18/02/2018
PARTI COMMUNISTE MARXISTE-LENINISTE DU BENIN (P.C.M.L.B.)C/03 Misséssin-Akpakpa – 01 B.P. : 2716 Recette Principale COTONOU (BENIN)Tél. : 21-33-21-93 Fax. : 21-33-26-01www.combatcommuniste.net
VIVE LA REVOLUTION !!!
Le Bénin après deux ans de dictature de Patrice TALON.
Lorsque le 06 avril 2016, Patrice TALON avait pris les rênes du pouvoir au Bénin, notre parti, le Parti Communiste Marxiste-Léniniste du Bénin (–PCMLB-) écrivait que c’était l’an I de la Dictature TALON : le capital et le pouvoir politique, en effet, se concentraient entre les mains d’un seul homme, Patrice TALON, un homme de l’extrême-droite, qui, sous les précédents pouvoirs, avait prouvé sa rapacité, et surtout, sa capacité de nuisance.
Notre Parti attirait l’attention du peuple sur la responsabilité des personnalités et organisations politiques (Union Fait la Nation, P"c"B, Coalition des forces de gauche, Candide AZANNAI, Nicéphore Dieudonné SOGLO, Philippe NOUDJENOUME, Bruno AMOUSSOU, etc.…) qui l’avaient magnifié, banalisé et qui, par dol, l’avaient présenté au peuple comme l’antidote à ses malheurs et à ses souffrances…
Après une année et demi, nos analyses précédentes ont été entièrement confirmées : la Dictature de la ploutocratie s’est révélée et fait rage : ses ravages sont indescriptibles et sont déjà très coûteux pour le peuple.
Quel visage présente le Bénin après bientôt deux ans de pouvoir de Patrice TALON et de son clan ?
I - GUERRE DE CLAN ET D’INTERETS ENTRE MOUVANCE ET OPPOSITION BOURGEOISES
Nous parlerons successivement du clan au pouvoir puis du clan non au pouvoir.
A- Les plans hégémoniques du ploutocrate TALON
Dès sa prise de pouvoir, Patrice TALON avait projeté de concentrer entre ses mains tous les pouvoirs (politique, économique, diplomatique, sécuritaire et de défense…). C’est la finalité du projet de révision de la Constitution bourgeoise du 11 le peuple étaient manifestes. Il n’avait pas hésité à arracher à la jeunesse estudiantine le droit d’association et d’expression, à interdire les manifestations, à définir "des lignes rouges à ne pas franchir…."
Le projet de révision de la Constitution fut anéanti par l’action combinée du peuple et du clan de la grande bourgeoisie non au pouvoir.
Mais depuis l’échec de ce complot, TALON a décuplé ses plans de caporalisation de la vie politique que l’on peut observer à divers niveaux :
Au niveau parlementaire : à coup de millions, TALON a rassemblé autour de ses projets le groupe d’hommes appelé le Bloc de la Majorité Parlementaire (BMP) composé de députés qui lui obéissent au doigt et à l’œil. A coup d’argent et d’octroi de marché public pour sa société OFMAS, il a soumis à sa complète dévotion le Président de l’Assemblée Nationale, Monsieur Adrien HOUNGBEDJI et son parti, le P.R.D.
Avec cette majorité mécanique, il envisage de reprendre son projet de révision de la Constitution, de réécrire le Code Electoral (avec en projet la suppression de la CENA et l’organisation des élections par le Ministère de l’Intérieur….), d’imposer une charte des partis sur mesure, d’obtenir toutes les lois infâmes qui lui assurent une domination complète de la vie politique et économique…
Mais l’action de la ploutocratie ne vise pas que la domination du parlement. Comme ses prédécesseurs et p*s qu’eux, TALON veut s’inféoder tous les partis politiques de l’opposition bourgeoise.
- Il suscite des regroupements politiques à sa dévotion comme en témoigne l’organisation "En route".
Il a regroupé, pour mieux les contrôler, les partis et organisations politiques du Septentrion qui lui ont fait allégeance. Il met à sac et désorganise les partis qui lui résistent : la RB a été divisée et son premier responsable, Léady SOGLO, pris en chasse, a dû s’exiler. Le PSD a subi le même sort et est scindé en deux tendances, dont l’une, pro TALON, est dirigée par Bruno AMOUSSOU et autres HOUGNINOU Ebo Clément.
Les hommes politiques appâtés par la facilité se ruent, en usant de tous prétextes, au service de TALON pour sauver leurs strapontins. Beaucoup de serviteurs de Boni YAYI (DEGLA, ABIOLA, KASSA Barthélemy …etc.) ont, sans scrupules, déserté la coalition FCBE et vouent aux gémonies leur ancien leader. Corrompus bien connus, ils pensent se mettre ainsi à l’abri de toute poursuite judiciaire.
- Le même phénomène se poursuit au niveau des communes. Les maires qui ne sont pas acquis à TALON sont destitués et remplacés par des hommes liges plus soumis. Ce redéploiement des élus locaux à forte odeur de corruption se produit sur toute l’étendue du territoire national.
Il n’est point besoin d’être un homme politique pour comprendre qu’avec cette disposition des troupes, TALON veut rempiler et dominer durablement la vie politique. Sa volonté de se maintenir après 2021 a été annoncée par l"Honorable" Rachidi GBADAMASSI, un autre transfuge du camp de Boni YAYI.
Tels sont les plans et projets politiques de Patrice TALON, Johannes DAGNON, Olivier BOKO, Bruno AMOUSSOU et autres qui constituent le noyau dur du clan de la grande bourgeoisie au pouvoir.
Cette perspective est redoutée par le clan non au pouvoir qui enrage et se déploie à corps perdu pour la sauvegarde de ses privilèges.
B- Le Clan de la grande bourgeoisie non au pouvoir
Le clan de la grande bourgeoisie politico-bureaucratique et compradore non au pouvoir (qui se fait appeler Front pour le Sursaut Patriotique -F.S.P-), est l’opposition bourgeoise de service. Il est composé des anciens dirigeants déchus (Boni YAYI, la FCBE, Nicéphore Dieudonné SOGLO etc.…) et d’anciens partisans de Talon déçus par la place qu’il leur a réservé dans l’appareil d’Etat (Sébastien AJAVON, Philippe NOUDJENOUME, P"c"B, Coalition des Forces de Gauche etc...).
Le PSD (aile GOLOU) n’a pas encore indiqué laquelle des deux directions lui assure la sécurité et la survie. Il en est de même de Candide AZANAI qui n’a pas ouvertement rejoint ses amis (SOGLO, Boni YAYI…etc.…) mais paraît faire bande à part tout en annonçant son opposition.
Tous ces hommes et femmes se rassemblent dans le clan de la grande bourgeoisie non au pouvoir dont le groupe le plus actif est le "Front pour le Sursaut Patriotique" (F.S.P).
Notre Parti fera paraître des articles spécifiques sur la composition organique du FSP, sa nature, ses objectifs ainsi que sur le mot d’ordre des "Etats généraux" qu’il appelle de toutes ses forces. On comprendra alors que le FSP n’est qu’un "FRONT pour la Survie des Pilleurs anciens" F.S.P.(a).
Mais il importe dans la présente analyse d’attirer l’attention sur le fait que les organisations et personnalités composant le FSP(a) ont été, hormis celles de la FCBE, au service de TALON et en sont déçus par suite de la non-exécution par celui-ci de la contre-partie que leur ralliement à son panache devait leur rapporter selon leurs accords politiques secrets.
Il importe aussi d’attirer l’attention sur les deux composantes du FSP(a) : il y a les ploutocrates, grands bourgeois politico-bureaucrates et compradores, anciens pilleurs (Sébastien Germain AJAVON, Boni YAYI, Nicéphore Dieudonné SOGLO) qui sont les commettants. Ils fournissent les moyens financiers et donnent les instructions.
Il y a les autres composantes qui sont les partis et organisations de la petite bourgeoisie (P"c"B, C.F.G, PLP, CSTB, PSD-Bélier, bonzes syndicaux retraités, membres de l’aristocratie syndicale (LOKOSSOU, TODJINOU, AZOUA, IKO, KASSA N. MAMPO...etc.) Ce sont des commis aux tâches, qui, contre quelques euros et C.F.A, mettent à la disposition des premiers, leur savoir-faire en matière d’organisation, de mobilisation et de conduite des luttes. Traîtres aux intérêts du peuple, ils sont passés du côté des pilleurs et se contentent des miettes qui tombent de leur table. Ils sont discrédités par autant de scandales que la ploutocratie : Ex : Affaire du refus de l’audit de gestions des fonds publics versés aux syndicats ; Affaire des dessous de table de 350 millions FCFA etc…).
Il importe enfin d’attirer l’attention sur le fait que le FSP(a) surfe sur le mécontentement populaire, met démagogiquement en avant les revendications du peuple (la liberté et le pain) comme fondement des manifestations politiques qu’il anime depuis quelques mois. Mais bien des gens se demandent, comment le FSP(a) peut-il bien lutter contre les actes de pillage (ICC services, Maria GLETA, CEN- SAD, Machines agricoles...etc.) lorsqu’il est sous la coupe et au service de Boni YAYI et de sa FCBE présumés auteurs desdits actes ?
On se souvient de l’engagement particulier du P"c"B dans l’affaire DANGNIVO dont la disparition a été attribuée à Boni YAYI. On se demande, médusé, comment Philippe NOUDJENOUME et sa bande peuvent réclamer le jugement de YAYI Boni et autres présumés auteurs de ladite disparition tout en étant à son ordre !!!
C’est donc non sans peine que l’on se rend compte que l’activisme revanchard des Philippe NOUDJENOUME, Jean Cocou ZOUNNON, Nicéphore Dieudonné SOGLO et consorts n’a pour finalité que leur appétit glouton et la sauvegarde de leurs privilèges mal acquis, bref la manipulation des masses à des fins d’intérêts personnels et égoïstes. D’où leur entente sans principe et cacophonique.
Pourtant TALON, sadique, goguenard et froid, leur déclare qu’il ne leur doit plus rien ! Qu’il les avait déjà payés de leurs services rendus.
Depuis plusieurs mois, le FSP(a) ne tarit pas d’initiatives et organise des manifestations sur manifestations (marches, sit-in, conférences…etc.…) investit les réseaux sociaux, les médias, agite la petite-bourgeoisie mécontente, s’adresse aux milieux diplomatiques et soumet TALON à la même pression dont il était hier l’initiateur contre Boni YAYI.
L’objectif proclamé par le FSP(a) est la réunion des Etats généraux pour au plus t**d le 31 Décembre 2017 ; date ultime où TALON est sommé de les convoquer.
Cet ultimatum a fait long feu et la fanfaronnade est apparue aveuglante. Dans le même temps, Boni YAYI, Sébastien AJAVON préparent fébrilement et ouvertement les prochaines élections législatives et présidentielles.
En d’autres termes, le FSP(a) met deux fers au feu : ou le renversement par la force du clan au pouvoir (et la réunion d’une Conférence Nationale bis en serait l’occasion) ou l’affaiblissement de TALON en vue de son éviction aux prochaines élections présidentielles, à moins que l’impérialisme français dont dépend sa survie artificiellement entretenue, ne s’émeuve de son impopularité dangereuse pour ses intérêts et ne donne un coup de pouce au destin. Dans tous les cas, étant elles-mêmes des pilleuses, les composantes du FSP(a) recommenceront le même scénario et, conformément à l’adage "qui a bu, boira", elles pilleront le pays à nouveau.
Ces deux clans de la grande bourgeoisie qui se connaissent parfaitement, s’épient et s’affrontent dans une lutte sans merci pour le contrôle du pouvoir.
Le clan au pouvoir use de la machine d’Etat, disperse et endigue l’élan du Front pour la Survie des anciens pilleurs -FSP(a)-. Il use du contrôle des médias, de l’activisme frénétique de la police politique, de l’affaire de la CNSS…etc. Aucune faute n’est pardonnée aux anciens pilleurs du clan non au pouvoir. Prévaricateurs ou concussionnaires, peu importe, TALON fait le ménage, met en mouvement l’action publique et cache ses mains : c’est la faute à la commission bancaire de l’UEMOA, gémit-il.
Mais tous ces agissements des deux clans de la grande bourgeoisie ne visent que la conquête et l’exercice du pouvoir politique dans l’intérêt exclusif de chacun. C’est dire que ce n’est pas dans l’intérêt du peuple que le FSP(a) ou le clan de TALON se bat. On s’en convainc par l’examen des programmes de chacun de ces clans de valets. On s’en convainc également par le comportement des députés de la mouvance, comme de ceux de l’opposition qui se sont toujours entendus pour le vote de budgets qui sauvegardent leurs privilèges et suppriment les mesures sociales, qui créent les taxes et impôts qui écrasent les pauvres, sèment la misère et l’ignorance… On s’en convainc encore lorsqu’on observe l’instabilité politique de ces ploutocrates, qui passent de l’opposition à la mouvance et vice-versa, du parlement au gouvernement, d’un groupe parlementaire à un autre au gré de leurs intérêts, changeant leurs vestes toujours du bon côté de la marmite. On s’en convainc enfin par leur niveau de vie de plus en plus élevé, l’augmentation exponentielle de leurs salaires et indemnités, l’accumulation fabuleuse de leurs richesses et leur train de vie arrogant et insolent pendant que les fils et filles du peuple sont de plus en plus indigents, errent dans les rues en cohortes de malnutris, de chômeurs, de malades mentaux, de mendiants, de prostituées….etc.
C’est dire que l’opposition bourgeoise, ou FSP(a) et le clan au pouvoir appelé "mouvance" sont les deux faces d’une même médaille. C’est "bonnet blanc et blanc bonnet". Ils constituent la même classe d’oppresseurs et de spoliateurs. Ils ont la même morale, les mêmes pratiques et sont tous des laquais au service de l’impérialisme international, français notamment. C’est de leur sein que périodiquement, tous les 4 ou 5 ans, l’impérialisme français choisit ceux qui sont les plus adaptés à la situation pour garantir au mieux ses intérêts et écraser les peuples. C’est ce changement de l’équipe des titulaires par celle des remplaçants et des réservistes, qu’ils appellent "Alternance". Ils sont tous, avec l’impérialisme, la source première de l’arriération de notre pays.
Toutes les politiques mises en place par Patrice TALON et sa bande organisent la ruine du pays, son appauvrissement et son arriération.
II- SITUATION ECONOMIQUE ET SOCIALE
Le Bénin demeure enferré par les monopoles européens, américains et asiatiques qui y règnent en maîtres. Il végète dans le rôle asservissant de source de matières premières pillées à qui mieu mieu et de marchés aux mains de la finance et des industries étrangères. Il n’y a pas, jusqu’aux menus services, jusqu’aux commandes de matériels d’équipement ou de bureau qui ne soient aux mains des étrangers. Les nationaux asphyxiés, étouffent, ferment boutique, abandonnent toute activité. Toute entreprise nationale de production de valeur ajoutée est immédiatement étouffée et ruinée.
Les orientations économiques et financières imposées par les monopoles financiers sont exécutées à leur totale satisfaction.
Le passage à Cotonou de la Directrice du F.M.I, Christine LAGARDE, en dit long. Elle a félicité les prouesses de TALON contre son peuple ! Il a reçu la note de "bon élève du FMI" !!!
Le pouvoir de TALON, qui a emboité le pas à ses prédécesseurs, exécute à la perfection les ordres du FMI et des monopoles vendeurs de capitaux et d’autres biens. TALON a mis en place et conduit au mieux les réformes imposées par ses maîtres.
Voilà celui que certains bourgeois et petit-bourgeois avaient présenté comme le candidat anti-colonialiste !
Rappelons les orientations du Programme d’Action Gouvernemental (P.A.G) de TALON.
Deux orientations s’en dégagent :
La première est la recherche et la préservation de l’équilibre macro-économique et l’assujettissement de l’économie du Bénin à celle de l’impérialisme international. Les réformes économiques n’ont pour principale fonction que le remboursement de la dette contractée auprès des monopoles financiers. En dehors des vœux pieux que constituent les projets de "transformation des produits agricoles", de "mécanisation de l’agriculture" etc…, vous ne voyez aucun plan pour sortir le Bénin du gouffre et des griffes de l’impérialisme. Aucun programme d’envergure pour éradiquer l’analphabétisme et promouvoir l’instruction du peuple. Aucun projet pour l’électrification, l’informatisation et l’industrialisation de notre pays !
Aucun mot sur l’indépendance monétaire, sur le franc CFA (Franc des Colonies d’Afrique) au moyen duquel l’Etat français spolie et ruine notre pays et son peuple.
L’ordre colonial et néocolonial demeure respecté par le PAG de TALON. Le Bénin demeure une économie de rente, un marché non protégé, à la merci du capital et des produits industriels étrangers. Ce qui est dit du PAG et du pouvoir de la rupture vaut pour les programmes de tous les pouvoirs précédents car en réalité, tous ces pouvoirs, de KEREKOU 1 à ce jour, n’ont en réalité que le même programme d’asservissement du peuple au profit des monopoles étrangers. Le pouvoir de TALON ne fait que poursuivre et durcir ce programme de ruine.
La deuxième orientation du PAG est le dépouillement du peuple au profit de TALON, de sa famille et de sa clique d’affameurs. En quelques mois, TALON a poursuivi hardiment les privatisations et la désarticulation du tissu économique national : les sociétés d’Etat que Boni YAYI hésitait à privatiser de peur du courroux populaire, l’ont été en un tour de main : ONAB, ONASA, COTEB, SONAPRA etc...Il vient de confier la gestion du Port Autonome de Cotonou à une société Belge et celle de l’Aéroport à une société française, les Aéroports De Paris (ADP). Même le secteur stratégique de la santé publique n’y échappe pas. TALON met en affermage ou en concession les hôpitaux et autres centres de santé alors que le peuple, déjà exsangue, n’arrive plus à se soigner. Son cousin (encore un TALON), médecin à Stain (Seine-St Denis-France) est sur les rangs pour prendre la gestion du CNHU. Dans le même temps, il traque et contraint ses concurrents (AJAVON, RODRIGUEZ…etc…) à la ruine pendant que les siens et lui-même rachètent leurs sociétés et dépossèdent le pays. C’est cela qui fait la particularité de ce pouvoir : le Népotisme Décomplexé.
L’impact au plan social est déjà terrible : pendant que TALON roule en Porsche, octroie à ses propres sociétés des dizaines de milliards, que le chef de l’Etat, les ministres, les députés et les grands commis de l’Etat poursuivent à qui mieu mieu le pillage éhonté des ressources publiques, la misère fait des ravages au sein du peuple. Des travailleurs sont licenciés par milliers, le chômage continu de s’abattre sur la jeunesse. Les écoles manquent d’enseignants, de bancs, de classes ; dans des villages éloignés de 50 Kms de Cotonou, ce sont des troncs d’arbres qui servent de bancs d’école ; les étudiants, privés de bourse, végètent dans des conditions d’instruction affreuses. Le pays plonge toujours dans le noir. Les hôpitaux (surtout le CNHU) sont et demeurent des mouroirs. La mendicité s’est accrue et la seule solution trouvée par le gouvernement est de ramasser les mendiants étrangers ou sans papier pour les jeter aux frontières au mépris des conventions internationales et communautaires qui lient notre Etat à ses voisins. Les pauvres sont brutalement et cruellement dépouillés de leurs installations économiques au nom de ce qui est appelé "la libération de l’espace public" et « l’amélioration du cadre de vie… » Le peuple est desséché.
Partout, en ville comme à la campagne, la désolation, la misère, la mort. Voilà ce qu’est devenu le Bénin sous le régime du " Nouveau Départ" ou de "la Rupture" !
Par son essence, le Programme d’Action du Gouvernement ne produit et ne peut produire d’autres effets. Il est pro-impérialiste et nécessairement anti-populaire. Il n’assure que le bien du clan de TALON et de ses maîtres impérialistes et accroit le dépouillement du peuple.
Pour clore ce jeu de massacre, c’est le silence qui est imposé au peuple. L’interdiction de toute grève à la douane, dans la police, à la justice et dans le secteur de la santé constitue une attaque frontale des acquis démocratiques arrachés lors du renversement de l’autocrate Mathieu KEREKOU au cours des journées révolutionnaires de 1989 à 1990.
TALON veut arracher au peuple ce qu’il a conquis de haute lutte !
Un défi à relever immédiatement !
III- QUELLES PERSPECTIVES POUR LE PEUPLE ?
Depuis l’indépendance nominale de 1960, et sans que la Conférence Nationale des Forces Vives n’y ait changé quoique ce soit, la bourgeoisie politico-bureaucratique et compradore et l’impérialisme français dominent notre pays.
Cette classe de valets fait semblant devant le peuple, de s’entredéchirer afin de se relayer perpétuellement au pouvoir avec sa bénédiction. Chacun d’eux use de tous les artifices, mystifie, corrompt systématiquement les masses pour leur extorquer leur "vote" et la direction de notre pays. Ces valets exécutent docilement les ordres des puissances impérialistes et de leurs organismes économiques, politiques et culturels (FMI, Banque Mondiale, RFI, France 24 etc…). Ils volent, pillent, oppriment, torturent et tuent. Ils maintiennent le peuple dans l’analphabétisme, l’ignorance, la misère et la mort.
Depuis bientôt (30) ans, face au mécontentement que suscite leur politique de pillage, ils ont élaboré des programmes de propagande et de mystification qu’ils appellent…"Renouveau démocratique", "Renaissance", "Changement", "Refondation", "Nouveau départ", "Rupture" etc… Cette classe de rapaces, ces hommes et femmes, toutes tendances confondues, ont conduit la même politique de mensonge, d’asservissement du peuple et de ruine de notre pays. Ils ne peuvent se détacher de l’impérialisme sans disparaitre:
Le Bénin demeure sous-développé, sans industrie, vendu à l’encan et sombre dans l’obscurité et l’arriération malgré ses ressources humaines et naturelles colossales. La jeunesse toujours plus nombreuse, malgré ses talents, sa formation, ses désirs ardents, demeure dans un état écœurant de dénuement et de misère morale! La pauvreté galope malgré les nombreux programmes dits de lutte contre elle. Sous le pouvoir de TALON, le peuple n’a jamais autant crié famine et le désespoir est aussi profond qu’à la fin du régime du PRPB de triste mémoire.
Il suit de ce qui précède, que notre pays n’a pas d’avenir avec cette classe de pilleurs répartie dans les divers partis soumis à l’impérialisme ; que le peuple béninois ne peut se donner le régime politique de son choix, ne peut décider de ses orientations économiques et sociales et exercer pleinement sa souveraineté qu’en rompant irrémédiablement tout lien de sujétion et de domination avec tous les Etats et toutes les institutions internationales, qu’en mettant fin au pouvoir des valets locaux, qu’ils soient de la "mouvance présidentielle" ou de l’"opposition institutionnelle", qu’ils s’appellent Rupturiens ou Front pour le Sursaut Patriotique "FSP".
Il suit également de ce qui précède qu’est aventureux, inconséquent et suicidaire pour le peuple, le fait de se mettre au service d’un valet pour combattre un autre valet dans le but de participer au pouvoir d’Etat.
Il est criminel de proposer des Etats Généraux où pilleurs et pillés, exploiteurs et exploités, dans un même élan de générosité et de naïveté, décréteront la fin de l’exploitation des uns par les autres. Ce serait un marché de dupes. Un adage de chez nous dit fort justement que "Ventre affamé et ventre plein ne peuvent tenir le même discours"
Cette tactique, dénommée celle du "Soutien tactique, démarcation stratégique à un régime fondamentalement néocolonial", a été expérimentée en INDONESIE sous le Président Soekarno, par le Parti Communiste Indonésien (PDKI). Après avoir obtenu quelques ministres communistes au gouvernement, elle s’est soldée par le massacre de plus de cinq cents mille (500.000) communistes et le recul durable de la révolution.
Au Soudan de GAAFAR EL NIMEIRY, elle s’est terminée par l’extermination, des membres du Parti Communiste et la montée en puissance de l’Islamisme.
Au Chili, c’est le Président social-démocrate Salvador ALLENDE, ses partisans et les communistes qui ont été massacrés par la soldatesque d’extrême-droite du dictateur PINOCHET.
Au Bénin, lors du coup d’Etat du GMR en 1972, cette tactique criminelle avait été adoptée par la totalité des dirigeants des organisations démocratiques (UGEED, FACEEN, Syndicats, organisations de masses etc.) Les dirigeants actuels du P"c"B, Fidel QUENUM, Philippe NOUDJENOUME, Gilbert KUESSI, en étaient les plus chauds partisans aux côtés des Félicien MEDJIGBODO, Narcisse DJEGUI et autres Pascal FANTODJI.
Notre peuple en a fait l’expérience douloureuse sous KEREKOU I avec le CIJ, le CSC et la JUB des Ignace ADJO BOKO, Fidel QUENUM, Fakorede AZARIA, Emmanuel AKOSSEWA, Gédéon DASSOUNDO, avec le FACEEN d’Abdoulaye ISSA, Idi MALLAM, BOUKARY Guy, avec la LNJP des Gratien T. CAPO-CHICHI, Codjo François AZODOGBEHOU, Goras GAGLOZOUN, Pierre OSHO, avec le SYNATINCA des Florentin MITO BABA et Thimothé ADANLIN, le SYNTRA-SONADER de Rigobert LADIKPO, l’UNSTD de Romain VILLON GUEZO, KPOFFON et Oscar LALOU, le P.R.S-Bénin des Théophile Béhanzin Paoletti etc...
Ces intellectuels petits-bourgeois ont soutenu et aidé Kérékou à tromper le peuple et à conduire le pays dans le gouffre et l’autocratie.
Beaucoup d’entre eux ont payé le prix de leur trahison, en termes d’emprisonnement, de tortures indicibles et de morts.
Cette trahison a valu l’abattement sur tout le peuple béninois, d’une chappe de plomb de 18 ans, de 1972 à 1990.
Les Communistes béninois qui s’y opposaient se comptaient sur le bout d’une main et étaient traités d’anarcho-trotskistes ou d’ultra-gauche.
Ce sont eux qui sont aujourd’hui à la tête du PCMLB. Ils n’ont pas perdu la foi de leur jeunesse !!!
Cette tactique a été également combattue par les révolutionnaires et les communistes Africains, Européens et d’Amérique latine jusqu’à résip*scence du groupe de Pascal FANTODJI et à son autocritique publique. C’est ce qui a permis la naissance du P.C.D. et la reprise d’initiative révolutionnaire contre le PRPB jusqu’à sa défaite.
Peu de gens connaissent cette partie peu glorieuse de l’histoire du mouvement communiste et révolutionnaire au Bénin.
Ils n’ont vu et entendu que l’histoire d’un PCB sorti, casqué et botté, de la cuisse de Jupiter.
En réalité, c’est au terme d’âpres luttes de ligne qu’il en a été ainsi. La ligne révolutionnaire avait fini par triompher du réformisme et du révisionnisme ambiant.
On constate qu’aujourd’hui l’histoire se répète encore. Mais, comme dit Marx, si la première fois était tragique, la seconde fois est une ridicule tragi-comédie.
Ce n’est pas à des pseudo-marxistes que les Philippe NOUDJENOUME, Jean Kokou ZOUNON, Laurent METONGNON et consorts se soumettent, ce n’est même pas à une bourgeoisie nationale patriote, c’est aux extrémistes de droite, aux laquais les plus réactionnaires de l’impérialisme français.
C’est au nom de cette tactique de "soutien tactique, démarcation stratégique…" que le P"c"B et la prétendue coalition des forces de gauche se sont mis au service de TALON et l’ont aidé à prendre le pouvoir.
C’est en application de cette même tactique criminelle que, transhumant, ils quittent TALON pour se mettre au service de YAYI Boni, AJAVON et Nicéphore SOGLO.
On aura compris que le P"c"B d’aujourd’hui n’est pas le même que le PCD d’hier. Les héros d’autrefois sont fatigués.
Les hommes sont devenus de petits-bourgeois cupides et voraces ! Ils sont prêts à vendre leurs âmes pour une bouchée de pain !
Shamefull !!!C’est Honteux !!!
IV- LA VOIE REVOLUTIONNAIRE
La voie révolutionnaire n’admet ni l’opportunisme ni le réformisme, c’est à-dire la soumission aux forces néocolonialistes décadentes. Il faut plutôt s’appuyer sur les forces d’avenir, c’est-à-dire les masses laborieuses, et en premier lieu, la classe ouvrière. Il faut faire la Révolution c'est-à-dire, chasser du pouvoir l’impérialisme et ses valets locaux, porter le peuple combattant au pouvoir pour mettre en œuvre les transformations politiques, économiques et sociales exigées par la situation actuelle.
Il faut concourir à l’édification d’un Homme Nouveau et d’un Bénin Nouveau, exempt de prévaricateurs, de concussionnaires, de corrompus ou de corrupteurs.
C’est à cette issue heureuse que travaille inlassablement le PCMLB, par son combat contre le P"c"B et les autres forces réactionnaires décadentes ou opportunistes et contre, non seulement le clan des ploutocrates dirigés par Patrice TALON mais aussi contre tous les autres ploutocrates réunis au sein du FSP(a) et tous les laquais de l’impérialisme français que sont les Boni YAYI, AJAVON, SOGLO, ZINSOU etc. etc.
A bas l’impérialisme international, français notamment, et leurs valets locaux !
A bas les opportunistes !
Non à l’entrisme !
Le Peuple Uni sera toujours vainqueur !
Vive la REVOLUTION NATIONALE DEMOCRATIQUE ET POPULAIRE (RNDP) !!!
Cotonou le 31 Décembre 2017
Le PCMLB.
Déclaration du Parti communiste Marxiste - Léniniste à l'occasion du décès de monsieur Pascal Fantodji