bon état. Les principales dégradations concernent les vannes de l’ouvrage de prise, devenues non étanches, ainsi que quelques dysfonctionnements au niveau des dispositifs d’auscultation. Le barrage de Lobi, construit en 1976, est quant à lui jugé en mauvais état. La digue souffre d’affaissements, d’érosions et de fuites mineures. Son déversoir est totalement rompu et le canal d’évacuation fortement dégradé. Quant au barrage de Toussiana, en service depuis 1982, il est dans un état moyen mais préoccupant. Des fuites et affaissements de la digue, combinés à un drain non fonctionnel, laissent craindre des risques de submersion en cas de fortes pluies.
L’entreprise sucrière nationale, qui exploite et entretient déjà les ouvrages par ailleurs, a évoqué plusieurs difficultés, notamment l’insuffisance de la ressource en eau, les conflits d’usage avec les maraîchers et riziculteurs, ainsi que les inquiétudes liées aux projets d’extension des périmètres irrigués.
Les conclusions de cette mission serviront de base à la signature des conventions de gestion et d’exploitation entre l’État et la SN-SOSUCO, conformément à la SNESB, afin de renforcer la sécurité des ouvrages, de garantir la disponibilité de l’eau et de préserver les intérêts économiques et sociaux des populations.
La mission se poursuivra dans les jours à venir avec des actions portant sur l’état des lieux des barrages exploités par la SONABEL et l’ONEA.
SCRP