23/03/2026
"𝐄́𝐝𝐮𝐜𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐞𝐭 𝐜𝐢𝐭𝐨𝐲𝐞𝐧𝐧𝐞𝐭𝐞́, 𝐥𝐞𝐬 𝐟𝐨𝐧𝐝𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭𝐬 𝐟𝐫𝐚𝐠𝐢𝐥𝐞𝐬 𝐝𝐞 𝐧𝐨𝐭𝐫𝐞 𝐜𝐮𝐥𝐭𝐮𝐫𝐞 𝐝𝐞́𝐦𝐨𝐜𝐫𝐚𝐭𝐢𝐪𝐮𝐞
Une société ne devient pas démocratique juste par simple décision mais elle se construit progressivement, dès notre plus jeune âge : à l’école, dans les familles, les clubs, les associations et dans tous les espaces où l’on apprend à vivre ensemble.
En écoutant les devanciers, une chose ressort : l’importance de l’éducation. Ils ont bénéficié d’une éducation solide, à tous les niveaux (civique, morale, politique). On peut le constater à travers leurs parcours et les actions qu'ils ont mené. Ils nous encouragent à continuer à nous former et à apprendre par tous les moyens.
Je me demande aujourd’hui si nous formons réellement des citoyens dans les espaces dédiés à la formation.
Apprenons-nous aux enfants et aux jeunes qu’ils ont le droit mais aussi le devoir de poser des questions et de demander des comptes ? Aidons-nous ces jeunes, ces enfants à développer un esprit critique, à débattre avec et dans le respect et à accepter le désaccord ? Leur montrons nous réellement la limite entre l’injure, le manque de respect et le droit ? Leur montrons-nous que ce n’est pas un manque de respect, mais une pratique normale dans une démocratie ?
Ou bien, sans nous en rendre compte, nous leur apprenons à se taire, à subir, ou à réagir sans réfléchir ?
À cela s’ajoute un autre défi important de notre : les réseaux sociaux.
Ces espaces donnent la parole à tous et c’est une très bonne chose. Mais ils encouragent aussi des réactions très rapides et sans recul. Les insultes et le jugement deviennent faciles et immédiats, et l’émotion prend souvent le dessus sur la réflexion.
Derrière nos téléphones, nous oublions parfois que bien que la parole soit libre, elle engage une responsabilité, notre responsabilité.
À la fin de la journée, au lieu d’élever le débat, nous contribuons à le dégrader et nous entretenons une grande confusion au lieu d’éclairer.
Pendant ce temps, un paradoxe s’installe :
ceux qui devraient rendre des comptes sont parfois épargnés, tandis que ceux qui osent parler sont attaqués. Et peu à peu, cela affaiblit notre démocratie.
Pour moi, le véritable levier de changement, c’est l’éducation. ce devrait être notre but à tous. Eduquer, Former.
Nous devons mieux former à la citoyenneté.
Apprendre à s’exprimer librement, mais avec responsabilité.
Développer l’esprit critique.
Encourager le respect, même dans le désaccord.
Promouvoir la solidarité entre citoyens, et lorsque nous ne sommes pas d’accord sur la manière aider à corriger et à s'écouter parce que soutenir quelqu’un ne veut pas dire tout accepter,
mais reconnaître le courage d’agir et contribuer à améliorer les choses.
Au fond, l’avenir de notre démocratie dépend moins de ceux qui parlent, que de notre capacité collective à écouter, comprendre et réagir avec responsabilité.
𝐉'𝐚𝐢 𝐝𝐞 𝐥'𝐞𝐬𝐩𝐨𝐢𝐫.
Bonne semaine"
Mme Béhira Bénédicte Koffi , Chargée de Programmes de la Fondation Naumann Côte d'Ivoire.