09/01/2026
𝐐𝐔𝐀𝐍𝐃 𝐋𝐄𝐒 𝐃𝐑𝐎𝐈𝐓𝐄𝐒 𝐀𝐅𝐅𝐈𝐑𝐌𝐄𝐍𝐓 𝐐𝐔𝐄 𝐋'É𝐓𝐀𝐓 𝐄𝐒𝐓 « 𝐓𝐑𝐎𝐏 𝐆𝐑𝐎𝐒 », 𝐄𝐋𝐋𝐄𝐒 𝐍𝐄 𝐃É𝐂𝐑𝐈𝐕𝐄𝐍𝐓 𝐏𝐀𝐒 𝐔𝐍 𝐏𝐑𝐎𝐁𝐋È𝐌𝐄. 𝐄𝐋𝐋𝐄𝐒 𝐅𝐀𝐁𝐑𝐈𝐐𝐔𝐄𝐍𝐓 𝐔𝐍 𝐂𝐎𝐔𝐏𝐀𝐁𝐋𝐄.
Le PCQ veut retrancher 47 milliards de dollars aux dépenses publiques et supprimer 20 000 postes.
Le PQ veut réduire de près de 5 milliards les dépenses du Québec, ciblant directement les effectifs publics et parapublics.
La CAQ promet des années où les dépenses augmenteront moins vite que les prix et les besoins, tout en prétendant que l'intelligence artificielle absorbera le choc.
Et le PLQ, héritier des années Couillard, repeint encore l'austérité aux couleurs de la « bonne gestion ».
Quatre partis de droite. Quatre variantes de la même supercherie : réduire la taille de l'État sans toucher aux services.
𝘗𝘶𝘪𝘴𝘲𝘶'𝘪𝘭𝘴 𝘺 𝘵𝘪𝘦𝘯𝘯𝘦𝘯𝘵 𝘵𝘢𝘯𝘵, 𝘤𝘰𝘶𝘱𝘰𝘯𝘴 𝘥𝘰𝘯𝘤 𝘥'𝘢𝘣𝘰𝘳𝘥 𝘥𝘢𝘯𝘴 𝘭𝘦𝘶𝘳𝘴 𝘷𝘪𝘦𝘪𝘭𝘭𝘦𝘴 𝘪𝘥é𝘦𝘴 𝘮𝘰𝘳𝘵𝘪𝘧è𝘳𝘦𝘴. 𝘌𝘭𝘭𝘦𝘴, 𝘦𝘭𝘭𝘦𝘴 𝘯𝘰𝘶𝘴 𝘰𝘯𝘵 𝘥é𝘫à 𝘤𝘰û𝘵é 𝘤𝘩𝘦𝘳.
Mais parler de la « taille de l'État », en soi, ne veut strictement rien dire.
La puissance publique peut embaucher davantage d'infirmières ou multiplier les cadres.
Elle peut construire des logements sociaux ou subventionner des promoteurs.
Elle peut développer son expertise publique ou distribuer des contrats à des consultants.
Elle peut ouvrir des services de garde ou financer leur privatisation.
Le nombre d'employés ne nous dit ni ce que l'appareil public accomplit, ni comment il le fait, ni au bénéfice de qui.
𝐋𝐚 𝐭𝐚𝐢𝐥𝐥𝐞 𝐝𝐞 𝐥'É𝐭𝐚𝐭 𝐧'𝐞𝐬𝐭 𝐩𝐚𝐬 𝐮𝐧 𝐩𝐫𝐨𝐣𝐞𝐭 𝐩𝐨𝐥𝐢𝐭𝐢𝐪𝐮𝐞. 𝐒𝐚 𝐝𝐢𝐫𝐞𝐜𝐭𝐢𝐨𝐧, 𝐬𝐞𝐬 𝐦𝐢𝐬𝐬𝐢𝐨𝐧𝐬 𝐞𝐭 𝐥𝐚 𝐫é𝐩𝐚𝐫𝐭𝐢𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐮 𝐩𝐨𝐮𝐯𝐨𝐢𝐫 𝐞𝐧 𝐬𝐨𝐧𝐭 𝐮𝐧.
Présenter chaque emploi public comme une dépense superflue, c'est un discours démagogique. Il ne cherche pas à comprendre le fonctionnement de l'État. Il cherche à transformer les travailleuses et les travailleurs du secteur public en boucs émissaires et à mobiliser le ressentiment contre eux.
Or, un service public, ce sont des personnes.
Des infirmières, des enseignantes, des éducatrices, des préposés, des inspecteurs, des analystes, des ingénieurs et du personnel de soutien.
Supprimer leur poste ne fait pas disparaître le travail.
𝐋'𝐚𝐭𝐭𝐫𝐢𝐭𝐢𝐨𝐧, 𝐜'𝐞𝐬𝐭 𝐮𝐧𝐞 𝐜𝐨𝐦𝐩𝐫𝐞𝐬𝐬𝐢𝐨𝐧 𝐬𝐚𝐧𝐬 𝐜𝐨𝐧𝐟é𝐫𝐞𝐧𝐜𝐞 𝐝𝐞 𝐩𝐫𝐞𝐬𝐬𝐞.
La personne part à la retraite, mais les dossiers continuent d'entrer. Les inspections doivent toujours être réalisées. Les écoles, les hôpitaux et les infrastructures doivent toujours fonctionner.
Le travail abandonné par les pouvoirs publics est alors transféré aux collègues déjà épuisés, aux familles (particulièrement aux femmes, 𝘯'𝘰𝘶𝘣𝘭𝘪𝘰𝘯𝘴 𝘱𝘢𝘴 𝘭𝘦 𝘵𝘳𝘢𝘷𝘢𝘪𝘭 𝘪𝘯𝘷𝘪𝘴𝘪𝘣𝘭𝘦), aux personnes condamnées à attendre ou aux entreprises privées qui nous le refacturent plus cher.
Mais la sphère publique ne sert pas uniquement à réparer les dégâts ou à administrer des programmes.
𝐄𝐥𝐥𝐞 𝐩𝐞𝐮𝐭 𝐦𝐨𝐛𝐢𝐥𝐢𝐬𝐞𝐫 𝐮𝐧𝐞 𝐬𝐨𝐜𝐢é𝐭é 𝐞𝐧𝐭𝐢è𝐫𝐞.
La collectivité peut planifier de grands chantiers, construire des infrastructures, former une main-d'œuvre, soutenir la recherche et coordonner nos ressources. Elle peut renforcer nos filières industrielles, agricoles, énergétiques et culturelles. Elle peut faire naître des projets publics, coopératifs et communautaires que le marché ne créera jamais, parce que leur valeur sociale dépasse leur rendement financier immédiat.
Nos cégeps, nos CPE et Hydro-Québec ne sont pas apparus parce que le marché aurait découvert une occasion d'affaires. Ils sont nés de décisions collectives et d'une volonté politique de transformer le Québec.
C'est précisément cette capacité que les quatre droites veulent nous retirer.
Un État privé de son personnel et de son expertise ne devient pas plus efficace. Il devient incapable de planifier, de construire et d'agir par lui-même. Il dépend alors davantage des consultants, des multinationales et des monopoles privés.
Voilà le résultat réel de leur « petit État » : moins de pouvoir collectif et davantage de pouvoir pour le capital.
Car la droite ne veut pas réduire toutes les dimensions de l'État.
Elle veut affaiblir l'État qui soigne, qui protège, qui redistribue, qui produit et qui construit. Mais elle conserve un État assez fort pour discipliner les travailleurs, protéger la propriété et imposer ses décisions.
𝐔𝐧 É𝐭𝐚𝐭 𝐟𝐚𝐢𝐛𝐥𝐞 𝐝𝐞𝐯𝐚𝐧𝐭 𝐥𝐞 𝐜𝐚𝐩𝐢𝐭𝐚𝐥. 𝐔𝐧 É𝐭𝐚𝐭 𝐚𝐮𝐭𝐨𝐫𝐢𝐭𝐚𝐢𝐫𝐞 𝐝𝐞𝐯𝐚𝐧𝐭 𝐥𝐞 𝐦𝐨𝐧𝐝𝐞 𝐨𝐫𝐝𝐢𝐧𝐚𝐢𝐫𝐞.
La gauche ne doit pas pour autant défendre l'État caquiste tel qu'il existe. Cet État est centralisé, bureaucratisé et beaucoup trop dépendant des intérêts privés.
𝐍𝐨𝐮𝐬 𝐝𝐞𝐯𝐨𝐧𝐬 𝐥𝐞 𝐭𝐫𝐚𝐧𝐬𝐟𝐨𝐫𝐦𝐞𝐫.
Reprendre au privé les services qu'on lui a abandonnés. Reconstruire notre expertise publique. Donner du pouvoir aux travailleurs, aux usagers et aux communautés. Créer de bons emplois, bien rémunérés et assortis de conditions dignes.
𝐄𝐦𝐛𝐚𝐮𝐜𝐡𝐞𝐫 pour soigner, enseigner et protéger.
𝐂𝐨𝐧𝐬𝐭𝐫𝐮𝐢𝐫𝐞 des logements sociaux.
𝐑é𝐧𝐨𝐯𝐞𝐫 nos écoles.
𝐃é𝐯𝐞𝐥𝐨𝐩𝐩𝐞𝐫 le transport collectif.
𝐑𝐞𝐧𝐟𝐨𝐫𝐜𝐞𝐫 nos filières économiques.
Faire é𝐦𝐞𝐫𝐠𝐞𝐫 de nouvelles possibilités publiques, coopératives et collectives.
𝐑é𝐚𝐥𝐢𝐬𝐞𝐫 la transition écologique.
Et financer ces grands chantiers en allant chercher l'argent dans les grandes fortunes, les profits records et les privilèges fiscaux.
𝘓𝘢 𝘥𝘳𝘰𝘪𝘵𝘦 𝘯𝘰𝘶𝘴 𝘱𝘳𝘰𝘱𝘰𝘴𝘦 𝘥'𝘰𝘳𝘨𝘢𝘯𝘪𝘴𝘦𝘳 𝘭𝘢 𝘳𝘢𝘳𝘦𝘵é 𝘦𝘵 𝘥'𝘢𝘥𝘮𝘪𝘯𝘪𝘴𝘵𝘳𝘦𝘳 𝘭𝘦 𝘥é𝘤𝘭𝘪𝘯.
𝐍𝐨𝐮𝐬 𝐩𝐫𝐨𝐩𝐨𝐬𝐨𝐧𝐬 𝐝𝐞 𝐫𝐞𝐩𝐫𝐞𝐧𝐝𝐫𝐞 𝐜𝐨𝐥𝐥𝐞𝐜𝐭𝐢𝐯𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐥𝐞 𝐩𝐨𝐮𝐯𝐨𝐢𝐫 𝐝'𝐚𝐠𝐢𝐫.
Parce qu'on ne bâtira pas le Québec de demain en organisant notre propre impuissance.
𝐒𝐞 𝐝𝐨𝐧𝐧𝐞𝐫 𝐥𝐞𝐬 𝐦𝐨𝐲𝐞𝐧𝐬 𝐝𝐞 𝐛â𝐭𝐢𝐫 𝐮𝐧 𝐚𝐮𝐭𝐫𝐞 𝐐𝐮é𝐛𝐞𝐜, 𝐜'𝐞𝐬𝐭 𝐩𝐨𝐬𝐬𝐢𝐛𝐥𝐞.