08/01/2026
Communiqué de presse
Montréal, le 28 juillet 2026
RIMA HASSAN: LE GOUVERNEMENT CANADIEN RECULE, MAIS REFUSE LA TRANSPARENCE
En mars dernier, l'eurodéputée française Rima Hassan a été empêchée de se rendre au Canada en raison du réexamen inopiné de son AVE par les autorités canadiennes. Aujourd’hui, le gouvernement recule, mais d’inquiétantes zones d’ombres et d’incertitude demeurent.
Sous la pression des procédures judiciaires intentées par Rima Hassan, Immigration Canada vient d'abandonner la quasi-totalité de ses volumineuses demandes de documents à Mme Hassan. Si ces demandes étaient justifiées en mars, pourquoi les retirer aujourd'hui? “Malgré ce recul apparent, nous poursuivons les démarches, car le dossier d’AVE n’a pas encore été approuvé, et nous tenons à connaitre l’entièreté de ce qui se joue en coulisses” précise Thibault Froehlich, élu de la France insoumise pour le Québec.
Devant la Cour Fédérale du Canada, le gouvernement tente cependant d’éviter la transmission d’informations sur ce cas : “Le gouvernement refuse toujours, dans le cadre des procédures judiciaires en cours, de communiquer les raisons qui l’ont mené à réexaminer l'AVE de Mme Hassan, une étape procédurale pourtant habituellement routinière et non litigieuse” selon Me Coline Bellefleur, l’une des avocates de l’équipe qui représente Madame Hassan. Un(e) juge devra donc se prononcer sur cette question dans les prochaines semaines.
Par ailleurs et en réponse à une demande d’accès à l’information soumise par la députée, l’Agence des Services Frontaliers du Canada vient de refuser de divulguer les échanges tenus avec des groupes de pression au sujet de ce dossier. Ce refus persiste alors même que B’nai Brith Canada a publiquement confirmé avoir communiqué avec les autorités canadiennes pour empêcher la venue de Rima Hassan au Canada.
Des interventions de tiers ont-elles pu influencer une décision du gouvernement canadien visant à empêcher une parlementaire étrangère d'entrer au pays ? Le décideur canadien en charge du dossier d’AVE a-t-il subi des pressions particulières dans le traitement de ce dossier ? “Les autorités refusent de transmettre les informations entourant ce qui s'est passé, ce qui semble confirmer nos inquiétudes” ajoute Me Suzanne Taffot, qui représente également Rima Hassan.
Dans le contexte actuel, où les préoccupations liées à l'ingérence et à l'influence sur les institutions canadiennes occupent une place centrale dans le débat public, tel que documenté dans un récent rapport de CJMPE Israeli Foreign Influence, Interference, and Transnational Repression in Canada, cette opacité est préoccupante.