10/16/2025
Quand la minorité indispose la majorité
Parce qu’un gars, et même parfois une fille, décide de montrer qu’il possède une grande force motrice, je suis obligé de fermer la fenêtre de mon appartement, ou d’arrêter de converser lorsque je suis sur mon balcon ou une terrasse de restaurant.
Sur sa moto triomphale, la personne répand à tout vent et avec fierté sa pollution sonore, dans une extase évidente et une totale indifférence des autres. Il s’agit d’une violence gratuite qui incommode fortement toutes les personnes ainsi frustrées qui subissent un tel mépris de leur environnement.
Oui, les gros camions, la sirène des ambulances, celle de la police et des pompiers peuvent en faire autant ; mais ces personnes sont à notre service. Elles sont incontournables. On les tolère parce qu’on sait qu’elles répondent à un besoin urgent.
Pourquoi la personne sur la moto a-t-elle tant besoin de se faire remarquer par cet acte de barbarie sonore ? Souffre-t-elle à ce point de frustration ? A-t-elle autant besoin de prouver qu’elle existe ? Si tel est le cas, probablement qu’une bonne consultation serait tout aussi efficace, sans nuire à ce point à l’environnement des autres. Pourquoi réveiller nos bébés dans leur sommeil ? Voler le bien-être des aînés dans les RPA ? Celui des malades dans les hôpitaux, ou se retrouver probablement un jour cette personne d’un égoïsme indéniable ?
Quoi faire pour s’assurer du plus élémentaire civisme et protéger nos droits à un environnement sonore acceptable ? Les droits des uns ne s’arrêtent-ils pas là où ils affectent ceux des autres ? Quels sont les lois ou les règlements qui régissent un tel fléau et qu’on n’applique pas ?
Une disposition du Code de la route dit : « Au Québec, la modification des tuyaux d’échappement est réglementée et doit respecter les normes du Code de la sécurité routière, notamment en ce qui concerne le bruit. Les modifications sonores ne doivent pas augmenter le niveau sonore du véhicule par rapport à celui du tuyau d’échappement d’origine. » Les contrevenants s’exposent à des amendes, et la police peut utiliser un sonomètre pour vérifier le niveau sonore. Une telle disposition du Code de la route suppose qu’elle a pour objectif de maintenir un environnement sonore acceptable pour tous.
Pourquoi cet objectif ne s’appliquerait pas aux motos ? J’ai vu à plusieurs reprises des motos n’étant pas plus bruyantes que des automobiles, alors que les usagers de tels véhicules jouissent quand même du plaisir d’être au grand vent de la route, sans porter atteinte à l’environnement sonore des autres. Comme techniquement c’est possible pour ces engins à essence munis de deux ou trois roues de ne pas être plus bruyants que nos voitures, et comme on réussit relativement bien à imposer les limites de vitesse sur nos routes, ne pourrait-on pas en faire autant pour les motos en limitant leurs décibels ?
Exaspéré parmi tant d’autres
De nombreuses personnes, majoritairement pendant la saison estivale, m’écrivent pour dénoncer la pollution sonore dans leurs quartiers respectifs, et le bruit des motos en fait toujours partie. Quant aux règles de la circulation, elles sont les mêmes que pour les automobiles, et en ce qui concerne l’intensité sonore, elle ne doit jamais dépasser 100 décibels. J’imagine que pour ceux et celles dont l’habitation jouxte de grands axes routiers, la pollution sonore est à considérer dans la décision d’aller y vivre.