04/07/2026
Une pression qui ne cesse de grandir!
Dans un contexte où les besoins ne cessent d’augmenter et où les organismes communautaires sont sous pression, notre directrice générale a souhaité prendre la parole pour partager cette réalité sur le terrain. Voici son message :
Chaque semaine, à Montréal, des personnes franchissent pour la première fois la porte d’un organisme communautaire pour demander de l’aide alimentaire. Elles arrivent souvent avec hésitation, parfois avec honte, presque toujours avec l’espoir de trouver une solution.
Ces « premières fois » marquent. Elles racontent des parcours qui basculent, des situations qui se fragilisent, des équilibres qui ne tiennent plus. Et elles sont de plus en plus nombreuses.
Aujourd’hui, les organismes communautaires répondent à plus d’un million de demandes d’aide alimentaire chaque mois à Montréal. Derrière ce chiffre, il y a des réalités bien concrètes : des familles qui peinent à payer l’épicerie, des travailleurs dont le salaire ne suffit plus, des étudiants, des personnes seules, des aînés.
L’aide alimentaire n’est plus une réalité marginale. Elle s’inscrit désormais dans le quotidien de personnes qui, bien souvent, ne s’attendaient jamais à en avoir besoin.
Aujourd’hui, un organisme sur trois doit refuser des personnes faute de ressources suffisantes. Et un organisme sur deux réduit la taille des paniers alimentaires qu’il distribue pour pouvoir aider davantage de gens.
Ce sont des choix qui se font chaque jour, sur le terrain.
Refuser quelqu’un. Donner moins. Étendre les ressources au maximum. Ce sont des décisions difficiles, prises par des équipes engagées et très souvent par des bénévoles, qui portent ces organismes à bout de bras.
À Montréal, 292 organismes accrédités travaillent avec Moisson Montréal pour répondre aux besoins. Ce sont eux qui accueillent, qui écoutent, qui accompagnent. Ce sont eux qui voient, au quotidien, les visages derrière les chiffres.
Au fil des rencontres que j’ai avec ces équipes, une chose revient constamment : la pression est forte, et elle s’inscrit dans la durée.
Ces derniers jours, le débat public s’est intensifié autour du financement du milieu communautaire. Les points de vue s’opposent, les modèles sont comparés.
Sur le terrain, la réalité est plus simple.
La question n’est pas de savoir d’où viennent les ressources. La question est de savoir si les organismes ont les moyens d’accueillir les personnes qui en ont besoin.
L’enjeu ne se résume pas uniquement à une question de volume ou de logistique. Il touche directement la capacité des organismes à maintenir leurs services, à soutenir leurs équipes et à continuer d’accueillir les personnes dans des conditions dignes.
Pour continuer à jouer ce rôle essentiel, les organismes doivent avoir les moyens d’opérer. Maintenir une porte ouverte, ce n’est pas abstrait. C’est avoir les ressources pour accueillir. C’est avoir le temps d’écouter. C’est pouvoir répondre sans devoir refuser.
À Moisson Montréal, notre modèle repose sur cette mobilisation : dons alimentaires, contributions privées, partenariats et collaboration avec les acteurs publics. Il permet de soutenir un réseau qui, autrement, n’aurait pas cette capacité d’action.
Ce que nous constatons est clair : c’est la combinaison de ces leviers qui permet de soutenir les organismes et de maintenir l’accès à l’aide alimentaire. Lorsque les organismes communautaires sont fragilisés, c’est l’accès à l’aide alimentaire qui l’est aussi.
Le milieu communautaire constitue un pilier essentiel de notre filet social. Il ne remplace pas les services publics : il les complète, les prolonge et permet de maintenir un accès humain et de proximité à des services de base.
Si je prends la parole aujourd’hui, ce n’est pas pour commenter un mouvement. C’est pour parler de ce que nous voyons.
Quand les organismes n’ont plus les moyens de répondre aux besoins, ce ne sont pas seulement des services qui diminuent.
Ce sont des portes qui se ferment pour des personnes qui n’ont souvent pas d’autre option.